Pour ceux qui ne la connaissent pas l' Association Kokopelli a pour finalité :
  • de remettre en valeur, dans les pays Européens, une collection planétaire d'anciennes variétés pour les potagers et jardins, et de la rendre de nouveau accessible aux jardiniers. A ce jour, ce sont 2000 variétés ou espèces qui sont distribuées par l'association, dont 550 variétés de tomates, 300 variétés de piments doux et forts, 130 variétés de laitues, 150 variétés de courges, 50 variétés d'aubergines, etc.
  • d'oeuvrer dans le Tiers-Monde à la mise en valeur de techniques d'agriculture durable par le don de semences traditionnelles ainsi qu'à la mise en place de réseaux paysans de production de semences et de centres de ressources génétiques.

Elle a été créée, durant le printemps 1999, pour reprendre le flambeau de Terre de Semences qui oeuvrait, depuis 1994, à la protection de la biodiversité et à la production et distribution de semences issues de l'agriculture biologique et biodynamique. Terre de Semences avait elle aussi subi de nombreuses pressions.


(c) Kokopelli

On se demande bien pourquoi ? Une association de ce type devrait être reconnue d'intérêt public et financée par l'Etat ! Mais alors... pourquoi ? Pour vous expliquer un peu l'univers kafkaien des graines et semences, voici quelques  citations du journaliste Fabien Gruhier (voir aussi : Le catalogue national : une nuisance agricole de plus).

En France toute variété végétale non inscrite au catalogue officiel du GNIS (Groupement national interprofessionnel des Semences) est formellement interdite d’emploi. On n’a pas le droit d’en commercialiser les semences, ni encore moins les produits. Aucun maraîcher ne peut légalement proposer à la vente - même sur un tout petit marché artisanal, même s’il les a cultivés lui-même dans son jardin - des fruits ou légumes appartenant à ces variétés, bien de chez nous mais absentes de ce fameux catalogue officiel. Lequel catalogue se débarrasse chaque année d’espèces multiséculaires, pour faire place aux fameuses obtentions sélectionnées, et brevetées, des multinationales de la graine juteuse.

Aujourd’hui, au lieu de milliers ou même de centaines, les variétés « légales » ne se comptent plus, pour chaque espèce de fruit, légume ou fleur, que par petites dizaines, seules lucratives, et donc seules homologuées. Le catalogue officiel des plantes autorisées ne comporte plus qu’un petit 2% de variétés du domaine public.

Le 1er janvier 1998, un arrêté ministériel fut publié au « Journal officiel » en France, pour autoriser, par dérogation, la diffusion de « variétés anciennes pour jardiniers amateurs ». Mais à quelles conditions ! Il faut d’abord prouver que la variété a plus de vingt ans d’âge - chose le plus souvent impossible dans la mesure où la plupart de ces plantes, cultivées depuis des siècles mais strictement locales, sont « sans papiers » : elles ne bénéficient d’aucun pedigree écrit. Il faut encore que la variété, candidate à cette tolérance, soit constamment cultivée, afin de permettre à tout moment les inspections officielles. Enfin, il faut payer pour chacune d’entre elles un droit d’enregistrement de 1 450 francs. On imagine l’addition, puisqu’il s’agit de protéger des dizaines de milliers de cultivars... 

Pour Dominique Guillet de Kokopelli, c’est niet ! « Pas question de payer (1 450 francs par variété ! Et avec quel argent ?) pour la sauvegarde d’une biodiversité qui est d’intérêt public, et qui devrait donc au contraire être subventionnée. » Pas question non plus d’avaliser cette limitation aux seuls jardiniers amateurs - ce qui reviendrait à priver le public de fruits et légumes très goûteux.

Par ailleurs, la directive européenne de 1998 (98/95/CE) permet d'assouplir les critères d'inscription au catalogue national pour les variétés adaptées à des habitats spécifiques et menacées d'érosion génétique et pour les variétés de semences et plants adaptés à l'agriculture biologique. Cette directive européenne n'a pas encore été traduite en droit Français.

Depuis, les semenciers qui promeuvent la diversité des semences ont subi des pressions et des tracasseries administratives pendant des années et il semblerait maintenant que l'offensive passe la vitesse supérieure et tente de faire des exemples, voire une jurisprudence.

Depuis 2004, les agents de la Répression des Fraudes intensifient leur pression. En novembre 2005,  une petite coopérative (Biotope) a été condammée à payer une forte amende pour la vente de plantes sauvages condimentaires ou médicinales (pétition)!!!! Et ne parlons pas, en novembre toujours, des attaques de Monsanto vis à vis de la confédération paysanne.

Et en décembre 2005, la société Baumaux dépose plainte contre Kokopelli.

Morceaux choisis de la plainte de Baumeaux...

Sorry pour les fautes, elles sont d'origine.


"Droits de l'homme"
C'est contraire à la liberté du commerce

Qu'en effet, il n'est pas difficile de se démarquer de la concurrence en faisant valoir l'exclusivite de la vente de certains produits lorsque ceux ci sont interdits à la commercialisation,
Que les clients ne peuvent trouver ces semis et plants impropres a la commercialisation que par le biais de la marque KOKOPELLI,
Que l'excuse selon laquelle cette association vient defendre un patrimoine de graines oublie n'est en rien fondee,
Qu'en effet meme si d'anciennes varietes potageres ne sont plus proposees a la vente car la demande par la clientele professionnelle ou amateur est inexistant, ces varietes n'en sont pas pour autant menacees de disparition mais precieusement conservees dans des centres de ressources genetiques.
Qu il y a lieu, eu egard a l importance des plantes ainsi commercialise de voir cette association condamnee a verser a la somme de 50 000 euros en reparation du prejudice subi par la Societe GRAINES BAUMAUX.
Que compte tenu de la recurrence des faits et de la mauvaise foi qui s en suit, elle sera condamnee sous astreinte de 100 euros par jour de retard, a compter de la signification du jugement, a retirer toute publicite ou catalogue sur support papier ou sur Internet, pour des produits dont la vente n est pas autorisee par la legislation française et Europeenne,
Qu il y a lieu de voir condamner l association KOKOPELLI a ses frais, a la publication du jugement a intervenir dans un journal d annonce legal national.
Qu il y a lieu de voir condamner l Association KOKOPELLI au payement d une somme de 2000 euros au titre de l'article du N.C.P.C

Sur son catalogue, cette société fait aussi preuve d'une hypocrisie et d'une méconnaissance crasse des dangers qui pèsent sur la biodiversité des semences. Sans parler de leur manque de respect envers Kokopelli, non cité mais facilement reconnaissable.

Que faire ?

Il est inadmissible de poursuivre Kokopelli tant que les lois ne permettent pas de faire le travail d'utilité publique qu’elle réalise dans des conditions juridiques adaptées. C’est l’industrie semencière qui s’est rendue coupable de concurrence déloyale et de tromperie du consommateur, en prétendant que seules ses variétés seraient bonnes à cultiver. Ce sont les lois sur les semences qu'il faut changer afin que les paysans et les jardiniers puissent ressemer le grain récolté, conserver, échanger et sélectionner euxmêmes les semences qui leur permettent de rester indépendants des pesticides, des hybrides stériles et des OGM. 
Réseau semences paysannes.

De très nombreux clients de Baumaux, qui sont souvent les mêmes que ceux de Kokopelli d'ailleurs, ont réagi très vivement, et avec raison, en écrivant à la société et en demandant la suppression de leurs données du fichier client de Baumaux. contact@graines-baumaux.fr. Vous pouvez faire de même (au moins exprimer votre opinion) avec copie à dominique@kokopelli.asso.fr et aussi signer la pétition "libérons les semences" de Kokopelliet  et la pétition pour sauver les semences paysanes.

Nous convions tous les jardiniers à semer encore plus de semences interdites, à les donner, à les échanger. Nous les convions à produire de jeunes plants de variétés interdites afin de les distribuer dans leur entourage. Nous les convions à produire de la semence non certifiée pour le don aux pays les plus pauvres. Nous convions les jardiniers les plus audacieux à disséminer des semences de tomates, de courges, de laitues interdites dans les terrains vagues, le long des voies de chemin de fer, le long des talus, dans les friches... Résistons fertilement sinon, dans quelques années, il n’y aura plus de semences libres mais seulement des organismes génétiquement modifiés et des hybrides F1. Résistons fertilement sinon, dans une dizaine d’années, le jardinage familial sera interdit pour cause d’homogénéisation : il sera devenu une activité à haut risque bactérien et sociologique.
Dominique Guillet - Association Kokopelli

PS. Je ne connais pas la situation en Belgique. Semaille, chez qui j'achète mes graines, est-elle aussi menacée ?

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