, je ne fais que relayer l'information.
Suite de l'affaire Kokopelli/Baumaux dont je vous ai parlé dans l'article
Menace sur la biodiversité potagèreEn préambule, nous souhaitons affirmer qu'il n'est pas question que nous sombrions dans une guerre de communiqués. Nous rappelons que c'est la société Baumaux qui nous a attaqués en justice ainsi que dans son catalogue, et ainsi que dans divers communiqués envoyés par courrier électronique. Ces derniers communiqués, d'ailleurs, ne brillent pas par leur courtoisie et témoignent d'un certain acharnement à notre égard.
L'A
ssociation Kokopelli n'a jamais prétendu à la perfection: nos objectifs sont la libération de la semence, de l'humus et de l'homme. Nous faisons ce que nous pouvons avec très peu de moyens financiers alors que des sommes colossales d'argent public sont gâchées en recherches bio-technologiques, créations de chimères génétiques et création de variétés soit-disant modernes qui puissent résister aux agressions de la chimie lourde qui détruit nos sols inexorablement et tout autant la santé humaine.
Tout d'abord précisons que les attaques de Philippe Baumaux, en date de décembre 2005, sont lancées quelques mois après la publication de la cinquième édition de l'ouvrage de Dominique Guillet "Semences de Kokopelli" dans lequel (page 17) celui-ci tire un coup de chapeau aux pionniers de la biodiversité potagère que furent Sylvia Schmidt (Biau Germe), Philippe Desbrosses (Sainte-Marthe) et Philippe Baumaux (graines Baumaux). En ce qui concerne ce dernier pionnier, ce coup de chapeau nous a valu des décharges d'artillerie lourde!!
En effet, on ne peut oublier, qu'une dizaine d'années en arrière, Mr. Baumaux était lui même confronté à un certain nombre de tracasseries administratives (et il l'évoquait amplement sur une exposition telle que celle du château de St Jean de Beauregard dans l'Essonne) au regard des très nombreuses variétés potagères illégales présentées dans son catalogue. Illégales s'entend en relation avec le cadre législatif mis en place par un certain nombre de structures impulsées par le Maréchal Pétain en 1941.
Quelle est donc la contrepartie obtenue par Monsieur Baumaux pour un tel changement d’attitude ?
De la Désobéissance Grainetière CivileMr. Baumaux, par la suite, a résolument cautionné une procédure d'inscription des variétés dans une liste dite "pour amateurs". Quelle ne fut donc pas notre stupéfaction de découvrir dans la dernière édition de son catalogue de semences une pléthore de variétés potagères ne figurant dans aucun des catalogues nationaux de la Communauté Européenne. [...] l'Association Kokopelli se réjouit de la présence de telles variétés dans la gamme de notre confrère et ne peut que remercier Philippe Baumaux de participer à nos dynamiques de désobéissance civile semencière.
Catalogue officiel pour variétés amateurs.Suite à
un récent courrier expédié par la société Baumaux en réponse aux innombrables protestations émises par les jardiniers, nous souhaitons apporter les précisions suivantes:
- l'inscription des variétés dans la liste amateurs est résolument payante et, à l'époque, de 1450 FF par variété (aujourd’hui 242.90 euros). Si Mr. Baumaux n'a pas à eu à débourser un franc pour l'inscription de variétés anciennes, ce n'est pas grâce à l'émouvante générosité du GNIS et de la FNPSP mais bien plutôt grâce au travail d'information, de communiqués de Dominique Guillet et à la fermeture de Terre de Semences. Ces communiqués, à l'époque, ont alerté l'opinion publique, la presse a relayé les informations, ce qui a généré un certain embarras au sein de certaines structures. Depuis lors, d'ailleurs, le GNIS s'est doté d'un site web miroitant de protection de biodiversité ... et de double-langage!
- nous avons "pris le maquis" suite à notre refus de payer et surtout de cautionner les divers points du décret de décembre 1997: impossibilité de vendre aux maraîchers (et à ceux-ci de vendre les produits issus de semences de populations), DHS (Distinction, Homogénéité, Stabilité) avec un formulaire UPOV en 22 points (ne pouvant être rempli que par une structure spécialisée et générant des frais conséquents : 1500 euros par variété), etc... Pour plus d'informations, consulter l'article de Dominique Guillet: "Le catalogue national, une nuisance agricole de plus?"
- suite à l'argument ressassé de protection des consommateurs, afin de protéger "l'authenticité", nous ne pouvons que répéter notre question: la nature du consommateur Français est-elle telle qu'il faille le protéger contre des dangers (de fraude, de falsification, de fausse dénomination) qui ne peuvent pas assaillir les consommateurs dans d'autres pays, tels que les USA et le Canada.
Précisions de nouveau qu'il existe dans ces deux pays, au jour d'aujourd'hui, 274 sociétés semencières, donc 274 catalogues de semences qui proposent 8494 variétés non-hybrides (de pollinisation ouverte). Ces 8494 variétés sont évidemment non-inscrites puisqu'il n'existe pas de catalogue national en Amérique du nord!
Dans la rubrique "chaudron qui traite la marmite de cul-noir" - Mr. Baumaux reproche à Kokopelli de distribuer des variétés de tomates avec des dénominations simplistes : "Rose du Japon" et "Large Pink Bulgarian", par exemple. Dans la propre gamme de Mr. Baumaux, nous trouvons les variétés de tomates "Russe", "Noire de Crimée", "Yellow Giant Belgium", "Purple Russian", etc, etc... Sans commentaires.
- Mr. Baumaux reproche à Kokopelli de distribuer des variétés de tomates de création récente. Il est clair dans notre ouvrage que les variétés Green Zebra et Green Grape ont été créées par Tom Wagner de Tater Mater Seeds en Californie en 1985. Notre propos est bien sûr de sauvegarder des anciennes variétés mais surtout de promouvoir une liberté totale face à la mafia qui détruit cette planète. Cela veut dire que nous avons adopté résolument un certain nombre de variétés récentes de pollinisation ouverte. D'ailleurs, en passant, les variétés Green Zebra et Green Grape (Raisin Vert), inscrites en janvier 2000 dans la liste amateurs, ne satisfaisaient pas aux règles du décret de décembre 1997 car elles avaient moins de 15 années d'âge! Soit dit, encore en passant, la variété (géniale) Green Zebra fut proposée par un catalogue pour maraîchers d'une filiale de Limagrain au mépris total de ce même décret qui stipule que ces variétés sont interdites à la vente aux professionnels!
- Selon Mr. Baumaux, la moitié de nos tomates seraient très courantes aux USA (et donc pas en danger d'extinction) et l'autre moitié seraient des variétés inconnues de Russie. Les collections de tomates anciennes auraient-elles participé à la réconciliation des deux blocs?
Faut-il aller faire son marché aux USA pour trouver des variétés savoureuses, tout en contribuant au développement des pays tiers, en payant la taxe sur les transports, chère à Mr Chirac ? [...] Sur 11 variétés de tomates vertes, seules 3 variétés sont largement distribuées aux USA et au Canada. Les autres sont quasiment inconnues.
De toutes façons, le propos de Kokopelli n'est pas l'exclusivité.
Du mélange des genres. Mr. Baumaux implore les grâces divines afin que nous ne mélangions pas les combats des potagères avec les plantes dites de grande culture. Tout cela est hautement risible.
Pourquoi donc? C'est la même bande de multinationales biocidaires qui est en train de prendre le contrôle de toutes les semences sur la planète.
Aujourd'hui, ce sont 5 multinationales qui contrôlent 75 % des semences potagères. Monsanto, de par son rachat de Séminis, en février 2005, est devenu le n°1 de la semence mondiale. Séminis, à elle seule, contrôle 40 % des semences potagères en Amérique du nord et 20 % des semences potagères de la planète!!C'est bien le même Monsanto qui est en train de vouloir inonder l'Europe de ses maïs génétiquement modifiés et de ruiner toutes les agricultures traditionnelles des pays les plus pauvres.Au moment où nous écrivons ces lignes, nous parviennent des messages d'alerte quant aux
nouvelles lois que le gouvernement Français est en train de faire voter relativement à la semence et qui vont priver les paysans du peu de liberté semencière qu'il leur restait et quant aux nouvelles législations mises en place relatives aux chimères génétiques alors que 80 % du peuple de France n'en veut strictement pas.Mr. Baumaux fait dans l'aphorisme et pense qu'il n'y a pas de libertés sans contraintes. De quelles libertés parle-t-on? De la liberté de la mafia des multinationales qui détruisent impunément la planète de leurs agro-toxiques?
Mr. Baumaux affirme qu'un amateur peut produire ses semences et les offrir gracieusement (et pourtant MR. Wohrer du GNIS nous avait affirmé le contraire). Soyons positifs, admettons-le, mais pour combien de temps encore? Pourquoi interdit-on alors aux paysans de le faire?
Mr. Baumaux affirme qu'un amateur a accès aux ressources génétiques. Des mots. Vu la prolixité plumitive de Mr Baumaux, nous aimerions avoir le texte écrit de cette mansuétude.
Campagne Semences sans Frontières et Adoption.Nous tenons à préciser que le peu de subventions que nous avons obtenues de fondations n'ont pas été attribuées par des gens stupides éblouis par quelques variétés de piments. Ces subventions sont en priorité dévolues à l'établissement de dynamiques de résistance semencière fertile dans les pays dits du Tiers-Monde. Pour Kokopelli, la liberté de mettre en place des pratiques réellement durables d'agro-écologie est tout aussi importante que la protection de la biodiversité. Une protection de la biodiversité alimentaire ne peut se concevoir avec une humanité enchaînée. Kokopelli, rappelons-le, a mis en place trois dynamiques dans le Tiers-Monde:
- don de semences: nous distribuons des semences bios littéralement sur toute la planète.
- organisation d'ateliers et de séminaires de production de semences pour autonomiser les paysans (tant en France, d'ailleurs, qu’à l’étranger).
- création de centres de productions de semences et de réseaux paysans semenciers pour libérer les paysans du joug de la mafia des multinationales.
Quant à notre vision utopiste de confier à des adhérents la protection de telle ou variété potagère, elle est pour nous une façon de préparer un futur pour le jour qui verra l'agriculture hautement toxique s'effondrer définitivement. Pendant des milliers d'années, les semences ont été produites sans ingénieurs agronomes, sans techniciens agricoles, sans banque agricole, etc.... Le vocabulaire préférentiel de Mr Baumaux (qui lui permet de remettre en question nos utopies), "pure", "homogène", "standard", "critères" fait appel à un paradigme mortifère, figé et donc non évolutif que nous récusons formellement. Quant à sa vision du salut agricole par les hybrides F1, nous convions nos amis à lire l'article de Jean-Pierre Berlan, directeur de recherches à l'INRA, pour plus d'informations sur cette mythologie moderne que sont ces hybrides F1.
Précisions sur la gamme de Kokopelli* Mr Baumaux, (dont la quasi totalité des semences proviennent de l'agriculture toxique, ne l'oublions pas) nous reproche d'acheter quelques variétés de semences bios à Suba e Unico en Italie parce que cette société vend aussi des semences non-bios.
- Ces semences sont certifiées bios.
- Nous pourrions acheter les mêmes variétés de semences ( carotte de Nantes, betterave ronde de Détroit ) à un catalogue Italien qui ne vend que des semences bios et biodynamiques. Cependant, ce même catalogue les achètent lui-même à Suba e Unico et nous les vend en faisant une marge bénéficiaire. Nous préférons les acheter directement à moindre prix.
- Sur notre gamme de 1500 variétés, ce ne sont qu'une vingtaine de variétés que nous achetons chez Suba e Ubico en Italie. Ce sont des variétés très communes. Nous pourrions demander à nos petits producteurs de les cultiver. Pourquoi ne le faisons-nous pas? La raison en est-très simple: le nombre de nos producteurs est tellement limité que nous préférons demander à un producteur Kokopelli de nous cultiver des semences de carotte violette plutôt que des semences de carotte nantaise. Un producteur ne peut cultiver qu'une variété de carotte ou qu'une variété de radis ou qu'une variété de navet ou qu'une variété de chicorée amère pour éliminer totalement les risques de croisements inter-variétaux naturels.
Rappelons que Kokopelli est une petite association sans but lucratif et nous n'avons pas la force financière d'une société Baumaux avec l'envoi de ses 400 000 catalogues. Nous faisons de notre mieux et nous pratiquons une transparence totale. Sur tous les sachets de Kokopelli, nos clients peuvent trouver le nom du producteur, la date d'ensachage et la date de production des semences. Ce dernier point est important à signaler car cette pratique n'est pas commune. Tous les sachets du commerce conventionnel ne portent que la date de l'ensachage, ce qui ne présume en rien de l'année de production. Nous avons opté pour une traçabilité totale et avons une entière confiance en la compétence critique de nos adhérents ou de nos clients.
* Mr Baumaux nous donne des leçons de vertu quant à certaines variétés qui seraient des "obtentions". Les grands mots sont lâchés. Et Mr Baumaux de citer des variétés de choux, d'oignons, etc.
- Certaines des variétés citées sont des semences provenant de l'Allemagne et de l'agriculture bio-dynamique. Il est fort possible que les semenciers bio-dynamiques Allemands soient en contrat avec des petites maisons semencières rachetées par des grands groupes. Nous n'avons pas les moyens de pousser nos enquêtes aussi loin.
- La variété d'oignon Sturon, mentionnée avec fracas comme étant en relation avec la société Syngenta, est considérée du domaine public par l'édition 2004 du catalogue du GNIS.
* Nous souhaitons affirmer avec force que la grande majorité de nos semences (qui sont toutes bios) sont produites par des petits paysans qui travaillent avec Kokopelli en France, avec Kokopelli en Angleterre, avec Essembio en France, avec Sativa en Suisse et Allemagne, avec ArcoIris en Italie. Nous avons même des variétés produites par de petits paysans que nous connaissons personnellement aux USA.
* Nous souhaitons aussi attirer l'attention sur le concept d'obtention. Ces "obtentions" ne sont pas tombées du ciel. Elles sont issues de variétés traditionnelles. Elles sont parfois conçues pour résister aux assauts de la chimie moderne, de l'agriculture toxique. On ne peut que répéter que les résistances (supposées) de ces "obtentions" modernes sont liées à une augmentation vertigineuse des pathologies végétales et que la courbe d'augmentation de ces pathologies est parallèle à la courbe d'augmentation de produits agro-toxiques durant les 50 dernières années. Ce n'est pas une coïncidence. Plus l'agriculture toxique inonde les champs de poisons et plus des pathologies végétales nouvelles se manifestent et plus il faut "créer" de "nouvelles variétés résistantes". C'est un cercle vicieux. Tout le monde y perd, (les paysans, la planète, la santé humaine) sauf les multinationales de la chimie et les grainetiers qui s'engraissent.
* Si tant est qu'il faille créer des "obtentions" végétales, peut-être cela devrait-il être une des tâches de l'agronomie d'état? En fait, la recherche publique dépense beaucoup d'argent à cela et quand le travail est presque fini, il est confié aux grands groupes semenciers "sérieux" (CF. L'article sus-cité de Jean-Pierre Berlan, directeur de recherches INRA, ainsi que l'ouvrage de Dominique Guillet). C'est la définition que nous avons donnée de la "Recherche Publique": c'est la recherche financée par la France d'en-bas pour accroître les profits de la France d'en-haut. Selon Mr. Berlan: "La recherche publique s'inscrit dans une division du travail scientifique. On lui confie les travaux de ce qui n'est pas directement rentable afin de laisser à la recherche privée les étapes finales conduisant au marché et au profit."
* Précisons qu'une grande partie des obtentions modernes ne sont que du vent ou plutôt du marché. Nous mettons quiconque au défi de prouver la distinction des 400 variétés hybrides F1 de tomates du catalogue national Français (2004) dont 301 variétés ont moins de 10 années d'âge (pour plus de précisions, se reporter à la page 603 de "Semences de Kokopelli"). Selon Henri Laterrot et Jacqueline Philouze, auteurs du chapitre sur les tomates dans l'ouvrage Histoire des Légumes (Editions INRA): "Le turn-over variétal est très rapide, la concurrence entre établissements de sélection, très dure". En clair, un marché de loups dont les fondements ne sont pas l'agronomie mais le marketing.
Kokopelli en justice.Nous ne souhaitons pas alourdir ce communiqué avec nos commentaires relatifs à l'attaque de Philippe Baumaux, dans son catalogue (défonceurs de portes ouvertes, collectionneurs d'antiquités aztèques, etc,). Et ce pour la même raison que nous ne répondrons plus aux calomnies proférées par Mr. Baumaux sur le net. Nous les laisserons rebondir.
Nous allons, cependant, apporter des précisions quant aux attendus de l'assignation en justice de décembre 2005. D'ailleurs, de très nombreux adhérents et amis de Kokopelli ont fait de ces attendus des analyses très circonstanciées dont nous ne pouvons que nous inspirer.
- Selon ces attendus, la société Baumaux "a sauvé de la désuétude de nombreuses graines anciennes". De la désuétude?
- Selon ces attendus, la société Baumaux "s'est toujours conformée aux diverses obligations légales et réglementaires". Rappelons tout simplement que