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01/04/2008

Journée du gaspillage

Comme on a fait attention toute l'année à nos consommations d'eau et d'énergie, qu'on a limité nos achats impulsifs, qu'on fait la chasse aux déchets inutiles et au gaspillage en général, pour décompresser, se remotiver et repartir pour une nouvelle année écolo...

Aujourd'hui faites vous plaisir,
c'est le jour du gaspillage !!!

Vu sur Ecolo du jour (merci !), qui se pose justement la question de la pertinence des "semaines de" et autre "journée de".

Les droits d'auteur s'appliquent à toute œuvre de l'esprit, quels qu'en soient le genre, la forme d'expression, le mérite ou la destination. Tout lecteur de ce blog doit en respecter les droits de propriété intellectuelle. Il doit notamment veiller à ne pas reproduire et diffuser les articles et contributions publiées sur ce blog sur d'autres blogs, forums ou d'autres supports sans l?accord de leurs auteurs. Tout lecteur peut néanmoins reproduire le contenu de ce blog à des fins de consultations privées ou reproduire et diffuser de courts extraits d'un articles ou d'un message, à des fins d?information ou de recherches, en citant « Raffa'sblog, le grand ménage. http://raffa.over-blog.com » et l'auteur (nom réel ou pseudo) de l'article ou du message.

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27/02/2008

Enfin ça avance : les acteurs bio-citoyens proposent le Système de Garantie Participatif

Ô bonheur ! Ô joie !

Cela fait un petit temps déjà, que nous sommes plusieurs "écolos de la première heure" (si cela a un sens désormais), à être de plus en plus gavés par la récupération de la cause environnentale et citoyenne partout dans tous les domaines: les labels, les filières, les produits, les technologies, les médias... tout y passe. 

Je disais justement hier, dans les commentaires de l'article sur Suez-Electrabel, qu'il y a de plus en plus de technologies ou de produits dits verts qui ne le sont pas (les agrocarburants sont le plus bel exemple, mais les voitures propres aussi) et que je suis complètement saoulée par toutes cette pseudo mode écolo qu'il y a partout sur tous les sujets.

Comment noyer le poisson, étouffer les messages importants et faire passer en douce des technologies ou législation absolument pas écolos ou si peu ? Pas autrement. Franchement, pour que les écolos  eux-même soient gavés par ce discours nauséeux et verdâtre ambiant il fallait y aller... ils l'ont fait !

Marre de la pub verte qui n'a de vert que la couleur et les paysages. Marre des discours écolos sans queue ni tête qui nous inondent parceque c'est in d'être écolo. Marre de la récupération des arguments et des slogans (le truc qui a failli me faire vomir dernièrement : "consommer moins, c'est polluer moins"... dans une pub pour une voiture   !!!!!). Marre des arguments bidons "je protège ma planète mais en fait je ne change rien". Marre des articles de presse à la sauce écolo parceque ça fait vendre aux néoécolobobos. Marre des fausses-bonnes solutions. Marre des faux-labels bioécolos pour industriels !

Je vois la prise de conscience faite, du moins commencée... et les réflexions et alternatives pour s'en sortir récupérées par des logiques économiques et politiques. Détournées et maquillées sous une couche verte masquant mal le fait que l'on piétine, voire que l'on recule (exemple : le label bio)! Et le pire c'est que ça marche. Alors même qu'ils sont sensibilisés, les gens deviennent de moins en moins accessibles, par ras le bol tout bêtement, et ils se donnent bonne conscience avec des produits "verts" qui n'en sont pas. Cette surenchère est vraiment dangereuse...

Comment donner des pistes aux consciences éveillées dans ce brouillard confus ? Comment se repérer dans toutes ces solutions écolos à des degrés divers ? Comment diffuser les idées dans cette cacophonie ? Comment donner la parole aux acteurs économiques, politiques ou de la société civile qui vont réellement dans le bon sens ? comment les reconnaître ? Comment les faire connaître ? Comment leur permettre de survivre économiquement face au Géant Vert d'en face ?

Parceque, mine de rien, c'est tout de même assez urgent. Et il devient de plus en plus difficile d'être un consommateur "responsable" (enfin très exigeant sur la question je veux dire).

Cela fait un petit temps que l'on réfléchi, ici ou ailleurs, à diverses alternatives de fonctionnement (notamment de financement, d'organisation, de média, de "label" et de "publicité"... oui oui de publicité), afin de contrer ce rouleau compresseur, offrir un discours clair et cohérent, défendre les petits producteurs/artisans/distributeurs/PME et promouvoir des initiatives vraiment porteuses d'espoir. Or voilà que je découvre cette proposition concrète qui va tout à fait dans le même sens.

Ce n'est pas une coïncidence !!! Ça réfléchi, ça bouge un peu partout !!! La contre attaque se prépaaaaare ;)

Contre la consommation dirigée, Pour une démarche citoyenne

Les termes d’agriculture biologique, de commerce équitable, de textile écologique et d’écoconstruction sont tous récupérés et détournés de leurs buts à des fins mercantiles.
L’attribution des logos qui leur correspondent dépend d’une expertise spécialisée nommée certification. Cette expertise ouvrant l’accès aux marchés est devenue un enjeu de première importance bien qu’elle n’incite pas à l’amélioration des pratiques, au contraire : elle ne vise qu’à concentrer et sécuriser les approvisionnements des grosses firmes. Elle est en effet le dernier moyen inventé pour éliminer les petits producteurs qui ne peuvent accéder aux exigences qu’elle impose.

Pendant que l’Organisation Mondiale du Commerce détruit toutes les protections aux frontières susceptibles de garantir l’autonomie alimentaire ou économique des peuples, les multinationales multiplient ces nouvelles barrières normatives pour protéger leur monopole.

Les petits producteurs, les artisans et les commerçants, partout dans le monde, sont soumis aux rouleaux compresseurs mettant leur subsistance et leur souveraineté en péril. La certification en agriculture biologique entraîne la perte de biodiversité agricole en interdisant les semences paysannes et les races locales. Et depuis que le label Haute Qualité Environnementale (HQE) a été récupéré par les industriels, le béton est devenu « écolo » alors que son coût énergétique est très élevé !

Les organisations signataires actent un effort de convergence pour promouvoir les Systèmes de Garantie Participatif (SGP).

Les systèmes de garantie participatifs cherchent à fournir aux citoyens une garantie crédible
sur la qualité des produits commercialisés. Ce système participatif se différencie de la
certification par un organisme tiers dans le fait que les producteurs et les consommateurs sont
acteurs de la certification. La transparence et la confiance sont les éléments essentiels de son
efficacité. (Source)

- Ces systèmes recouvrent une diversité d’organisations et de fonctionnements, diversité que nous revendiquons.
- Ils visent tous à améliorer la qualité des produits, les cohérences écologique, sociale et économique dans le respect de l’homme et de la nature
- Leurs valeurs de bases sont la transparence, la participation et l’intégrité des acteurs, professionnels ou non, le maintien des savoirs locaux, des processus d’apprentissage et d’organisation horizontale.

Les organisations signataires conviennent que :

- la réflexion et les actions sur les rapports entre le local et le global sont indispensables. La relocalisation de l’économie est d’une urgence capitale pour la survie de l’humanité.
- l’implication des citoyens dans la garantie est indispensable pour sortir du diktat des symboles mercantiles (logos, labels et autres) qui vident de sens le contenu d’une démarche professionnelle citoyenne.

Cet appel est lancé pour faire reconnaître les démarches de qualité couplées aux Systèmes de Garantie Participatifs. Le souhait est de mettre en place des chaînes de responsabilité et de confiance pour faire évoluer les comportements de consommation.
L’objectif est de promouvoir une agriculture biologique, bio-dynamique, paysanne, ainsi que le textile écologique, l’écoconstruction et des transactions commerciales, qui soient justes partout dans le monde, de façon à garantir la souveraineté des peuples pour les besoins essentiels de l’être humain.

Présentation des organisations signataires :

- Nature & Progrès : La Fédération Nature & Progrès (N&P) est fondée en 1964 en réaction à l’agriculture intensive. Composée de professionnels et de consommateurs engagés dans l’agroécologie, elle est à l’origine du premier cahier des charges de la bio au monde. Aujourd’hui, pour ne pas trahir ses fondements, N&P avance en marge de la Bio officielle devenue industrielle. Ses adhérents se mobilisent pour replacer l’agrobiologie au coeur d’un projet de société visant la souveraineté alimentaire, dans le respect du vivant, selon une approche globale, réconciliant l’homme avec la planète qui le nourrit. N&P aujourd’hui, c’est une vingtaine de groupes locaux en France, avec des antennes à l’étranger, en Espagne, au Portugal et en Belgique.
Contact : Jordy van den Akker, tél. 05 63 53 41 47. Site : _ www.natureetprogres.org

- Minga : Créée en 1999, l’association Minga regroupe des personnes physiques et une centaine de structures qui participent à la construction et au développement d’actions et d’outils permettant plus d’équité économique et sociale dans les transactions commerciales. Ceci, à tous les stades de la filière, et dans tous les secteurs d’activité. Pour Minga, le commerce équitable n’est en aucun cas réductible à une simple étiquette apposée sur un produit qui serait lui, distribué par des enseignes aux pratiques sociales discutables.
Contact : Bernard Marrey,
tél. 01 48 09 92 53.
Site www.minga.net

- Le SABD, Syndicat d’Agriculture Bio-dynamique, est créé en 1973. Il représente l’organisme dont se sont dotés les agriculteurs bio-dynamistes pour produire des aliments qui soient plus profitables à l’existence de l’homme, tout en soignant l’environnement naturel, social, culturel et économique. Le Syndicat d’Agriculture Bio-dynamique est une structure cherchant à rassembler un maximum de professionnels de façon à peser dans les instances nationales et établir un réseau de producteurs. La volonté est de partager les expériences et de favoriser l’entraide, de faciliter les rencontres, de défendre et de représenter les intérêts des bio-dynamistes, d’améliorer et de faire connaître leur pratique agricole.
Contact : Didier Vallet,
tél. : 05 67 14 31 05.
Site www.bio-dynamie.org

- Alliance Provence a pour objectif de sensibiliser le public sur les conséquences des politiques et pratiques agricoles sur le maintien des agriculteurs, la consommation et l’environnement, et sur les problèmes liés au commerce ou à l’échange des produits agricoles. Alliance Provence met en place, gère et fédère les Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne (A.M.A.P.), qui rassemblent des groupes de consommateurs et des agriculteurs dans le cadre d’une économie alternative et solidaire et d’une agriculture paysanne écologiquement responsable.
Contact : Gaëtan Vallée,
tél. : 04 94 98 80 00.
Site : www.allianceprovence.org

- Le Syndicat S.I.M.P.L.E.S., créé en 1982 en Cévennes, regroupe 80 producteurs-cueilleurs de plantes médicinales aromatiques, alimentaires, cosmétiques et tinctoriales, installés en zone de montagne ou dans des zones préservées. Ils suivent un cahier des charges (agréé en 1988 par le Ministère de l’Agriculture) très strict en ce qui concerne la protection de l’environnement, la préservation des ressources floristiques, la qualité de la production et le respect du consommateur.
Contact : Sylvain Turina,
tél. 06 62 50 24 80.
Site : www.syndicat-simples.org

- L’Atelier - Fondé en 1989, l’A.T.E.L.I.E.R.( Association Textile Européenne de Liaison, d’Innovation, d’Echange et de Recherche) est né de la volonté d’une coopération solidaire entre personnes souhaitant valoriser la laine et les fibres animales et en faire, de nouveau, un élément de développement local. Ses membres (éleveurs, tondeurs, petites filatures, artisans, fermes pédagogiques, etc.) travaillent la laine dans des régions dites « défavorisées ». Le besoin de se regrouper venait d’une même aspiration : faire des produits de qualité, en tirer un revenu acceptable et assurer des prix abordables aux clients, sans tomber dans le piège de l’exploitation d’autrui. Autant d’objectifs impossibles à concilier pour un producteur isolé. L’association née en France s’est étendue petit à petit à l’Europe. Une Charte définit des critères communs que chaque membre s’engage à respecter.
Contact : Marie-Thérèse Chaupin,
tél. 04 92 25 71 88.
Web : http://perso.orange.fr/atelier.laine

- RESEAU Ecobâtir - Le réseau Ecobâtir est un réseau d’acteurs de la construction écologique, qui s’engagent à adhérer et respecter une charte s’articulant autour de trois fondements :
- l’environnement et la santé : respect de l’environnement et de la santé des usagers et des constructeurs, lors de la fabrication, du transport et de la mise en oeuvre des matériaux ;
- les sociétés humaines et la nature des échanges économiques : prise en compte de la globalité des processus, équité et pratique de la coopération entre les acteurs ;
- les cultures et savoir-faire : respect des cultures constructives et des savoir-faire locaux.
Contact : Alain Marcom,
tél. 05 61 83 15 56.
Site : www.reseau-ecobatir.asso.fr

- ARESO - Association Régionale des Éco-constructeurs du Sud-Ouest - est une association de personnes motivées par l’acte d’écoconstruire, le désir d’écohabiter et le partage d’expériences sur ces thèmes. C’est un lieu d’échange de pratiques et de réflexions, laissant autant de place aux questions techniques qu’aux analyses théoriques, et où le débat est roi. Ses membres sont liés par une charte faisant référence à la conception bioclimatique et à la sobriété énergétique des bâtiments, à l’usage des matériaux naturels et des énergies renouvelables, à l’intégration de chaque chantier dans une économie le plus possible locale, à la valorisation des savoir-faire traditionnels mais aussi des innovations pertinentes, enfin à des valeurs d’équité sociale et de respect des personnes.
Contact : Alain Marcom,
tél. 05 61 83 15 56.
Site : www.areso.asso.fr

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25/02/2008

Le GMTV - Comment plumer le consommateur ? par Suez-Electrabel

En France le marché de l'énergie vient d'être libéralisé. Pour une petite idée des joies de la libéralisation énergétique, pourquoi ne pas jeter un coup d'œil sur la merveilleuse situation belge en la matière ? La libéralisation pour les particuliers y est effective depuis un an.

Donc, je vous "rassure", c'est le souk total . Au niveau des fournisseurs, il est très difficile de s'y retrouver, y compris et surtout pour ceux qui veulent de l'énergie dite verte et/ou une entreprise avec un minimum d'éthique.

Une chose est sûre, la libéralisation n'a ni simplifié les choses, ni diminué la facture (au contraire), ni vraiment développé les énergie alternatives L'image “http://www.eco-bio.info/forum/upload/style_emoticons/default/angry.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.. Depuis cet automne plusieurs mouvement issus de la société civile ou des médias tentent de se faire entendre et de faire bouger les choses.


Greepeace Belgique d'abord, qui mène une vrai guerre médiatique contre Electrabel (équivalent EDF en France).

Elle explique, dans ce petit clip, que les tarifs de l'électricité en Belgique sont parmi les plus chers d'Europe pour une sombre histoire de remboursement accéléré des centrales publiques... appartenant désormais à Electrabel.

"Une fois les centrales amorties, les ménages belges auraient dû bénéficier d'une facture d'électricité revue à la baisse. Il n'en a rien été. On aurait également pu consacrer les milliards d'euros de bénéfices réalisés suite à cet amortissement à un objectif profitant à l'ensemble de la collectivité. Il n'en a rien été.

A la libéralisation, on a "oublié" l'avantage acquis par Electrabel grâce à l'effort des ménages belges. Electrabel s'est positionnée dans un marché libéralisé comme étant l'heureuse propriétaire de centrales au charbon et de réacteurs nucléaires entièrement remboursés, ce qui lui conférait un avantage concurrentiel certain. De plus, en fermant les yeux sur ce transfert illégitime, les responsables politiques belges ont renforcé Suez, le groupe français à qui appartient aujourd'hui Electrabel. "

Or, ni Suez, ni Electrabel n'investissent réellement dans des énergies "vertes" en Europe. Elles leurs préfèrent le nucléaire et le charbon... L'État français, actionnaire majoritaire de Suez et fervent défenseur de l'énergie nucléaire, doit plutôt se réjouir de cette histoire .


Pour Greenpeace, cette concurrence faussée est un obstacle majeur
au développement d'un modèle énergétique durable en Belgique et en Europe.
Eletrobel

Merci Nicole


En octobre dernier, l'émission Question à la une de la RTBF, revenait également sur l'épineuse question du prix de l’électricité en Belgique un an après la libéralisation. 


Payez-vous votre électricité trop chère ? - Question à la une - RTBF

Leur conclusion sont claires : Electrabel est parvenu à maintenir sa position ultra dominante (80%) et le contrôle du marché est plus que lacunaire. L'émission continuait par un autre document édifiant expliquant  comment Electrabel tente d’orienter les recherches scientifiques dans les universités belges et à quel point elle joue de son influence jusqu’au sommet de l’Etat.


Des hommes politiques et des universitaires ont également envoyé une carte blanche au "gouvernement" insistant sur la nécessité d'un changement de cap énergétique : utiliser moins d'énergie, réduire la part du nucléaire en Belgique et ce, dès 2009. Ils pointent du doigt la main mise, par un monopole français, sur le secteur électrique belge.

Cette carte blanche est associée à la pétition

>>>"Changer de cap énergétique en réduisant le nucléaire au profit du développement durable !"


Enfin, en janvier dernier un édito de La libre insistait encore :

"Les consommateurs belges se retrouvent pieds et poings liés alors que la libéralisation a été un véritable flop. On paie ici un manque de vision et de courage politique depuis une vingtaine d'années et l'absence d'une stratégie ambitieuse de diversification des sources de production énergétique au bénéfice d'un opérateur historique dominant qui n'en demandait pas tant et dont le centre de décision a, qui plus est,... quitté notre pays. A un moment où Electrabel articule sa communication autour du concept porteur d'entreprise citoyenne et verte, il est temps que notre électricien mette ses engagements en conformité avec son discours."

Voilà où nous en sommes...  

Tout commentaire sur les fournisseurs alternatifs VERTS est bienvenu ;) Je suis toujours chez mon opérateur désigné et je ne veux pas y rester.

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07/02/2008

Des familles autosuffisantes menacées d'expulsion de leur propre terrain

>>> Aller directement à la pétition : Zapper le blabla

Aujourd'hui, en France, ce n'est un secret pour personnes, la crise du logement est plus que critique. Les prix des terrains, des maisons et des loyers sont devenus inaccessibles pour beaucoup. Les prêts se font sur des 30 voire 50 ans (autrement dit il faudra travailler plus, pour rembourser plus). C'est très vrai dans les grandes villes, ça l'est tout autant dans les campagnes. Les jeunes, en particulier les agriculteurs, ne peuvent plus s'installer : les terrains constructibles sont hors de prix, les autres suivent de près. Les campagnes se vident de leurs habitants. Les populations aisées des grandes villes, les touristes étrangers, s'approprient de plus en plus les montagnes, les régions boisées, les campagnes réputées calmes et agréables... l'État a des projets ambitieux de développement économique lié au tourisme, des projets de parcs de vacances se montent etc.


(c) Les Cabanes.com
"Nous construisons une maison en pierre, sans permis (qui peut aujourd’hui acheter un terrain constructible en Cévennes à 20 ans ?), c’est petit, mais suffisant, et imprégné de toutes ces pierres que nous avons aimées... quand viendra-t-on nous déloger nous aussi ??? pour faire plus de place sans doute à des personnes qui ne vivront là qu’une semaine par an ?"
Fialka, Cévénol
(commentaire laissé sur le site de la Picharlie)

Conséquence directe, en pleine crise du logement, la France détient le record des résidences secondaires (3 millions)... inoccupées pendant 88% du temps. En parallèle, une demande de logement social sur 3 est satisfaite et une population toujours croissante de travailleurs urbains a pour priorité quotidienne de se trouver un coin décent où dormir le soir même.  Une plus grande encore vit dans des conditions de logement épouvantables ou avec un surendettement très lourd.

En réponse à cet urgent et fondamental problème, ... les expulsions de locataires précaires ou de squatteurs se multiplient (elles ont augmentées de 45% de 2000 à 2006), les forces de polices sont de plus en plus appelées en renfort, parfois les pelleteuses et les bulldozers sont de la partie. Ce fut le cas cet été à la Picharlie, haut lieu de la résistance, inhabité depuis 70 ans. Ce hameau historique fut littéralement rasé pour en faire partir ses habitants qui le reconstruisaient illégalement depuis 5 ans. Cette destruction et la démesure des moyens employés a provoqué un profond émoi dans la région, que l'on soit pour ou contre les squatteurs.

Un projet de loi proposait même récemment de revenir à l'interdiction de vagabondage, autrement dit l'interdiction de dormir dans la rue sous peine d'amende, prison et confiscation des matelas et autres tentes...

Un autre habitat est-il possible ?

Lorsque l'on ajoute à ces difficultés de logement, le coût et la qualité de l'alimentation, l'urgence écologique, l'impression de ne pouvoir agir ni financièrement, ni politiquement et la perte de confiance dans le mirage miracle de la croissance et de la consommation à corps perdu... certains prennent des initiatives et cherchent à inventer de nouveaux modes de vie, à retrouver du sens dans cette course en avant.

Des jeunes isolés ou en couples, des familles, urbains ou du coin, réinvestissent les campagnes plus ou moins désertées, achètent s'ils le peuvent, rénovent écologiquement des ruines, auto-éco-construisent des logements. Ils ont la plupart du temps un potager (bio), des animaux et sont en grande partie auto-suffisants. Ils s'intègrent au tissu social de la région et travaillent souvent à temps partiel. Ils vivent HEUREUX et avec dignité de la simplicité volontaire avec peu de besoins matériels (autrement dit sans télé et playstation).

Oui mais... ces logements alternatifs ne sont pas toujours, voire jamais, aux normes urbanistiques et sont souvent confondus avec la cabanisation sauvage, faite n'importe comment. Utilisant des solutions énergétiques alternatives, des toilettes sèches, la phytoépuration des eaux grises, récupérant l'eau de pluie, etc. ils ne sont raccordés ni à l'eau, ni à l'électricité, ni à rien, et n'en ont pas besoin. Ces logement sont parfois prévus pour être facilement démontables, voire mobiles, ils ne possèdent alors pas de fondations et ne sont donc pas des constructions à proprement parler : ce sont les cabanes, yourtes, maisons en paille, roulottes, grottes,...

En conséquence, pour y vivre il faut des autorisations spéciales difficiles à obtenir (j'ai essayé, puis renoncé, à comprendre le code de l'urbanisme français et autre POS ou PLU). C'est apparemment un vrai parcours du combattant dès que l'on souhaite vivre autrement qu'entre 4 murs homologués. Enfin cela dépend des régions et des maires.

Je sais que certains d'entre vous ont ce genre de projet en tête, renseignez-vous le plus possible afin d'éviter ce qui arrive actuellement à plusieurs couples/isolés/familles : l'expulsion ! Si certains veulent témoigner de leur réussite ou échec en la matière, cela intéressera beaucoup de personnes !

Soutien à des familles autosuffisantes menacées d'expulsion

Or donc, le 15 février 2008 doivent êtres expulsées de leurs propres terrains (non constructibles) plusieurs familles ayant choisi ce mode de vie. Elles devraient être relogées en logement social. Cet avenir ne leur convient pas et elles ont besoin de soutien pour appuyer leur projet de vie.

Notre mode de vie est basé sur le respect d'autrui et de l'environnement. Nous avons choisi de ne pas surconsommer et de limiter au maximum notre participation à la pollution de la planète. Nous sommes actuellement bien logés, heureux, et parfaitement intégrés dans notre commune.

Nous revendiquons notre droit de choisir de vivre comme nous le souhaitons, sur des terrains nous appartenant, dans le respect d’autrui et de l’environnement. La seule solution que nous avons trouvé à ce jour est de déposer une demande de dérogation à titre expérimental pour une durée de 5 ans. Nous allons présenter des dossiers avant le 15 février expliquant notre mode de vie, notre respect de critères écologiques et citoyens, et joindre nos pétitions et courriers de soutien récoltés depuis début décembre.

Le regroupement de tous ces dossiers pourrait déboucher sur une demande de projet de loi... 

Personnellement, je suis contre la cabanisation sauvage, qui peut être extrêmement préjudiciable à l'environnement et dangereuse, mais je suis pour que des habitats et modes de vie alternatifs et écologiques se développent, en accord avec les lois, voire même avec des subsides de l'état. Si, comme moi, vous désirez apporter votre soutien à ces familles et montrer, par là même, que vous pensez que des personnes qui font ce choix de vie doivent pouvoir le faire et la loi être adaptée en fonction. Vous pouvez

>>> signer AVANT LE 12 FÉVRIER  la pétition en ligne <<<
Et/ou leur envoyer un message de soutien à   unptitboutdplaneteAThotmail.fr

(ne tenez pas compte des dates, ils devaient auparavant être expulsés pour Noël mais ont obtenu un délai). En mars, il y aura également le procès d’Éric, convoqué au tribunal correctionnel de Mende pour construction illégale d’un «habitat familial de type yourte».

Pour finir, une réflexion de l'association des HAbitants de Logements Ephémères ou Mobiles. On peut être d'accord ou pas, c'est un point de vue intéressant qui se défend.

Dans l’incapacité, à court ou à moyen terme, de proposer du travail à tous ses citoyens, ou même de les loger, notre société se doit de, au minimum, permettre à ceux qui choisissent ou qui acceptent des formes alternatives de survie d’aller de l’avant sans leur mettre des bâtons dans les roues et ce d’autant plus quand il s’agit de démarches respectueuses de l’environnement tant humain qu’écologique. [...] La légitimité de l’état repose sur un donnant-donnant équitable. C’est sur cette réciprocité que se construit la nécessaire confiance qui fait que les citoyens acceptent de porter le poids de l’état en contrepartie d’une certaine sécurité. Le logement fait partie de cette sécurité. Il est irrecevable qu’un état, au niveau de développement et de richesse où se trouve la France, ne veuille ou ne puisse remplir ce contrat. Il est inacceptable que devant cet état de fait, il aille plus loin en entravant des initiatives spontanées qui tendent à apporter des éléments de réponse immédiatement applicables.

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31/01/2008

Triste nouvelle pour la biodiversité et la sécurité alimentaire

J'hésite entre profonde colère et lassitude abyssale. Voilà en effet une bien triste nouvelle concernant la saga Kokopelli-Baumaux.

Pour rappel, l'Association Kokopelli a pour but :

  • de remettre en valeur, dans les pays Européens, une collection planétaire d'anciennes variétés pour les potagers et jardins, et de la rendre de nouveau accessible aux jardiniers.
  • d'oeuvrer dans les Pays du Sud à la mise en valeur de techniques d'agriculture durable par le don de semences traditionnelles ainsi qu'à la mise en place de réseaux paysans de production de semences et de centres de ressources génétiques.

Fin 2005, la société Graine Baumaux, bien connue des jardiniers, a porté plainte contre cette association d'utilité publique pour concurrence déloyale.

Pour ceux qui ont raté cette épique saga, lisez :

Les verdicts sont tombés...

Kokopelli: biodiversité, la fin des illusions

L’Association Kokopelli est lourdement condamnée :

  • 12.000 € pour le grainetier Baumaux
  • 23.000 € pour l’état et la fédération des industriels de la semence (FNPSPF).

Il faut être réaliste : les semences que défend l’association Kokopelli, étant maintenues dans l’illégalité par une volonté politique, nous ne pouvions pas gagner ces procès.

Malgré les directives européennes, les avis de l’ONU, du Sénat, de scientifiques, d’agronomes affirmant l’urgence de sauvegarder la biodiversité végétale alimentaire, l’état français refuse de libérer l’accès aux semences anciennes pour tout un chacun.

C’est ce qui permet aujourd’hui aux magistrats d’infliger ces lourdes peines à l’association Kokopelli.

Dans le cas du procès de la SAS Baumaux pour concurrence déloyale, M. Baumaux verra donc son bénéfice de 800.000 € augmenté de 10.000 € et recevra 2.000 € pour ses frais.

L’état français recevra 17.500 € au motif que KOKOPELLI vend des semences illégales, 5.000 € seront consacrés aux frais et à l’information du bon peuple sur les pratiques dangereuses de l’association KOKOPELLI. Les semences qui ont nourri nos grands-parents et qui servent à nous nourrir aujourd’hui par le jeu des croisements, sont donc devenues illégales et dangereuses.

Nous avons eu droit au Grenelle de l’environnement : il faut sauver la biodiversité ! alors pourquoi condamner une association qui sauvegarde avec ses adhérents et ses sympathisants, plus de 2500 variétés en risque de disparition ? Pourquoi condamner ces semences dont la FAO reconnaît qu’elles sont une des solutions pour assurer la souveraineté alimentaire, face aux dérèglements climatiques et à l’augmentation de la population mondiale ? Pourquoi les mêmes variétés, selon qu’elles sont vendues par KOKOPELLI ou d’autres opérateurs entraînent condamnation ou mansuétude ? Pourquoi les grandes surfaces vendent des fruits et légumes issus des variétés interdites à KOKOPELLI, en toute impunité (en tout cas à notre connaissance).

Les condamnations infligées à KOKOPELLI ne sont donc pas à chercher dans la nature des semences que protège l’association, mais dans ses actions.

L’association propose aux jardiniers, aux paysans, d’être autonomes et responsables, face au vivant. Dans notre société du tout marchandise, c’est intolérable. Le plus grand grief (sous jacent) fait aux semences anciennes ou de pays, est d’être reproductibles et qui plus est adaptables à de très nombreuses conditions de cultures, sans le soutien de l’agro chimie. Voilà la faute de KOKOPELLI : conserver le levain des savoirs populaires, agronomiques et génétiques. A l’heure où l’on veut nous faire croire que le tout hybride, OGM, chimique, énergie fossile, sont les seules possibilités d’assurer notre alimentation, propager l’autonomie semencière par l’exemple est devenu répréhensible. Ce qu’il faut retenir de ces condamnations, c’est la volonté affichée d ‘éradiquer les alternatives techniques et semencières autonomes.

Depuis 15 ans, KOKOPELLI protège la diversité de nos jardins, de nos champs, de nos assiettes, tout en essayant de faire évoluer le cadre juridique vers une reconnaissance de la valeur agronomique et culturelle des variétés reproductibles : L’ETAT FRANÇAIS NOUS A FAIT ECHOUER. Aujourd’hui, la disparition potentielle de KOKOPELLI ouvre un boulevard à l’uniformisation culturelle et productiviste agricole. La disparition de la « vraie » biodiversité basée sur la variabilité génétique d’une multitude de variétés locales ne sera jamais, et de très loin, compensée par la multiplicité de quelques variétés clonées.

Il est intéressant de noter la similitude des actions et de la répression envers les faucheurs volontaires, les amis de l’ortie, les défenseurs de l’herboristerie et KOKOPELLI : chacun cherche à sa façon, à protéger et promouvoir la vie et la continuité des savoirs. Pour notre gouvernement, tout cela est devenu répréhensible ! Face à ses contradictions, entre ses déclarations enflammées du Grenelle de l’Environnement et les condamnations qu’il obtient contre les défenseurs de la biodiversité, gageons que l’état français mettra un point d’honneur à prendre en réelle considération le devenir des générations futures.

L’association KOKOPELLI a toujours proposé la résistance fertile non violente et le dialogue, peut-être étions-nous trop en avance ? Mais maintenant, sauver la biodiversité est d’une extrême urgence. Si l’agriculture productiviste que protège le gouvernement se trompe, vous trompe, nous trompe, quelle stratégie de repli aurons-nous ? Si nos élus ont contribué à éradiquer notre patrimoine semencier alimentaire ?

La solution est dans votre camp, mesdames et messieurs nos gouvernants. Une fois, vous avez pu revendiquer « responsables, mais pas coupables ». Devant la faim du peuple, cet argument ne tient pas.

N’obscurcissez pas l’avenir, il l’est déjà suffisamment.

Mais peut-être faut-il lancer un appel : aux semences, citoyens !

Raoul Jacquin

Association Kokopelli

http://www.kokopelli.asso.fr/

Ceux qui avaient décidé de boycotter Baumaux suite à cette affaire, peuvent continuer. Continuez surtout à reproduire et diffuser vos graines, qu'elles soient ou non au catalogue, donnez-les, échangez-les, à vos voisins, à vos amis, investissez les forums de jardinage, swappez des graines. Ce patrimoine est à NOUS, ou plutôt nous en sommes les dépositaires. Ne nous laissons pas déposséder de notre droit à (re)produire gratuitement notre nourriture, nos légumes, nos engrais verts, nos fleurs, à conserver les milliers de variétés que l'agro-industrie continue de faire disparaître de nos paysages... Sauvons la biodiversité, les abeilles, notre survie. Merci Kokopelli.

PÉTITION POUR SOUTENIR KOKOPELLI
http://www.cyberacteurs.org/actions/action.php?id=194

Vous pouvez aussi, si ce n'est encore fait, signer la pétition "libérons les semences"

Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent agir et qui refusent d'intervenir. Albert Einstein

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