Communiqué de l'Association Kokopelli relatif aux attaques de la société Graines Baumaux.
Par Raffa le 05/03/2006, 00:00 - Au jardin - Lien permanent
, je ne fais que relayer l'information.
Suite de l'affaire Kokopelli/Baumaux dont je vous ai parlé dans l'article Menace sur la biodiversité potagère
En préambule, nous souhaitons affirmer qu'il n'est pas question que nous sombrions dans une guerre de communiqués. Nous rappelons que c'est la société Baumaux qui nous a attaqués en justice ainsi que dans son catalogue, et ainsi que dans divers communiqués envoyés par courrier électronique. Ces derniers communiqués, d'ailleurs, ne brillent pas par leur courtoisie et témoignent d'un certain acharnement à notre égard.
L'Association Kokopelli n'a jamais prétendu à la perfection: nos objectifs sont la libération de la semence, de l'humus et de l'homme. Nous faisons ce que nous pouvons avec très peu de moyens financiers alors que des sommes colossales d'argent public sont gâchées en recherches bio-technologiques, créations de chimères génétiques et création de variétés soit-disant modernes qui puissent résister aux agressions de la chimie lourde qui détruit nos sols inexorablement et tout autant la santé humaine.
Tout d'abord précisons que les attaques de Philippe Baumaux, en date de décembre 2005, sont lancées quelques mois après la publication de la cinquième édition de l'ouvrage de Dominique Guillet "Semences de Kokopelli" dans lequel (page 17) celui-ci tire un coup de chapeau aux pionniers de la biodiversité potagère que furent Sylvia Schmidt (Biau Germe), Philippe Desbrosses (Sainte-Marthe) et Philippe Baumaux (graines Baumaux). En ce qui concerne ce dernier pionnier, ce coup de chapeau nous a valu des décharges d'artillerie lourde!!
En effet, on ne peut oublier, qu'une dizaine d'années en arrière, Mr. Baumaux était lui même confronté à un certain nombre de tracasseries administratives (et il l'évoquait amplement sur une exposition telle que celle du château de St Jean de Beauregard dans l'Essonne) au regard des très nombreuses variétés potagères illégales présentées dans son catalogue. Illégales s'entend en relation avec le cadre législatif mis en place par un certain nombre de structures impulsées par le Maréchal Pétain en 1941.
Quelle est donc la contrepartie obtenue par Monsieur Baumaux pour un tel changement d’attitude ?
De la Désobéissance Grainetière Civile
Mr. Baumaux, par la suite, a résolument cautionné une procédure d'inscription des variétés dans une liste dite "pour amateurs". Quelle ne fut donc pas notre stupéfaction de découvrir dans la dernière édition de son catalogue de semences une pléthore de variétés potagères ne figurant dans aucun des catalogues nationaux de la Communauté Européenne. [...] l'Association Kokopelli se réjouit de la présence de telles variétés dans la gamme de notre confrère et ne peut que remercier Philippe Baumaux de participer à nos dynamiques de désobéissance civile semencière.
Catalogue officiel pour variétés amateurs.
Suite à un récent courrier expédié par la société Baumaux en réponse aux innombrables protestations émises par les jardiniers, nous souhaitons apporter les précisions suivantes:
- l'inscription des variétés dans la liste amateurs est résolument payante et, à l'époque, de 1450 FF par variété (aujourd’hui 242.90 euros). Si Mr. Baumaux n'a pas à eu à débourser un franc pour l'inscription de variétés anciennes, ce n'est pas grâce à l'émouvante générosité du GNIS et de la FNPSP mais bien plutôt grâce au travail d'information, de communiqués de Dominique Guillet et à la fermeture de Terre de Semences. Ces communiqués, à l'époque, ont alerté l'opinion publique, la presse a relayé les informations, ce qui a généré un certain embarras au sein de certaines structures. Depuis lors, d'ailleurs, le GNIS s'est doté d'un site web miroitant de protection de biodiversité ... et de double-langage!
- nous avons "pris le maquis" suite à notre refus de payer et surtout de cautionner les divers points du décret de décembre 1997: impossibilité de vendre aux maraîchers (et à ceux-ci de vendre les produits issus de semences de populations), DHS (Distinction, Homogénéité, Stabilité) avec un formulaire UPOV en 22 points (ne pouvant être rempli que par une structure spécialisée et générant des frais conséquents : 1500 euros par variété), etc... Pour plus d'informations, consulter l'article de Dominique Guillet: "Le catalogue national, une nuisance agricole de plus?"
- suite à l'argument ressassé de protection des consommateurs, afin de protéger "l'authenticité", nous ne pouvons que répéter notre question: la nature du consommateur Français est-elle telle qu'il faille le protéger contre des dangers (de fraude, de falsification, de fausse dénomination) qui ne peuvent pas assaillir les consommateurs dans d'autres pays, tels que les USA et le Canada.
Dans la rubrique "chaudron qui traite la marmite de cul-noir"
- Mr. Baumaux reproche à Kokopelli de distribuer des variétés de tomates avec des dénominations simplistes : "Rose du Japon" et "Large Pink Bulgarian", par exemple. Dans la propre gamme de Mr. Baumaux, nous trouvons les variétés de tomates "Russe", "Noire de Crimée", "Yellow Giant Belgium", "Purple Russian", etc, etc... Sans commentaires.
- Mr. Baumaux reproche à Kokopelli de distribuer des variétés de tomates de création récente. Il est clair dans notre ouvrage que les variétés Green Zebra et Green Grape ont été créées par Tom Wagner de Tater Mater Seeds en Californie en 1985. Notre propos est bien sûr de sauvegarder des anciennes variétés mais surtout de promouvoir une liberté totale face à la mafia qui détruit cette planète. Cela veut dire que nous avons adopté résolument un certain nombre de variétés récentes de pollinisation ouverte. D'ailleurs, en passant, les variétés Green Zebra et Green Grape (Raisin Vert), inscrites en janvier 2000 dans la liste amateurs, ne satisfaisaient pas aux règles du décret de décembre 1997 car elles avaient moins de 15 années d'âge! Soit dit, encore en passant, la variété (géniale) Green Zebra fut proposée par un catalogue pour maraîchers d'une filiale de Limagrain au mépris total de ce même décret qui stipule que ces variétés sont interdites à la vente aux professionnels!
- Selon Mr. Baumaux, la moitié de nos tomates seraient très courantes aux USA (et donc pas en danger d'extinction) et l'autre moitié seraient des variétés inconnues de Russie. Les collections de tomates anciennes auraient-elles participé à la réconciliation des deux blocs?
De toutes façons, le propos de Kokopelli n'est pas l'exclusivité.
Du mélange des genres.
Mr. Baumaux implore les grâces divines afin que nous ne mélangions pas les combats des potagères avec les plantes dites de grande culture. Tout cela est hautement risible.
Pourquoi donc? C'est la même bande de multinationales biocidaires qui est en train de prendre le contrôle de toutes les semences sur la planète. Aujourd'hui, ce sont 5 multinationales qui contrôlent 75 % des semences potagères. Monsanto, de par son rachat de Séminis, en février 2005, est devenu le n°1 de la semence mondiale. Séminis, à elle seule, contrôle 40 % des semences potagères en Amérique du nord et 20 % des semences potagères de la planète!!
C'est bien le même Monsanto qui est en train de vouloir inonder l'Europe de ses maïs génétiquement modifiés et de ruiner toutes les agricultures traditionnelles des pays les plus pauvres.
Au moment où nous écrivons ces lignes, nous parviennent des messages d'alerte quant aux nouvelles lois que le gouvernement Français est en train de faire voter relativement à la semence et qui vont priver les paysans du peu de liberté semencière qu'il leur restait et quant aux nouvelles législations mises en place relatives aux chimères génétiques alors que 80 % du peuple de France n'en veut strictement pas.
Mr. Baumaux fait dans l'aphorisme et pense qu'il n'y a pas de libertés sans contraintes. De quelles libertés parle-t-on? De la liberté de la mafia des multinationales qui détruisent impunément la planète de leurs agro-toxiques?
Mr. Baumaux affirme qu'un amateur peut produire ses semences et les offrir gracieusement (et pourtant MR. Wohrer du GNIS nous avait affirmé le contraire). Soyons positifs, admettons-le, mais pour combien de temps encore? Pourquoi interdit-on alors aux paysans de le faire?
Mr. Baumaux affirme qu'un amateur a accès aux ressources génétiques. Des mots. Vu la prolixité plumitive de Mr Baumaux, nous aimerions avoir le texte écrit de cette mansuétude.
Campagne Semences sans Frontières et Adoption.
Nous tenons à préciser que le peu de subventions que nous avons obtenues de fondations n'ont pas été attribuées par des gens stupides éblouis par quelques variétés de piments. Ces subventions sont en priorité dévolues à l'établissement de dynamiques de résistance semencière fertile dans les pays dits du Tiers-Monde. Pour Kokopelli, la liberté de mettre en place des pratiques réellement durables d'agro-écologie est tout aussi importante que la protection de la biodiversité. Une protection de la biodiversité alimentaire ne peut se concevoir avec une humanité enchaînée. Kokopelli, rappelons-le, a mis en place trois dynamiques dans le Tiers-Monde:
- don de semences: nous distribuons des semences bios littéralement sur toute la planète.
- organisation d'ateliers et de séminaires de production de semences pour autonomiser les paysans (tant en France, d'ailleurs, qu’à l’étranger).
- création de centres de productions de semences et de réseaux paysans semenciers pour libérer les paysans du joug de la mafia des multinationales.
Précisions sur la gamme de Kokopelli
* Mr Baumaux, (dont la quasi totalité des semences proviennent de l'agriculture toxique, ne l'oublions pas) nous reproche d'acheter quelques variétés de semences bios à Suba e Unico en Italie parce que cette société vend aussi des semences non-bios.
- Ces semences sont certifiées bios.
- Nous pourrions acheter les mêmes variétés de semences ( carotte de Nantes, betterave ronde de Détroit ) à un catalogue Italien qui ne vend que des semences bios et biodynamiques. Cependant, ce même catalogue les achètent lui-même à Suba e Unico et nous les vend en faisant une marge bénéficiaire. Nous préférons les acheter directement à moindre prix.
- Sur notre gamme de 1500 variétés, ce ne sont qu'une vingtaine de variétés que nous achetons chez Suba e Ubico en Italie. Ce sont des variétés très communes. Nous pourrions demander à nos petits producteurs de les cultiver. Pourquoi ne le faisons-nous pas? La raison en est-très simple: le nombre de nos producteurs est tellement limité que nous préférons demander à un producteur Kokopelli de nous cultiver des semences de carotte violette plutôt que des semences de carotte nantaise. Un producteur ne peut cultiver qu'une variété de carotte ou qu'une variété de radis ou qu'une variété de navet ou qu'une variété de chicorée amère pour éliminer totalement les risques de croisements inter-variétaux naturels.
* Mr Baumaux nous donne des leçons de vertu quant à certaines variétés qui seraient des "obtentions". Les grands mots sont lâchés. Et Mr Baumaux de citer des variétés de choux, d'oignons, etc.
- Certaines des variétés citées sont des semences provenant de l'Allemagne et de l'agriculture bio-dynamique. Il est fort possible que les semenciers bio-dynamiques Allemands soient en contrat avec des petites maisons semencières rachetées par des grands groupes. Nous n'avons pas les moyens de pousser nos enquêtes aussi loin.
- La variété d'oignon Sturon, mentionnée avec fracas comme étant en relation avec la société Syngenta, est considérée du domaine public par l'édition 2004 du catalogue du GNIS.
* Nous souhaitons aussi attirer l'attention sur le concept d'obtention. Ces "obtentions" ne sont pas tombées du ciel. Elles sont issues de variétés traditionnelles. Elles sont parfois conçues pour résister aux assauts de la chimie moderne, de l'agriculture toxique. On ne peut que répéter que les résistances (supposées) de ces "obtentions" modernes sont liées à une augmentation vertigineuse des pathologies végétales et que la courbe d'augmentation de ces pathologies est parallèle à la courbe d'augmentation de produits agro-toxiques durant les 50 dernières années. Ce n'est pas une coïncidence. Plus l'agriculture toxique inonde les champs de poisons et plus des pathologies végétales nouvelles se manifestent et plus il faut "créer" de "nouvelles variétés résistantes". C'est un cercle vicieux. Tout le monde y perd, (les paysans, la planète, la santé humaine) sauf les multinationales de la chimie et les grainetiers qui s'engraissent.
* Si tant est qu'il faille créer des "obtentions" végétales, peut-être cela devrait-il être une des tâches de l'agronomie d'état? En fait, la recherche publique dépense beaucoup d'argent à cela et quand le travail est presque fini, il est confié aux grands groupes semenciers "sérieux" (CF. L'article sus-cité de Jean-Pierre Berlan, directeur de recherches INRA, ainsi que l'ouvrage de Dominique Guillet). C'est la définition que nous avons donnée de la "Recherche Publique": c'est la recherche financée par la France d'en-bas pour accroître les profits de la France d'en-haut. Selon Mr. Berlan: "La recherche publique s'inscrit dans une division du travail scientifique. On lui confie les travaux de ce qui n'est pas directement rentable afin de laisser à la recherche privée les étapes finales conduisant au marché et au profit."
* Précisons qu'une grande partie des obtentions modernes ne sont que du vent ou plutôt du marché. Nous mettons quiconque au défi de prouver la distinction des 400 variétés hybrides F1 de tomates du catalogue national Français (2004) dont 301 variétés ont moins de 10 années d'âge (pour plus de précisions, se reporter à la page 603 de "Semences de Kokopelli"). Selon Henri Laterrot et Jacqueline Philouze, auteurs du chapitre sur les tomates dans l'ouvrage Histoire des Légumes (Editions INRA): "Le turn-over variétal est très rapide, la concurrence entre établissements de sélection, très dure". En clair, un marché de loups dont les fondements ne sont pas l'agronomie mais le marketing.
Kokopelli en justice.
Nous ne souhaitons pas alourdir ce communiqué avec nos commentaires relatifs à l'attaque de Philippe Baumaux, dans son catalogue (défonceurs de portes ouvertes, collectionneurs d'antiquités aztèques, etc,). Et ce pour la même raison que nous ne répondrons plus aux calomnies proférées par Mr. Baumaux sur le net. Nous les laisserons rebondir.
Nous allons, cependant, apporter des précisions quant aux attendus de l'assignation en justice de décembre 2005. D'ailleurs, de très nombreux adhérents et amis de Kokopelli ont fait de ces attendus des analyses très circonstanciées dont nous ne pouvons que nous inspirer.
- Selon ces attendus, la société Baumaux "a sauvé de la désuétude de nombreuses graines anciennes". De la désuétude?
- Selon ces attendus, la société Baumaux "s'est toujours conformée aux diverses obligations légales et réglementaires". Rappelons tout simplement que la société Baumaux a inscrit ses premières variétés de désuétude en janvier 2000. Pendant combien de nombreuses années, ces variétés ont-elles été présentées dans le catalogue Baumaux en dehors de toute réglementation? Ce qui est d'ailleurs, de notre point de vue, tout à l'honneur de Philippe Baumaux!! Mais qu'il ne nous reproche pas ce que lui-même a fait pendant si longtemps.
- Selon ces attendus, la société Baumaux "a à de nombreuses reprises fait inscrire au catalogue officiel moyennant finance de nombreuses graines et plantes". Dans un de ces derniers communiqués, pourtant, Mr. Baumaux affirme que l'inscription a été gratuite.
- Selon ces attendus, "les professionnels français des semences ont préservé un grand nombre de variétés potagères, une richesse environnementale et culturelle unique." Il suffit de se reporter à la cinquième édition de "Semences de Kokopelli" pour prendre conscience que c'est un mensonge. Selon les experts de la FAO, nous avons perdu 98 % des anciennes variétés potagères en un siècle en Europe. En fonction des tendances actuelles, il ne restera que des hybrides F1 dans le catalogue officiel Français dans une vingtaine d'années.
- Selon ces attendus, l'association Kokopelli s'enrichit et fait de la concurrence déloyale à Baumaux avec des variétés dont "la demande par la clientèle professionnelle ou amateur est inexistante". Bravo Kokopelli! Non seulement nous sommes des défenseurs de la biodiversité, mais en plus nous excellons à commercialiser des semences à des jardiniers inexistants. Nous pourrions peut-être proposer notre candidature pour un nouveau prix Nobel, celui du jardinage métaphysique: de l'art de semer des semences non-référencées dans un jardin non-existant et d'en récolter quand même des légumes.
- Selon ces attendus, l'association Kokopelli propose des produits "éventuellement dangereux" et des "plantes susceptibles de se développer sur un continent qui n'est pas le leur". Comment ces variétés qui ont nourri nos prédécesseurs, et sont les pré-bases des variétés actuelles, peuvent-elles être toxiques ? Mr. Baumaux confond: ce ne sont pas les variétés traditionnelles de tomates qui sont dangereuses, mais bien les chimères génétiques et tous les produits archi-toxiques et générateurs de cancers qui ont été utilisés par une agriculture qui se veut maintenant raisonnée (et encore polluante) mais qui a été irraisonnée pendant des dizaines d'années avec la haute bénédiction de la science agronomique moderne.
De plus, que dire alors de toutes les variétés florales et ornementales exogènes, (herbe de la pampa…) et tous les pesticides dont le catalogue Baumaux est truffé?
Si on retire de nos assiettes toutes les espèces alimentaires qui ne sont pas originaires de notre continent, il ne va pas nous rester grand chose, juste des glands et des sangliers! (Nous avons failli nous prendre pour des irréductibles Gaulois face à l'Empire des Monstersanto et autres multinationales biocidaires. ). Avec quelques plantes, quand même, en plus, pour le dessert: du seigle, de l'arroche, de la betterave mais pas assez diversifiées pour avoir permis ce fleuron de la culture Française qu'est notre cuisine traditionnelle. - Selon ces attendus, "ces variétés n’en sont pas pour autant menacées de disparition mais précieusement conservées dans des centres de ressources génétiques. Qu’elles peuvent se révéler essentielles dans les années à venir en matière d’alimentation, de santé et servir à l’obtention de nouvelles variétés avec des qualités bien spécifiques". La référence à la conservation précieuse dans des centres de ressources génétiques frise la science-fiction et pourrait peut-être constituer l'objet d'un film "L'Odyssée de l'Espèce". De toutes façons, il est de notoriété publique que les variétés conservées in frigo et in vitro dépérissent génétiquement, et deviennent inadaptées à des utilisations in situ. Quant à leurs qualités futures en matière d'alimentation, parle-t-on de ces mêmes variétés de Kokopelli considérées, selon les mêmes attendus, dangereuses pour le consommateur?
- Selon ces attendus, "en se conformant a la réglementation en vigueur, la Société Graines BAUMAUX dispose nécessairement d un choix plus limite a proposer a ces clients". Parlons-nous encore de cette même clientèle non-existante?
- Selon ces attendus, "cette manœuvre est destinée à accroître en apparence au moins, la variété des graines mise à la disposition du consommateur mais surtout le chiffre d’affaires de l’Association KOKOPELLI". Non seulement, proposons-nous des semences à des consommateurs inexistants mais en plus nous n'augmentons l'étendue de notre gamme, qu'en apparence. Mr. Baumaux veut-il dire que nos variétés sont inexistantes?
- Quant à notre chiffre d'affaires, il est très modeste et notre comptabilité est effectuée par un cabinet d'experts-comptables, sis dans le Gard. Ce chiffre a été de 579 335 euros (hors TVA) pour l'année 2004 dont 40 % à peu près sont générés par la vente de l'ouvrage de Dominique Guillet, les adhésions et quelques soutiens de fondations pour nos actions Tiers-Monde. Nous rassurons nos amis et adhérents: à ce jour, aucune multinationale de la semence n'a tenté une OPA sur Kokopelli.
En conclusion
Il nous semble important de mettre en valeur que les systèmes logiques, les paradigmes, les fondements de Baumaux et de Kokopelli sont très dissemblables.
Mr. Baumaux, dans une page internet du GNIS, s'exprime comme suit: "Les variétés anciennes se vendent quand elles sont vraiment spécifiques, car elles sont souvent devenues obsolètes. Entre une variété de population ancienne et une variété hybride moderne, les amateurs préfèrent à 80 % la variété hybride, dont le résultat est meilleur et plus homogène. On peut juste regretter que cette homogénéité oblige à récolter tous les produits en même temps. Il n'y a pas d'étalement de la maturité."
Kokopelli est persuadé que les variétés anciennes ne sont absolument pas obsolètes. Ce sont les pratiques de l'agriculture moderne et occidentale qui sont obsolètes: elles conduisent la planète à sa perte.
De plus, si les variétés hybrides n'ont pas d'étalement de la maturité, c'est qu'elles ont été manipulées pour permettre à l'agriculture productiviste de récolter tout, en une seule fois. Ce qui est exactement le contraire de ce que demande un jardinier.
Nous nous interrogeons, de plus, sur le concept d'homogénéité. Existe-t-il une échelle permettant de mesurer l'homogénéité? Comment alors, Mr. Baumaux peut-il parler de variétés anciennes de population (distribuées dans son catalogue) qui ne seraient pas vraiment homogènes alors qu'il est stipulé, dans les attendus, qu'une variété doit être "bien homogène" afin de pouvoir être commercialisée dans l'Union Européenne. Une variété peut-elle être non homogène, un peu homogène, moyennement homogène, beaucoup homogène, très homogène, ( homogène à la folie ?) etc ? Peut-être le concept d'homogénéité n'est-il qu'un concept fallacieux (ou au mieux impondérable) comme beaucoup de concepts de l'agronomie moderne. Nous considérons que cette agronomie moderne est une des plus grandes mythologies du siècle passé. Peut-être est-elle homogène mais, en tout cas, de gênes à l'homo (soit disant sapiens), elle a beaucoup généré!
Mr. Baumaux, dans son catalogue, fait un encadré qu'il intitule "contre-publicité" (page 195 en rouge) dans lequel il explique à ses clients que s'il dénigre les variétés anciennes qu'il propose (dans son propre catalogue), c'est pour convaincre ceux-ci qu'elles sont obsolètes et qu'il vaut mieux acheter des variétés modernes. Voici le texte de cet encadré dans le catalogue Baumaux: "certaines variétés s’en tirent plutôt mal dans notre description. La raison en est la suivante : la description négative doit vous aider à remplacer des variétés dépassées, mais dont le nom a encore un écho, par des meilleures qui vous conduiront au succès".
Nous proposons de décerner à Mr. Baumaux la palme de l'abnégation militante. Il est bien courageux de vendre des variétés anciennes tout en étant pertinemment convaincu qu'elles ne valent pas grand chose et qu'en bref, on ferait mieux de les reléguer à la "désuétude" dont elles sont issues.
Quant à l'Association Kokopelli, elle forme (en 640 pages) les jardiniers, en expliquant de A à Z comment faire ses propres semences. Nous avons donc la volonté constructive d’aider les gens à accéder à l’autonomie. Monsieur Baumaux ne peut absolument pas revendiquer un tel fait, puisqu’il revendique haut et fort son statut de grainetier et donc de négociant d’hybrides, loin d’une quelconque convivialité de la semence, puisque ses revenus sont directement liés à la dépendance semencière de ses clients et qu’il est lui-même inféodé au bon vouloir de ses fournisseurs.
Par ailleurs, que dire des graines bio vendues dans le catalogue Baumaux, vu l’apologie que Mr Baumaux fait des hybrides et des variétés issues de manipulations de la génétique (tomate F1 Long Life page 238, haricot vert Easy Pick page 190, laitue Salanova, TM, page 205, etc…). La dichotomie de sa démarche et de son raisonnement tient-elle d’un mercantilisme exacerbé (produit d’appel), ou d’une allumette bio cachant la forêt hybride… ?
L'équipe de Kokopelli remercie tous ses amis et adhérents pour l'énorme campagne de soutien, de solidarité et de communication mise en place depuis le début de cette attaque contre les fondements constructifs de notre dynamique de résistance semencière.
Ensemble, libérons les Semences et l'Humus et préservons des oasis de Semences de Vie pour le jour qui verra le Titanic agricole sombrer dans l'océan de ses vanités.
"Rien n'est plus puissant qu'une idée, si l'heure est venue de la dévoiler" (Victor Hugo)
Les droits d'auteur s'appliquent à toute oeuvre de l'esprit, quels qu'en soient le genre, la formed'expression, le mérite ou la destination. Tout lecteur de ce blog doit en respecter les droits de propriété intellectuelle. Il doit notamment veiller à ne pas reproduire et diffuser les articles et contributions publiées sur ce blog sur d’autres blogs, forums ou d’autres supports sans l’accord de leurs auteurs. Tout lecteur peut néanmoins reproduire le contenu de ce blog à des fins de consultations privées ou reproduire et diffuser de courts extraits d’un articles ou d'un message, à des fins d’information ou de recherches, en citant « Raffa'sblog, le grand ménage. http://raffa.grandmenage.info » et l'auteur (nom réel ou pseudo) de l'article ou du message.
Déni de responsabilité : Les articles de ce blog résultent en général de la compilation d'informations en provenance de plusieurs sources et d'expériences personnelles. Dans la mesure du possible, ils tentent de compiler une documentation exhaustive dont les sources sont citées. Toute personne mettant en application ces renseignements le fait à ses propres risques. Raffa's blog n'assume aucune responsabilité des dommages susceptibles de résulter de l'usage de ces renseignemens. En particulier toute décision concernant un traitement médical devrait toujours se prendre en consultation avec un professionnel de la santé qualifié.



















Commentaires
Bonjour,
C'est encore une fois dommage que des personnes qui se battent pour la préservation des graines bio se tirent dans les pattes pour une question de 'marché'. C'est l'union et le respect qui permet d'avancer et non le déni.
Mais bon, j'espère que la justice saura déméler le vrai du faux.
Je crois que Kokopelli aura un stand au Salon Sésam à Nomes du 10 au 13 Mars. J'aurais l'occasion d'en discuter en direct.
Saluations!
J'imagine que malheureusement vous avez raison. Enfin, sur le fait que la loi soit immorale et injuste soit un probleme indépendant du système judiciaire, je n'en suis pas tout à fait certaine. Car si on ne devait pas agir sur tout ce qui ne dépend pas de notre ressort, la petite citoyenne que je suis aurais une marge d'action très réduite.
C'est aussi aux personnes qui sont à l'intérieur des rouages du système à souligner ce qui est invisible à l'oeil des non initiés.
Mais bon, je ne veux pas entrainer le magnifique blog de raffa dans un débat sans fin.