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05/06/2007

Tondeuses écolo

Un article de saison today pour ceux qui ont un jardin... et une plouze ou équivalent : connaissez-vous la tonte écolo ?

 Voui voui y'a bien les moutons, les chèvres (qui mangent tout attention), les ânes, les chevaux etc... Certains les affectionnent comme Pourlaterre : "C'est le must. Cette tondeuse fonctionne toute la journée. Le seul bruit qu'elle émet c'est "mèèèh" de temps en temps... Elle génère de surcroit des billes d'engrais : pas de soucis de compostage et de recyclage d'herbe.  Elle est recyclable et comestible. La version diabolique mhèèdisante dite chèvre affectionne les fleurs que vous aimez le plus, se sauve facilement et va brouter celles du cimetière et des voisins ! Pour les grands champs il ya des versions meuglantes, plus sages mais moins précises."

Et bonne nouvelle : certains jardins publics les (ré)utilisent enfin ! Mais pour un jardin de ville c'est pas facile à ranger comme tondeuse   !!

Christine me fait remarquer qu'il y a aussi les oies et les poules. "Dans le jardin 2 oies et 3 poules mangent herbe et insectes. De plus les oies gardent le fond du jardin moins bien protégé. L'ensemble laisse les fientes qui avec de la paille prépare le sol l'hiver, pour le printemps suivant..." Autre avantage : les œufs ! Mais, pour ma part, je ne saurais pas non plus où les ranger smilie  !

Bien plus facile à ranger, Pescalune et Michèle suggèrent, quant à elles, les petits rongeurs comme les lapins ou les cochons d'Inde,  qui pourraient suffire pour un tout petit jardin de ville... reste à ne pas avoir de chats dans les environs. Comme Nbo le dit, les chats peuvent aussi tondre... mais ils sont très sélectifs et préfèrent les herbes moyennement hautes. D'ailleurs à ce propos, je ne lutte pas trop contre le chiendent car ma chatte en raffole... uniquement quand elle a ses cystites. C'est en cherchant à comprendre pourquoi que j'ai appris que le chiendent est effectivement conseillé pour cette affection !!! Sont malins, hein ?!


Il y a la faux aussi. D'après Scytheconnection, qui promeut l'usage de la faux au Canada, elle a un potentiel considérable pour nous aider à atteindre les objectifs de Kyoto et de la Convention sur la diversité biologique. De plus, l'utilisation de la faux offre des bénéfices majeurs à la santé personnelle (correctement exécutés, les mouvements des faucheurs s'associent à un type spécial de Taï-chi aérobique [sic ]);  une réduction du bruit et des niveaux de pollution dans les zones urbaines et les régions rurales destinées aux loisirs. Ensemble, tous ces effets, en plus de diminuer les coûts du système de santé national, pourraient contribuer à accroître l'index du bonheur national brut [resic].

Mais l'herbe doit être assez haute, il faut de la place pour les mouvements et ça doit être assez fatiguant (ceci dit je rêve d'essayer). C'est une technique qui peut être utile aux '"OGM activistes" .


 Y'a surtout la tondeuse manuelle. C'est ce que j'utilise depuis 2 ans. Et j'en suis ravie.

Grands avantages

tondeuse
  • La moins chère des tondeuses manufacturées !
  • N'utilise que de l'huile de coude, énergie hautement renouvelable et gratuite.
  • Pas de fil, ni d'odeur d'essence
  • Coupe très bien (sauf les herbes trop hautes - genre 10 cm - qui se couchent, il faut alors passer plusieurs fois en les relevant à chaque fois),
  • Hauteur de tonte réglable (selon marques),
  • Ce n'est pas si fatiguant qu'on pourrait le croire. Probablement kifkif avec une tondeuse électrique ou à essence. Je n'en sais rien, je n'ai jamais utilisé que cette tondeuse manuelle. Ceci dit, c'est vrai que j'ai un petit jardin et que la surface que je tonds est très limitée.
  • Facile à entretenir
  • Pour les bricoleurs à grand jardin, il est possible de monter une tondeuse manuelle sur un vieux  vélo (voir ici, ou ) : l'huile de genou est tout autant renouvelable et gratuite que l'huile de coude  !
    (j'espère qu'avec cette précision personne ne viendra me demander où trouver de l'huile de coude... je vous jure que ça m'est arrivé !!! Dans le même genre hier on m'a demandé où donc s'achetait le "fil à épiler ) !
LL
(c) Ernie McCray                       et               (c) Maynar area autoclub


Petits inconvénients

  • Ca fait du bruit !!! Quand même moins que la tondeuse électrique de mes voisins (dont certains ont encore moins à tondre !) mais cela s'entend tout de même dans les jardins alentours. Ce qui m'a un peu déçue je dois dire. Je pensais que l'avantage principal de la bestiole, outre l'écologie, c'était son silence, ben non !
  • Ca tond pas près des bordures, il faut aller égaliser aux ciseaux.

 Et on a enfin, depuis très récemment, les  tondeuses et autotondeuses solaires (ou rechargeables avec batteries).  A suivre de près car il est probable que l'on voit bientôt des tracteurs solaires !

 L
                             (c) Mecatronics

Les autotondeuses sont des robots et font tout toutes seules ! Bon, du coup s'envole tout le bénéfice de l'exercice physique que beaucoup ne pratiquent plus qu'au jardin (quand ils en ont). Et s'envolent accessoirement quelques milliers d'euros....? Pas forcément car il est possible de faire une autotondeuse soi-même.

Autre solution ... laisser pousser (c'est très joli des graminées) ! Perso je fais une technique mixte : je ne tonds plus que les passages happy.gif . [A suivre...]

Entretien d'une pelouse (mise à jour 2008)

En savoir plus

Forum

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29/11/2006

Le purin va bien mais...

Cet article est en préparation depuis une petite semaine mais j'attendais de voir l'évolution des choses. Malheureusement la réalité me rattrape (merci Isabelle) et je dois transmettre un message rapidement. Il faut agir avant demain (voir bas de page) !!

Rappel

Bien que la toxicité et le danger pour l'environnement de la plupart des produits phytosanitaires commercialisés justifient complétement une telle loi (mais malheureusement ils sont déjà pour la plupart déjà homologués), elle a provoqué un tollé général en septembre, et une grande mobilisation sur Internet.

Pour deux raisons.

La première est que le particulier s'est senti visé par cette loi. Le jardinier amateur qui fabrique son purin dans le fond de son jardin a été choqué (et à juste titre) : plus question de fabriquer et d'utiliser du purin gratuitement, obligation d'acheter des produits toxiques mais homologués, interdit d'en donner à son voisin ? Devant le ram dam, l'état s'est empressé, de manière assez maladroite et parfois contradictoire d'ailleurs, de rectifier le tir : le particulier n'est pas concerné tant que c'est POUR UNE UTILISATION PERSONNELLE.

Soit. Mais quid des professionnels ? Des agriculteurs bio ? Des jardiniers ? Des viticulteurs ? Quid aussi des particuliers et des professionnels qui n'ont pas possibilité de fabriquer eux-mêmes ces préparations et ne peuvent pas non plus se les procurer puiqu'elles sont interdites de commercialisation ? N'ont-ils d'autres choix que de se tourner vers des pesticides et des engrais chimiques ?

Autre source d'inquiétude : la recommandation. En effet, la lecture de cette loi ne laisse pas de doute : il est interdit de faire la promotion des recettes naturelles de protections des plantes car elles ne sont pas homologuées. Interdits les livres sur le sujet, interdites les recettes sur internet et dans les magazines ? L'Etat là aussi se veut rassurant : tel n'est pas l'objet de cette loi.

Soit. Mais quid des formations données aux agriculteurs bio ou qui veulent effectuer leur reconversion ?

Le flou demeure, d'autant que le point de départ de cette affaire est la descente de la repression des fraudes chez un petit formateur de ce genre sous pretexte, selon le procès verbal, « qu’en l’absence d’homologation, l’intéressé ne peut pas mentionner dans ses cours et supports de stage, de quelconques propriétés fongicides, insecticides, acaricides pour les préparations naturelles ».

Un statut et des procédures adaptés aux phytostimulants

Toujours est-il que le problème de l'homologation des phytostimulants (les préparations naturelles favorisant un bon développement des plantes) est un vrai problème. Car en effet, l'homologation d'un produit phytopharmaceutique de synthèse est un processus lent, complexe et très coûteux (un dossier d'homologation fait 5000 pages !)

Il est absolument impossible et hors de propos de demander d'appliquer aux phytostimulants les mêmes règles et procédures. D'autant qu'il n'y a pas de brevet ni d'exclusivité de commercialisation dans ce type de produit. Quel petit producteur de purin ou d'autres phytostimulants prendrait financièrement en charge cette homologation en sachant que la vente ne pourra pas le rembourser ?

Le gouvernement en a d'ailleurs bien conscience.  Le Ministère de l'économie, des finances et de l'industrie et le Ministère de l'agriculture et de la pêche sont conscients de la nécessité de trouver des solutions permettant d'homologuer les produits traditionnels de protection des plantes.

Bref face à ces menaces legislatives pour une agriculture raisonnée, saine et proche de la nature, un collectif s'est crée, Ortie et Cie, qui demande un STATUT particulier pour les phytostimulants et des règles d'homologation moins lourdes et plus réalistes.

La loi sur l'eau  pourrait être un début mais...

Depuis, j'attends de voir l'évolution de cette affaire en veillant les actus à ce sujet.

Et le 21 novembre on a appris de source parlementaire que la commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale a adopté un amendement au projet de loi sur l'eau visant à permettre l'usage de "préparations naturelles issues de fabrication artisanales", telle que le purin d'ortie, sans autorisation préalable de mise sur le marché. (Or donc... dans le même pays, deux lois se contrediront peut-être).  Ce projet de loi sera examiné en séance plénière le 30 novembre (demain donc).

Ortie et compagnie saute sur la balle et demande aux citoyens de marquer le coup

"Nous mettons en garde l’opinion et les médias sur le fait qu’aujourd’hui rien n’est acquis de manière définitive sur ce sujet et qu’une campagne de presse, même ministérielle, ne peut être assimilée à un acquis législatif ! En effet, nous ne pouvons oublier, que lors du vote de la LOA à l’assemblée nationale le 05 janvier 2006, deux amendements favorables à la mise en place de procédures simplifiées et adaptées pour les produits naturels autorisés en agriculture (Amdt n° 455 et 864, en complément de l'art. L. 253-4 du code rural) proposés par le député Antoine Hertz, ont été retirés en dernière lecture sur pression du gouvernement !

Par un courrier envoyé à tous les députés, le collectif Ortie et compagnie demande une vigilance toute particulière lors du vote final de cette loi sur l’eau, afin qu’un tel scénario ne se reproduise pas. Si cet amendement venait à ne pas figurer en l’état dans le texte de loi définitif, la responsabilité du gouvernement et des parlementaires serait entière et lourde de conséquences. Cette situation marquerait définitivement le peu de cas qui est fait des alternatives respectueuses de l’environnement et de l’opinion des citoyens.

Le collectif rappelle par ailleurs que cet amendement ne règle que partiellement le problème, puisqu'il ne prévoit aucun aménagement de la loi actuelle pour les produits naturels non artisanaux, ni pour les produits industriels non toxiques utilisés sur les cultures, ni pour les phytosanitaires d'origine végétale et qu'il conviendra de s'attaquer aussi à ces problèmes.

Donc si vous vous sentez concernés, vous avez quelques heures pour envoyer cette lettre à vos députés. Il existe aussi une pétition pour la suite.

ET comptez sur moi pour rester vigilante sur le sujet

A lire sur le blog (commentaires compris)

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14/09/2006

Pétition pour le droit à communiquer et développer des methodes naturelles de protection des cultures

Suite de mon article Eau bouillante, vinaigre et purins interdits au jardin !? --> Cela avance "tout petit doucement" (comme on dit chez moi).

Rappel : La Loi d’Orientation Agricole (LOA) n° 2006-11, du 5 janvier 2006, pourrait avoir comme conséquence de condamner toute personne faisant la promotion des produits naturels de protection des plantes sans autorisation de mise sur le marché (AMM) (voir Art. L. 253-1. - I. et Art. L. 253-7.). Pour tous les détails lire mon article précédent.

Le 12/09, France Nature Environnement demande à l’Etat de remplir sa mission de défense de l’intérêt général et saisit le Ministre de l’Agriculture et le Ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie pour demander dans quelles conditions leurs services ont engagé l'opération envers Eric Petiot (formateur sur le traitement biologique des plantes), et quelles mesures ils comptent prendre pour que la promotion et l’enseignement des traitements phytosanitaires naturels soient encouragés. (Source : Communiqué de Presse de FNE)

Hier, Cyberacteurs, le MDRGF, la FNAB et Nature et progrès ont lancé une pétition sous forme de lettre à adresser au Premier Ministre, au Ministre de l'agriculture, aux députés et sénateurs dont voici le contenu.

Monsieur le Premier Ministre,
Monsieur le Ministre de l'Agriculture,

C'est avec consternation que j'apprends que dans le cadre de la Loi d'Orientation Agricole (LOA) n° 2006-11, du 5 janvier 2006, il serait désormais puni par la loi de recommander des solutions de lutte naturelle pour les cultures, à partir du moment où ces moyens de lutte n'auraient pas d'Autorisation de Mise sur le Marché (AMM)!

En effet, les Art. L. 253-1. - I. et Art. L. 253-7.de la LOA, instituent l'interdiction de « toute publicité commerciale et toute recommandation » pour les produits phytopharmaceutiques contenant une ou plusieurs substances actives destinées au traitement des végétaux, dès lors que ces produits ne bénéficient pas d'une AMM ou d'une autorisation de distribution pour expérimentation. Sans AMM, pas d'utilisation et pas de recommandation pour le purin d'ortie, et autres purin de prêle ou eau savonneuse !

Ces dispositions de la LOA ont des effets pervers, puisque d'après ce texte les nombreux jardiniers, agriculteurs, distributeurs, formateurs qui font la promotion de procédés naturels, utilisés pour limiter naturellement insectes, herbes, ou qui en donnent la recette, sont désormais, officiellement, dans l'illégalité! Cette loi injuste aboutit à une situation totalement ubuesque puisque toute personne recommandant des produits naturels utilisés au jardin et en agriculture depuis des décennies pourrait se voir inquiétée par les autorités alors que l'on continue à distribuer des pesticides de synthèse homologués, certes, mais aux propriétés possiblement cancérigènes, neurotoxiques, reprotoxiques, perturbatrices des hormones... en toute légalité, et dont l'UIPP fait la publicité !

Première conséquence. Le 31 août 2006, un paysagiste élagueur a reçu la visite de 2 inspecteurs, un de la Direction Nationale des Enquêtes de Concurrence, de Consommation et de Répression des Fraudes (DNECCRF), et un autre du Service Régional de la Protection des Végétaux (SRPV).

Ainsi, Monsieur le Premier Ministre, Monsieurle Ministre de l'Agriculture, je réclame votre attention particulière sur ce dossier et vous incite à prendre des mesures pour ne pas entraver la libre recommandation de produits phytosanitaires traditionnels et rendre moins difficile et compliquée l'homologation de produits naturels qui sont autant d'alternatives aux pesticides de synthèse dangereux et polluants qui polluent 96% des rivières françaises (source IFEN, 2006).

Nous attirons votre attention sur le fait que pour les produits naturels traditionnels, élaborés à la ferme ou au jardin, il ne peut être question d'homologation, fut-elle simplifiée, ou de restriction de recommandation, car il s'agit là de produits évidemment non commercialisables. Ces produits doivent pouvoir bénéficier d'une libre transmission non marchande, dans la mesure, évidement, où ils sont employés traditionnellement et font la preuve de leur innocuité.

De plus, nous vous rappelons que ces préparations naturelles traditionnelles sont à la base des agricultures bio et biodynamique, officiellement reconnues par la réglementation européenne et que ces  nouvelles dispositions risquent d'entraver gravement leur développement et la transmission des savoirs.

Pour les préparations commerciales phytosanitaires d'origines naturelles, nous souhaiterions que soit mis en place des itinéraires d'homologation adaptés et simplifiés, dans l'intérêt de notre environnement et de notre santé. Nous vous demandons également de mettre en place des aides financières de l'état afin d'aider les petites entreprises souhaitant homologuer des solutions de lutte naturelles à pouvoir supporter les coûts prohibitifs de l'homologation de ces produits destinés à de petites niches commerciales. 

De plus nous vous demandons de prendre les dispositions nécessaires pour que l'article. L. 253-7.de la LOA soit rédigé de manière à répondre à ces impératifs.

Dans l'attente de vous lire sur ce sujet, je vous prie d'agréer, Monsieur le Premier Ministre, Monsieur le Ministre de l'Agriculture, l'expression de mes sentiments respectueux et dévoués.

Cette lettre peut être envoyé simplement via le formulaire de Cyberacteurs.

On attend toujours que les médias s'en mèlent .


Bon ils s'en sont mélés ;) La radio, la télé et les journaux OUF !! Le gouvernement se veut rassurant pour les particuliers (mais nous n'avons toujours pas le droit de donner notre purin à notre voisin).  Et il n'en demeure pas moins que les produits naturels de lutte au jardin sont toujours assimilés à des produits phytopharmaceutiques de synthèse et doivent suivre les mêmes coûteuses prodécures (inaccessibles aux petites structures) avant d'être mis sur le marché (vente ou don). Par ailleurs, aucun statut n'est donné aux phytostimulants naturels qui sont considérés comme des produits phytopharmaceutiques.

Les droits d'auteur s'appliquent à toute oeuvre de l'esprit, quels qu'en soient le genre, la formed'expression, le mérite ou la destination. Tout lecteur de ce blog doit en respecter les droits de propriété intellectuelle. Il doit notamment veiller à ne pas reproduire et diffuser les articles et contributions publiées sur ce blog sur d’autres blogs, forums ou d’autres supports sans l’accord de leurs auteurs. Tout lecteur peut néanmoins reproduire le contenu de ce blog à des fins de consultations privées ou reproduire et diffuser de courts extraits d’un articles ou d'un message, à des fins d’information ou de recherches, en citant « Raffa'sblog, le grand ménage. http://raffa.grandmenage.info » et l'auteur (nom réel ou pseudo) de l'article ou du message.

Déni de responsabilité : Les articles de ce blog résultent en général de la compilation d'informations en provenance de plusieurs sources et d'expériences personnelles. Dans la mesure du possible, ils tentent de compiler une documentation exhaustive dont les sources sont citées. Toute personne mettant en application ces renseignements le fait à ses propres risques. Raffa's blog n'assume aucune responsabilité des dommages susceptibles de résulter de l'usage de ces renseignemens. En particulier toute décision concernant un traitement médical devrait toujours se prendre en consultation avec un professionnel de la santé qualifié.

05/09/2006

Eau bouillante, vinaigre et purins interdits au jardin !?

Suite de ce sujet et des actus le concernant (réactions du gouvernement notamment) sur le blog --> Par là (actus à la fin de l'article)


Là j'ai un gros GROS stress .

En mai dernier, les copines d'Ideo, m'apprenaient sur leur blog que la France se préparait à interdire les pesticides maison ! Leur info provenait d'Alain Barathon, chroniqueur horticole sur France Inter, qui s’insurgeait sur les ondes d'un décret qui l’empêcherait de donner à ses auditeurs des recettes naturelles pour leurs jardins et balcons, comme le purin d'ortie par exemple… Il disait notamment "le fait de donner des infos sur des produits phytosanitaires autres que ceux répertoriés et autorisés par le ministère de l'agriculture, c'est à dire des préparations industrielles patentées, est passible de 2 ans de prison et de 75 00O euros d'amende". L'Entrée en vigueur de ce décret était prévu le 1er juillet 2006.

Vous pouvez écouter l'extrait de cette émission ci-dessous


dry.gif Incrédule, je me suis appliquée à chercher ce décret. La seule chose que j'ai trouvé à l'époque est l'Arrêté du 6 octobre 2004 relatif aux conditions d'autorisation et d'utilisation de la mention « emploi autorisé dans les jardins » pour les produits phytopharmaceutiques. Mais cela ne collait pas. Je pensais que cela ne concernait que les produits commercialisés.

Que nenni !!! Aujourd'hui la date de mise en application dudit décret est dépassée. Et j'apprends quoi ?!?!? Lisez !

Lettre de Bernard Bertrand (co auteur de "purin d’orties et Cie") écrite suite à l’intervention de la répression des fraudes chez un conférencier et producteur de purins végétaux et autres produits à base de plantes pour soigner des plantes :

Un chroniqueur horticole courageux s’insurgeait, sur France Inter, de la parution imminente d'un décret (prenant effet en date du 01 juillet 2006), qui l’empêcherait dorénavant de donner à ses auditeurs des recettes leur permettant de traiter naturellement leurs jardins et balcons. Interdit de dire que l’eau chaude est un bon désherbant pour les allées. Interdit de dire que de simples feuilles de fougère éloignent les chenilles des choux. Interdit de donner la recette séculaire d’un extrait d’ortie, appelé purin ! L’information paraissait si énorme que personne n’y a cru ! L’interdiction de fournir, par quelque moyen que ce soit, les recettes pour confectionner des produits naturels non-homologués, le simple fait d’en parler, avait beau être assortie d’une peine 2 ans de prison et 75000 euros d’amende, elle faisait sourire !

Et pourtant l’action menée vendredi dernier conjointement par les services de l’Inspection Nationale des Enquêtes de Concurrence, de Consommation et de Répression des Fraudes et le Service Régional de la Protection des Végétaux de l’Ain chez un promoteur de techniques agricoles alternatives marque un tournant nouveau dans ce que l’on appelle désormais la guerre de l’ortie ! L’intervention des services de l’état s’est conclue par la saisie de cours théoriques (quid de la liberté d’expression et d’enseignement ?), la profération de menaces non dissimulées et l’interdictions de pratiques aussi diverses et incongrues que celles d’aller récolter avec les stagiaires des plantes sauvages dans la nature !

Qu’on se le dise, il est donc bien désormais interdit de faire référence et de transmettre des savoirs et traditions populaires séculaires qui sont pourtant un inaliénable bien commun ! Voilà pourquoi l’Association des Amis de l’ortie souhaite interpeller les pouvoirs publics et sollicite pour cela le soutien des médias concerné par une telle confiscation de nos libertés fondamentales. Comment un décret pourrait-il amputer les citoyens d’un pays de leur mémoire collective ? En vertu de quel principe un décret prive-t-il le citoyen de ses droits démocratiques les plus élémentaires, à savoir celui d’expression, gravement menacé ici, mais aussi celui du choix de cultiver son jardin comme il l’entend ? C’est Voltaire qui doit se retourner dans sa tombe ? Qui a pu initier une telle ineptie législative qui prétend confisquer le savoir des anciens et prône l’inquisition contre les techniques alternatives et naturelles de production, qui jusqu’à preuve du contraire ne sont que bénéfique pour la santé publique ?

Voilà quelques-unes des interrogations soulevées par l’intervention des pouvoirs publics jeudi dernier, qui a n’en pas douter sera la première d’une longue série, si une mobilisation rapide ne vient pas mettre un frein à cette nouvelle vague répressive.

Bernard Bertrand, porte parole de l’association des Amis de l’ortie. Contact : bernard@terran.fr ou 06 33 11 02 08 Dominique Jeannot, président de l’association des Amis de l’Ortie

Source :
http://www.tela-botanica.org/actu/article1142.html
aussi sur http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=2354

C'est ENORME et j'avoue que je ne veux pas y croire. En septembre 2002, le directeur départemental de la répression des fraudes du Maine-et-Loire avait déjà réussi à mettre la vente de purin d’orties hors-la-loi. Mais pas le fait de communiquer sa recette, ni son utilisation. Plus maintenant semble-t-il !

Le décret concerné est la Loi n° 2006-11 du 5 janvier 2006 d'orientation agricole.

Il y est dit en particulier (attention, j'ai vu plusieurs personnes reprendre mot pour mot ce qui suit en faisant croire que c'était le texte de la loi :  ce n'est pas exactement le texte original, je l'ai expurgé de certaines parties de phrase et simplifié... ahhhh le copier coller !)

Sont interdites la mise sur le marché, l'utilisation et la détention par l'utilisateur final des produits phytopharmaceutiques s'ils ne bénéficient pas d'une autorisation.

La mise sur le marché étant : toute remise à titre onéreux ou gratuit. L'importation constitue aussi une mise sur le marché.

Les produits phytopharmaceutiques étant : les préparations contenant une ou plusieurs substances actives et les produits composés en tout ou partie d'organismes génétiquement modifiés présentés sous la forme dans laquelle ils sont livrés à l'utilisateur final, destinés à :

  •  a) Protéger les végétaux ou produits végétaux contre tous les organismes nuisibles ou à prévenir leur action ;
  • b) Exercer une action sur les processus vitaux des végétaux, dans la mesure où il ne s'agit pas de substances nutritives ;
  • c) Assurer la conservation des produits végétaux, à l'exception des substances et produits faisant l'objet d'une réglementation communautaire particulière relative aux agents conservateurs ;
  • d) Détruire les végétaux indésirables ;
  • e) Détruire des parties de végétaux, freiner ou prévenir une croissance indésirable des végétaux ;
D'autre part, toute publicité commerciale et toute recommandation pour ces produits ne peuvent porter que sur des produits bénéficiant d'une autorisation de mise sur le marché et sur les conditions d'emploi fixées dans ces autorisations.

En gros, si je comprends bien, si le purin d'ortie maison n'a pas d'autorisation (et quel jardinier amateur demanderait une autorisation ?) : on ne peut pas le vendre (soit !), on ne peut pas le donner, on ne peut pas l'utiliser, on ne peut pas le détenir, on ne peut pas en faire une publicité commerciale ou non, on ne peut pas en faire la recommandation et donner des détails d'utilisation! Et cela concerne tous les produits contenant des substances actives. Donc tout ce qui est à base de plantes (décoction, macération comme le purin, huiles essentielles, poudres etc.) Ainsi que les produits maisons à base de produits chimiques : borax etc. (vinaigre ? je pense bien : l'acide acétique est une substance active !). L'eau bouilllante ne doit pas être concernée puisqu'elle ne contient pas de substances actives.

Je vois donc notamment : tous les purins, les produits à base d'ail, d'oignon, de poivre de cayenne, d'agrumes, de piment et d'autres plantes, de pyréthe, de neem, d'huiles essentielles etc. cités dans mon article de lutte contre les indésirables. Je suis donc hors la loi Smiley bandit.gif!!! A quand les produits d'entretien smilie?

Si quelqu'un s'en sort mieux que moi en matière de législation française, peut-il nous donner les interprétations possibles de ce texte ?
Dans tous les cas, il ne faut pas se laisser faire. Ce pays tourne vraiment à n'importe quoi ! Ils pouraient simplifier les choses en donnant directement et franchement tous les pouvoirs aux multinationales. On saurait alors clairement que la France (et d'autres) est une dictature du fric !

06/09 et + : Suite à cet article quelques blogueurs y sont allés de leur propre analyse :


  • ACTUS 06/09 : Interview de Bernard Bertrand -
    Le problème c’est que ces produits ne sont pas homologués et même, à notre avis, pas homologables dans l’état actuel des choses, dans la mesure où les homologations sont fournies par une commission qui est composée essentiellement de producteurs de produits phytosanitaires chimiques de synthèse. Il n’y a aucun producteur de produits phytosanitaires naturels dans cette commission… [...]
    On a contacté le ministère de l’agriculture, toutes les instances, on a participé a des réunions de concertations qui n’ont strictement servies à rien. La seule réponse que nous apportent aujourd’hui les pouvoirs publics, c’est la mise en place de ce système répressif qui interdirait a quiconque de commercialiser, de divulguer des recettes, et même de parler de produits qui ne seraient pas homologués. [...]
    Un journaliste, par exemple, ne peut plus donner une recette de tisane de tilleul ou dire que de la simple eau chaude pourrait servir de désherbant sur une allée.[...]
    Une homologation ce sont des démarches très longues et très coûteuses : plusieurs années de mises en expérimentation et des dizaines de milliers d’euros de coût pour des produits qui on fait leurs preuves depuis des siècles. [...] En outre, on sait aujourd’hui que 90 % des produits mis officiellement sur le marché par la commission d’homologation présentent une toxicité telle qu’ils devraient normalement être retirés du marché… [...] Cette homologation a été mise en place par les pouvoirs publics pour, soit disant, protéger les consommateurs, mais elle ne protège personne d’autres que les intérêts des multinationales qui en payant ces droits de produire, achètent aussi des droits de polluer sur le dos des consommateurs qui eux, aujourd’hui, n’auraient plus le droit d’utiliser des produits naturels pour traiter leur jardin.[...]
    Tous les écrits faisant référence à un savoir populaire en liaison avec des produits naturels non homologués tombent effectivement sous le coup de la loi.[...] Enfin, nous lançons aussi un appel aux fonctionnaires qui pourraient être amenés à appliquer ce décret, pour qu’ils fassent appel à la clause de conscience qui leur permet de juger de l’opportunité de mettre en application un décret, aussi répressif et attaquable dans sa légalité.
     
  • Actus rajoutées le 7 :
    « Depuis, rien de nouveau n’a filtré, reconnaît Alain Baraton, jardinier en chef de Versailles qui a relayé l’information lors de sa chronique radiophonique. Je ne sais toujours pas si j’ai le droit ou non de recommander le purin d’ortie à mes auditeurs ». Contactée au début de l’été, l’UIPP (Union des industries de la protection des plantes) chargée de délivrer les autorisations de mise sur le marché n’en savait pas plus. Tout comme l’AFSSA (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) qui doit pourtant reprendre le flambeau à la rentrée. « Il y a de quoi être inquiet car la commission mise en place par le Ministère de l’Agriculture pour réfléchir sur le sujet est tenue par les industriels de l’agrochimie, estime Bernard Bertrand de l’association Les amis de l’ortie. Source

    Lors de la perquisition de Petiot  : "E. Petiot a eu l’occasion de faire remarquer aux intervenants que les préparations naturelles, mentionnées dans ses stages, ont été testées par des organismes scientifiques comme l’INRA (Institut national de la recherche agronomique) et le GRAB (Groupe de recherche en agriculture biologique). Il a également noté que conformément à la législation, il ne vendait aucun produit, se contentant d’expliquer leur processus de fabrication et d’application. A ces déclarations, qui figurent au procès verbal de déclaration et de saisie de documents, les inspecteurs auraient fait remarquer à E. Petiot (toujours selon le PV), qu’en l’absence d’homologation il ne pouvait pas mentionner dans ses cours et stages de quelconques propriétés fongicides, insecticides, acaricides des préparations et procédés exposés… " Source

  • ACTUS 12/09 :
    Procès-Verbal de la "visite" au cours de laquelle Eric Petiot a appris qu«en l’absence d’homologation il ne devait pas faire mention, dans ses cours et stages, de quelconques propriétés fongicides, insecticides, acaricides des préparations et procédés exposés. »

    Selon les déclarations d’ Eric Petiot au journal Le Progrès, “les enquêteurs n’étaient visiblement pas venus pour mes produits. Par contre, ils ont consulté le programme de mes stages. Sur les 70 pages qui en résumaient un, ils m’ont expliqué que la moitié d’entre elles ne pouvaient être communiquées, lues ou imprimées.” (Source)

    France Nature Environnement demande à l’Etat de remplir sa mission de défense de l’intérêt général et saisit ce jour le Ministre de l’Agriculture et le Ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie pour demander dans quelles conditions leurs services ont engagé cette opération, et quelles mesures ils comptent prendre pour que la promotion et l’enseignement des traitements phytosanitaires naturels soient encouragés. (Source : Communiqué de Presse de FNE)

  • Suite de ce sujet et des actus le concernant (réactions du gouvernement notamment) sur le blog --> Par là

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21/04/2006

Saga Kokopelli-Baumeaux, 1ère victoire

Ce texte n'est pas de moi, je ne fais que relayer l'information

Alors que l'Etat Français, au mépris du consensus populaire, légalise la dissémination des chimères génétiques sur le territoire de France et ratifie, en catimini, la nouvelle version 1991 du traité de l'UPOV (qui interdit à tout jamais aux paysans de semer le grain récolté); alors que des militants faucheurs de chimères génétiques se voient bloquer leur compte bancaire et condamner à payer des amendes de centaines de milliers d'euros,

l'Association Kokopelli a gagné le premier des deux procès qui lui étaient intentés.

Le 14 mars 2006, le Tribunal d'Instance d'Alès a relaxé Dominique Guillet (président de l'Association Kokopelli), a débouté le GNIS et la FNPSP ( Fédération Nationale des Professionnels de Semences Potagères et Florales) de l'ensemble de leurs demandes et a laissé les dépens à la charge de l'Etat.

Le GNIS et la FNPSP avaient porté plainte contre l'Association Kokopelli pour commercialisation de variétés de semences non inscrites sur le catalogue national. Rappelons que le GNIS (Groupement National Interprofessionnel des Semences) est un organisme hybride ( à la fois officiel et interprofessionnel), sous tutelle du Ministère de l'Agriculture et dont la création remonte au gouvernement du Maréchal Pétain en 1941.

Le Tribunal d'Instance d'Alès a souligné que "il existe bien tant au niveau communautaire qu'au niveau national le cadre légal susceptible de permettre l'inscription de variétés de  semences anciennes sur un catalogue officiel", que " l'incrimination générale des variétés de semences anciennes commercialisées par l'Association Kokopelli, au motif de leur non-inscription sur le catalogue officiel ou le registre annexe, est incompatible avec les objectifs du droit communautaire de créer une liste de variétés de conservation" et "qu'enfin, rien ne permet de soutenir, en l'absence justement de détermination précise des conditions de leur inscription au catalogue, que les semences de Kokopelli ne seraient pas éligibles à cette procédure".

Nous nous réjouissons de cette première victoire. Puisse t-elle nous encourager à continuer notre combat conte le terrorisme alimentaire orchestré depuis des dizaines d'années par les multinationales biocidaires avec la complicité de nombreux Etats: ces fabricants de poisons détruisent la Planète, imposent leurs chimères génétiques et leurs clones végétaux dégénérescents tout en confisquant le Vivant.

Soulignons de nouveau que le GNIS (sous tutelle du Ministère de l'Agriculture) attaque l'Association Kokopelli pour distribution de variétés anciennes de potagères alors que la France claironne haut et fort son engagement à lutter conte l'érosion génétique et qu'elle a signé en juin 2004 le Traité de Rome portant sur la protection de la biodiversité alimentaire.

La réalité est, en fait, que cinq multinationales contrôlent 75 % du marché des semences potagères sur la planète: elles dictent leurs lois et ont pris en otages les peuples et les nations. Monsanto est le numéro 1 de ces cinq corporations.

Le second procès, intenté contre l'Association Kokopelli par la société Graines Baumaux de Nancy n'a pas encore été appelé à l'audience.

Dominique Guillet

Association Kokopelli

http://www.kokopelli.asso.fr/

Lire aussi

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05/03/2006

Communiqué de l'Association Kokopelli relatif aux attaques de la société Graines Baumaux.

Désolée pour la longueur pour une fois ce n'est pas moi , je ne fais que relayer l'information.

 



Suite de l'affaire Kokopelli/Baumaux dont je vous ai parlé dans l'article  Menace sur la biodiversité potagère

En préambule, nous souhaitons affirmer qu'il n'est pas question que nous sombrions dans une guerre de communiqués. Nous rappelons que c'est la société Baumaux qui nous a attaqués en justice ainsi que dans son catalogue, et ainsi que dans divers communiqués envoyés par courrier électronique. Ces derniers communiqués, d'ailleurs, ne brillent pas par leur courtoisie et témoignent d'un certain acharnement à notre égard.

L'Association Kokopelli n'a jamais prétendu à la perfection: nos objectifs sont la libération de la semence, de l'humus et de l'homme. Nous faisons ce que nous pouvons avec très peu de moyens financiers alors que des sommes colossales d'argent public sont gâchées en recherches bio-technologiques, créations de chimères génétiques et création de variétés soit-disant modernes qui puissent résister aux agressions de la chimie lourde qui détruit nos sols inexorablement et tout autant la santé humaine.

Tout d'abord précisons que les attaques de Philippe Baumaux, en date de décembre 2005, sont lancées quelques mois après la publication de la cinquième édition de l'ouvrage de Dominique Guillet "Semences de Kokopelli" dans lequel (page 17) celui-ci tire un coup de chapeau aux pionniers de la biodiversité potagère que furent Sylvia Schmidt (Biau Germe), Philippe Desbrosses (Sainte-Marthe) et Philippe Baumaux (graines Baumaux). En ce qui concerne ce dernier pionnier, ce coup de chapeau nous a valu des décharges d'artillerie lourde!!

En effet, on ne peut oublier, qu'une dizaine d'années en arrière, Mr. Baumaux était lui même confronté à un certain nombre de tracasseries administratives (et il l'évoquait amplement sur une exposition telle que celle du château de St Jean de Beauregard dans l'Essonne) au regard des très nombreuses variétés potagères illégales présentées dans son catalogue. Illégales s'entend en relation avec le cadre législatif mis en place par un certain nombre de structures impulsées par le Maréchal Pétain en 1941.

Quelle est donc la contrepartie obtenue par Monsieur Baumaux pour un tel changement d’attitude ?

De la Désobéissance Grainetière Civile

Mr. Baumaux, par la suite, a résolument cautionné une procédure d'inscription des variétés dans une liste dite "pour amateurs". Quelle ne fut donc pas notre stupéfaction de découvrir dans la dernière édition de son catalogue de semences une pléthore de variétés potagères ne figurant dans aucun des catalogues nationaux de la Communauté Européenne. [...] l'Association Kokopelli se réjouit de la présence de telles variétés dans la gamme de notre confrère et ne peut que remercier Philippe Baumaux de participer à nos dynamiques de désobéissance civile semencière.

Catalogue officiel pour variétés amateurs.

Suite à un récent courrier expédié par la société Baumaux en réponse aux innombrables protestations émises par les jardiniers, nous souhaitons apporter les précisions suivantes:

  • l'inscription des variétés dans la liste amateurs est résolument payante et, à l'époque, de 1450 FF par variété (aujourd’hui 242.90 euros). Si Mr. Baumaux n'a pas à eu à débourser un franc pour l'inscription de variétés anciennes, ce n'est pas grâce à l'émouvante générosité du GNIS et de la FNPSP mais bien plutôt grâce au travail d'information, de communiqués de Dominique Guillet et à la fermeture de Terre de Semences. Ces communiqués, à l'époque, ont alerté l'opinion publique, la presse a relayé les informations, ce qui a généré un certain embarras au sein de certaines structures. Depuis lors, d'ailleurs, le GNIS s'est doté d'un site web miroitant de protection de biodiversité ... et de double-langage!
  • nous avons "pris le maquis" suite à notre refus de payer et surtout de cautionner les divers points du décret de décembre 1997: impossibilité de vendre aux maraîchers (et à ceux-ci de vendre les produits issus de semences de populations), DHS (Distinction, Homogénéité, Stabilité) avec un formulaire UPOV en 22 points (ne pouvant être rempli que par une structure spécialisée et générant des frais conséquents : 1500 euros par variété), etc... Pour plus d'informations, consulter l'article de Dominique Guillet: "Le catalogue national, une nuisance agricole de plus?"
  • suite à l'argument ressassé de protection des consommateurs, afin de protéger "l'authenticité", nous ne pouvons que répéter notre question: la nature du consommateur Français est-elle telle qu'il faille le protéger contre des dangers (de fraude, de falsification, de fausse dénomination) qui ne peuvent pas assaillir les consommateurs dans d'autres pays, tels que les USA et le Canada.
Précisions de nouveau qu'il existe dans ces deux pays, au jour d'aujourd'hui, 274 sociétés semencières, donc 274 catalogues de semences qui proposent 8494 variétés non-hybrides (de pollinisation ouverte). Ces 8494 variétés sont évidemment non-inscrites puisqu'il n'existe pas de catalogue national en Amérique du nord!

Dans la rubrique "chaudron qui traite la marmite de cul-noir"

  • Mr. Baumaux reproche à Kokopelli de distribuer des variétés de tomates avec des dénominations simplistes : "Rose du Japon" et "Large Pink Bulgarian", par exemple. Dans la propre gamme de Mr. Baumaux, nous trouvons les variétés de tomates "Russe", "Noire de Crimée", "Yellow Giant Belgium", "Purple Russian", etc, etc... Sans commentaires.
  • Mr. Baumaux reproche à Kokopelli de distribuer des variétés de tomates de création récente. Il est clair dans notre ouvrage que les variétés Green Zebra et Green Grape ont été créées par Tom Wagner de Tater Mater Seeds en Californie en 1985. Notre propos est bien sûr de sauvegarder des anciennes variétés mais surtout de promouvoir une liberté totale face à la mafia qui détruit cette planète. Cela veut dire que nous avons adopté résolument un certain nombre de variétés récentes de pollinisation ouverte. D'ailleurs, en passant, les variétés Green Zebra et Green Grape (Raisin Vert), inscrites en janvier 2000 dans la liste amateurs, ne satisfaisaient pas aux règles du décret de décembre 1997 car elles avaient moins de 15 années d'âge! Soit dit, encore en passant, la variété (géniale) Green Zebra fut proposée par un catalogue pour maraîchers d'une filiale de Limagrain au mépris total de ce même décret qui stipule que ces variétés sont interdites à la vente aux professionnels!
  • Selon Mr. Baumaux, la moitié de nos tomates seraient très courantes aux USA (et donc pas en danger d'extinction) et l'autre moitié seraient des variétés inconnues de Russie. Les collections de tomates anciennes auraient-elles participé à la réconciliation des deux blocs?
Faut-il aller faire son marché aux USA pour trouver des variétés savoureuses, tout en contribuant au développement des pays tiers, en payant la taxe sur les transports, chère à Mr Chirac ? [...] Sur 11 variétés de tomates vertes, seules 3 variétés sont largement distribuées aux USA et au Canada. Les autres sont quasiment inconnues.

De toutes façons, le propos de Kokopelli n'est pas l'exclusivité.

Du mélange des genres.

Mr. Baumaux implore les grâces divines afin que nous ne mélangions pas les combats des potagères avec les plantes dites de grande culture. Tout cela est hautement risible.

Pourquoi donc? C'est la même bande de multinationales biocidaires qui est en train de prendre le contrôle de toutes les semences sur la planète. Aujourd'hui, ce sont 5 multinationales qui contrôlent 75 % des semences potagères. Monsanto, de par son rachat de Séminis, en février 2005, est devenu le n°1 de la semence mondiale. Séminis, à elle seule, contrôle 40 % des semences potagères en Amérique du nord et 20 % des semences potagères de la planète!!

C'est bien le même Monsanto qui est en train de vouloir inonder l'Europe de ses maïs génétiquement modifiés et de ruiner toutes les agricultures traditionnelles des pays les plus pauvres.

Au moment où nous écrivons ces lignes, nous parviennent des messages d'alerte quant aux nouvelles lois que le gouvernement Français est en train de faire voter relativement à la semence et qui vont priver les paysans du peu de liberté semencière qu'il leur restait et quant aux nouvelles législations mises en place relatives aux chimères génétiques alors que 80 % du peuple de France n'en veut strictement pas.

Mr. Baumaux fait dans l'aphorisme et pense qu'il n'y a pas de libertés sans contraintes. De quelles libertés parle-t-on? De la liberté de la mafia des multinationales qui détruisent impunément la planète de leurs agro-toxiques?

Mr. Baumaux affirme qu'un amateur peut produire ses semences et les offrir gracieusement (et pourtant MR. Wohrer du GNIS nous avait affirmé le contraire). Soyons positifs, admettons-le, mais pour combien de temps encore? Pourquoi interdit-on alors aux paysans de le faire?

Mr. Baumaux affirme qu'un amateur a accès aux ressources génétiques. Des mots. Vu la prolixité plumitive de Mr Baumaux, nous aimerions avoir le texte écrit de cette  mansuétude.

Campagne Semences sans Frontières et Adoption.

Nous tenons à préciser que le peu de subventions que nous avons obtenues de fondations n'ont pas été attribuées par des gens stupides éblouis par quelques variétés de piments. Ces subventions sont en priorité dévolues à l'établissement de dynamiques de résistance semencière fertile dans les pays dits du Tiers-Monde. Pour Kokopelli, la liberté de mettre en place des pratiques réellement durables d'agro-écologie est tout aussi importante que la protection de la biodiversité. Une protection de la biodiversité alimentaire ne peut se concevoir avec une humanité enchaînée. Kokopelli, rappelons-le, a mis en place trois dynamiques dans le Tiers-Monde:
  • don de semences: nous distribuons des semences bios littéralement sur toute la planète.
  • organisation d'ateliers et de séminaires de production de semences pour autonomiser les paysans (tant en France, d'ailleurs, qu’à l’étranger).
  • création de centres de productions de semences et de réseaux paysans semenciers pour libérer les paysans du joug de la mafia des multinationales.
Quant à notre vision utopiste de confier à des adhérents la protection de telle ou variété potagère, elle est pour nous une façon de préparer un futur pour le jour qui verra l'agriculture hautement toxique s'effondrer définitivement. Pendant des milliers d'années, les semences ont été produites sans ingénieurs agronomes, sans techniciens agricoles, sans banque agricole, etc.... Le vocabulaire préférentiel de Mr Baumaux (qui lui permet de remettre en question nos utopies), "pure", "homogène", "standard", "critères" fait appel à un paradigme mortifère, figé et donc non évolutif que nous récusons formellement. Quant à sa vision du salut agricole par les hybrides F1, nous convions nos amis à lire l'article de Jean-Pierre Berlan, directeur de recherches à l'INRA, pour plus d'informations sur cette mythologie moderne que sont ces hybrides F1.

Précisions sur la gamme de Kokopelli

* Mr Baumaux, (dont la quasi totalité des semences proviennent de l'agriculture toxique, ne l'oublions pas) nous reproche d'acheter quelques variétés de semences bios à Suba e Unico en Italie parce que cette société vend aussi des semences non-bios.
  1. Ces semences sont certifiées bios.
  2. Nous pourrions acheter les mêmes variétés de semences ( carotte de Nantes, betterave ronde de Détroit ) à un catalogue Italien qui ne vend que des semences bios et biodynamiques. Cependant, ce même catalogue les achètent lui-même à Suba e Unico et nous les vend en faisant une marge bénéficiaire. Nous préférons les acheter directement à moindre prix.
  3. Sur notre gamme de 1500 variétés, ce ne sont qu'une vingtaine de variétés que nous achetons chez Suba e Ubico en Italie. Ce sont des variétés très communes. Nous pourrions demander à nos petits producteurs de les cultiver. Pourquoi ne le faisons-nous pas? La raison en est-très simple: le nombre de nos producteurs est tellement limité que nous préférons demander à un producteur Kokopelli de nous cultiver des semences de carotte violette plutôt que des semences de carotte nantaise. Un producteur ne peut cultiver qu'une variété de carotte ou qu'une variété de radis ou qu'une variété de navet ou qu'une variété de chicorée amère pour éliminer totalement les risques de croisements inter-variétaux naturels.
Rappelons que Kokopelli est une petite association sans but lucratif et nous n'avons pas la force financière d'une société Baumaux avec l'envoi de ses 400 000 catalogues. Nous faisons de notre mieux et nous pratiquons une transparence totale. Sur tous les sachets de Kokopelli, nos clients peuvent trouver le nom du producteur, la date d'ensachage et la date de production des semences. Ce dernier point est important à signaler car cette pratique n'est pas commune. Tous les sachets du commerce conventionnel ne portent que la date de l'ensachage, ce qui ne présume en rien de l'année de production. Nous avons opté pour une traçabilité totale et avons une entière confiance en la compétence critique de nos adhérents ou de nos clients.

* Mr Baumaux nous donne des leçons de vertu quant à certaines variétés qui seraient des "obtentions". Les grands mots sont lâchés. Et Mr Baumaux de citer des variétés de choux, d'oignons, etc.
  1. Certaines des variétés citées sont des semences provenant de l'Allemagne et de l'agriculture bio-dynamique. Il est fort possible que les semenciers bio-dynamiques Allemands soient en contrat avec des petites maisons semencières rachetées par des grands groupes. Nous n'avons pas les moyens de pousser nos enquêtes aussi loin.
  2. La variété d'oignon Sturon, mentionnée avec fracas comme étant en relation avec la société Syngenta, est considérée du domaine public par l'édition 2004 du catalogue du GNIS.
* Nous souhaitons affirmer avec force que la grande majorité de nos semences (qui sont toutes bios) sont produites par des petits paysans qui travaillent avec Kokopelli en France, avec Kokopelli en Angleterre, avec Essembio en France, avec Sativa en Suisse et Allemagne, avec ArcoIris en Italie. Nous avons même des variétés produites par de petits paysans que nous connaissons personnellement aux USA.

* Nous souhaitons aussi attirer l'attention sur le concept d'obtention. Ces "obtentions" ne sont pas tombées du ciel. Elles sont issues de variétés traditionnelles. Elles sont parfois conçues pour résister aux assauts de la chimie moderne, de l'agriculture toxique. On ne peut que répéter que les résistances (supposées) de ces "obtentions" modernes sont liées à une augmentation vertigineuse des pathologies végétales et que la courbe d'augmentation de ces pathologies est parallèle à la courbe d'augmentation de produits agro-toxiques durant les 50 dernières années. Ce n'est pas une coïncidence. Plus l'agriculture toxique inonde les champs de poisons et plus des pathologies végétales nouvelles se manifestent et plus il faut "créer" de "nouvelles variétés résistantes". C'est un cercle vicieux. Tout le monde y perd, (les paysans, la planète, la santé humaine) sauf les multinationales de la chimie et les grainetiers qui s'engraissent.

* Si tant est qu'il faille créer des "obtentions" végétales, peut-être cela devrait-il être une des tâches de l'agronomie d'état? En fait, la recherche publique dépense beaucoup d'argent à cela et quand le travail est presque fini, il est confié aux grands groupes semenciers "sérieux" (CF. L'article sus-cité de Jean-Pierre Berlan, directeur de recherches INRA, ainsi que l'ouvrage de Dominique Guillet). C'est la définition que nous avons donnée de la "Recherche Publique": c'est la recherche financée par la France d'en-bas pour accroître les profits de la France d'en-haut. Selon Mr. Berlan: "La recherche publique s'inscrit dans une division du travail scientifique. On lui confie les travaux de ce qui n'est pas directement rentable afin de laisser à la recherche privée les étapes finales conduisant au marché et au profit."

* Précisons qu'une grande partie des obtentions modernes ne sont que du vent ou plutôt du marché. Nous mettons quiconque au défi de prouver la distinction des 400 variétés hybrides F1 de tomates du catalogue national Français (2004) dont 301 variétés ont moins de 10 années d'âge (pour plus de précisions, se reporter à la page 603 de "Semences de Kokopelli"). Selon Henri Laterrot et Jacqueline Philouze, auteurs du chapitre sur les tomates dans l'ouvrage Histoire des Légumes (Editions INRA): "Le turn-over variétal est très rapide, la concurrence entre établissements de sélection, très dure". En clair, un marché de loups dont les fondements ne sont pas l'agronomie mais le marketing.

Kokopelli en justice.

Nous ne souhaitons pas alourdir ce communiqué avec nos commentaires relatifs à l'attaque de Philippe Baumaux, dans son catalogue (défonceurs de portes ouvertes, collectionneurs d'antiquités aztèques, etc,). Et ce pour la même raison que nous ne répondrons plus aux calomnies proférées par Mr. Baumaux sur le net. Nous les laisserons rebondir.

Nous allons, cependant, apporter des précisions quant aux attendus de l'assignation en justice de décembre 2005. D'ailleurs, de très nombreux adhérents et amis de Kokopelli ont fait de ces attendus des analyses très circonstanciées dont nous ne pouvons que nous inspirer.

  • Selon ces attendus, la société Baumaux "a sauvé de la désuétude de nombreuses graines anciennes". De la désuétude?
  • Selon ces attendus, la société Baumaux "s'est toujours conformée aux diverses obligations légales et réglementaires". Rappelons tout simplement que