Appel des éditeurs indépendants
Par Raffa le 05/04/2006, 00:00 - Le choix ? - Lien permanent
Ce texte n'est pas de moi, je ne fais que relayer l'information

Appel adressé aux lecteurs
Le rôle que jouent les livres dans la diffusion d’idées, d’analyses, d’imaginaires, et de propositions, dans la formation et l’information des citoyens, est essentiel pour comprendre les défis de notre époque, pour connaître et se reconnaître. Nous, professionnels de la chaîne du livre, associations de promotion du livre et de la lecture, acteurs culturels et organisations d’intérêt général, appelons les lecteurs à nous appuyer dans la défense et la promotion d’une indispensable bibliodiversité.
Progressivement, les grandes surfaces de « produits culturels » gagnent du terrain et remplacent les librairies indépendantes. Partout, les grands groupes éditoriaux – soumis à des règles de rentabilité financière immédiate, qui nous semblent incompatibles avec le commerce d’un bien culturel - remplacent l’édition indépendante.
Nous refusons tout fatalisme ; nous ne sommes pas contre l’évolution de nos sociétés, mais nous voulons continuer à avoir le choix – condition essentielle de la liberté, de la démocratie. Nous pouvons tous participer à maintenir cette diversité qui nous tient à coeur et qui est indispensable au débat, à la pluralité des points de vue, à la liberté d’expression et de création. Nous pouvons tous participer, par des gestes simples, par des pratiques citoyennes :
1. Achetez des livres !
Soutenir la bibliodiversité, soutenir la diversité des livres produits et commercialisés, cela commence bien entendu par l’acte d’achat. On l’oublie trop souvent, mais acheter un livre, c’est rémunérer le travail d’un auteur, d’un éditeur, d’un imprimeur, d’un diffuseur, d’un distributeur, d’un libraire, et de toutes les autres professions qui constituent ce que l’on appelle « la chaîne du livre ».
2. Participez au maintien de la librairie indépendante
La mainmise de quelques grands groupes sur la vente du livre est dommageable pour la bibliodiversité ; elle rend difficile - en particulier pour les éditeurs indépendants - la commercialisation de livres risqués, exigeants, différents. En achetant le plus souvent possible vos livres dans une librairie indépendante, vous soutiendrez non seulement toute une chaîne de professionnels du livre, mais vous soutiendrez aussi le plus souvent la création et l’édition indépendante. Par ailleurs, vous trouverez auprès de votre libraire une qualité d’accueil, une capacité de conseil, et une complicité dont vous ne bénéficiez pas dans d’autres lieux de vente, plus axés sur la commercialisation de masse. Nous avons beaucoup de chance, en France, de disposer encore d’un réseau de librairies indépendantes ; ne les laissons pas disparaître !
3. Participez au renforcement de l’édition indépendante
Les éditeurs indépendants sont des acteurs majeurs de la bibliodiversité. Ils jouent souvent le rôle de découvreurs de talents, prennent des risques que prennent de moins en moins les grands groupes éditoriaux - soumis à la pression grandissante des actionnaires - publient des auteurs qui ne l'auraient pas obligatoirement été dans une simple logique marchande et produisent le plus souvent des livres exigeants et de qualité. Ce rôle mérite d’être reconnu, cet engagement mérite d’être soutenu.
4. Réfléchissez aux points de vente où vous achetez vos livres
En France, la part de livre vendus par les grandes surfaces culturelles et les grandes surfaces non spécialisées (hypermarchés, etc.) croît sans cesse. Or, le livre y est trop souvent traité comme un produit de grande consommation : la sélection des titres se base essentiellement sur leur potentiel de vente, ou sur les chiffres de vente réalisés. Cette logique influence inévitablement les éditeurs clients de ces grandes surfaces, les poussant le plus souvent à une standardisation des oeuvres, à privilégier une approche marketing. Contrairement à une idée reçue, les livres ne sont pas moins chers en grande surface ; le prix des livres est uniforme sur tout le territoire français, quelque soit le point de vente – seule une remise de 5 % du prix public est autorisée.
Par ailleurs, les points de vente implantés dans les gares et les aéroports, sont bien souvent la propriété de grands groupes financiers. Les livres qui y sont vendus sont trop souvent produits par les éditeurs appartenant à ces mêmes groupes. Cette situation de quasi monopole, peu connue du grand public, nuit donc à la diversité culturelle et au pluralisme.
5. Soutenez les associations qui oeuvrent dans le domaine du livre et de la lecture
Le désengagement financier des pouvoirs publics met trop souvent en danger les associations à but non lucratif ; elles assurent pourtant dans le domaine du livre et de la lecture un travail essentiel, en organisant des rencontres avec les auteurs et des animations autour des textes, en portant le livre là où il n’est habituellement pas présent, en assurant la promotion des libraires et éditeurs indépendants, en favorisant la rencontre et la coopération entre professionnels du livre. En restant vigilant, chacun d’entre nous peut participer à la défense et à la promotion de la bibliodiversité !
Cet appel, lancé à l’initiative de l’Alliance des éditeurs indépendants (www.alliance-editeurs.org) et avec la complicité de LPK et du Comptoir des indépendants, peut être signé jusqu’au début du mois d’avril 2006.
Pour cela, merci d’adresser par fax (01 43 14 73 63) ce texte imprimé, avec vos :
prénoms et noms, qualité et/ou organisme, adresses et coordonnées.
Un document final sera réalisé au cours du mois d’avril, et reprendra la liste des signataires soit par ordre d’arrivée des signatures, soit par ordre alphabétique de noms, soit par professions. Pour toute information supplémentaire egalliand@alliance-editeurs.org
Source, (Merci Meriam)
Si vous voulez commencer tout de suite
allez vite acheter le livre de Hooly
dans une tite librairie indépendante (pas à la Fnouque !).
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Commentaires
D'un autre coté le livre est un objet qui a une identité ce que n'aura probablement jamais un écran.
Peut-être est-ce que l'on en fait qui pose problème, on achète un bouquin neuf un peu au hasard sans chercher à le louer ou à l'avoir à préter.
C'est un peu la mort de la 'belle biblio' avec des livres précieux que l'on garde plusieurs génération ...
Mais bon quand je vois B. Gates au dessus d'une pile de 35 metres de feuilles A4 imprimées recto verso, tenant dans sa main un cdrom et semblant dire : ...vous savez il n'est pas plein .... je me demande ..
Concernant les éditeurs, je ne suis pas vraiment d'accord : tout et n'importe quoi peut vraiment être édité de nos jours; c'est dire à quel point l'éditeur ne fait pas son travail! En temps que prof d'université par exemple, je n'ose pas vous dire combien de fois j'ai été sollicitée pour écrire un manuel universitaire et ce sans qu'aucun de ces éditeurs n'ai jamais eu sous les yeux une seule ligne de ma prose : je pourrais ne pas arriver à balbutier un chapitre que je trouverai un éditeur; et tous mes collègues sont dans ce cas
Rappelons à ce propos que la politique éditoriale à radicalement changé en France : plutôt que de choisir un auteur sérieux et pédagogue que l'on rémunère, on édite n'importe qui que l'on rémunère avec ' la gloire d'être édité ' : 0,1% pour un auteur de manuel universitaire dont on est sûr qu'il équilibrera les comptes car ses étudiants à lui seront des acheteurs sûrs. Moi, je courcircuite en publiant des polys ou des livrets gratuits sur l'intranet
Bref, donc le lecteur noyé sous le flot des publications se raccroche aux tartes à la crème et tout le reste va au pilon (pauvres arbres)
je pense pareil
J'ai horreur de l'ambiance consommation de masse des fnac! Y a toujours un monde fou, on étouffe!
A Amiens il y a une librairie indépendante (Martelle) qui s'est imposée et est aussi grande que la fnac (qui n'est arrivée qu'après)! C'est d'ailleurs une des seule qui survie. Mais l'acceuil n'est pas génial et c'est tellement grand qu'on ne s'y retrouve plus.
Une très vieille librairie a aussi fermé il y a quelques mois...
Toutes les villes sont standardisées, on ne trouve plus que les même franchises partout. Toutes les rues marchandes sont des clônes. On va finir par être tous des clônes si ça continue. C'est peut-être déjà le cas...