Le purin va bien mais...
Par Raffa le 29/11/2006, 00:00 - Au jardin - Lien permanent
Cet article est en préparation depuis une petite semaine mais j'attendais de voir l'évolution des choses. Malheureusement la réalité me rattrape (merci Isabelle) et je dois transmettre un message rapidement. Il faut agir avant demain (voir bas de page) !!
Rappel
- En 2002, la vente du purin d’orties devient hors-la-loi en France
- En 2006, la loi n° 2006-11 du 5 janvier 2006 d'orientation agricole interdit de vendre, d'utiliser, de détenir des produits non homologués (y compris naturels, à base de plantes) pouvant servir à la croissance ou à la protection des végétaux. Il est interdit aussi d'en faire la publicité ou la recommandation
Pour deux raisons.
La première est que le particulier s'est senti visé par cette loi. Le jardinier amateur qui fabrique son purin dans le fond de son jardin a été choqué (et à juste titre) : plus question de fabriquer et d'utiliser du purin gratuitement, obligation d'acheter des produits toxiques mais homologués, interdit d'en donner à son voisin ? Devant le ram dam, l'état s'est empressé, de manière assez maladroite et parfois contradictoire d'ailleurs, de rectifier le tir : le particulier n'est pas concerné tant que c'est POUR UNE UTILISATION PERSONNELLE.
Autre source d'inquiétude : la recommandation. En effet, la lecture de cette loi ne laisse pas de doute : il est interdit de faire la promotion des recettes naturelles de protections des plantes car elles ne sont pas homologuées. Interdits les livres sur le sujet, interdites les recettes sur internet et dans les magazines ? L'Etat là aussi se veut rassurant : tel n'est pas l'objet de cette loi.
Un statut et des procédures adaptés aux phytostimulants
Toujours est-il que le problème de l'homologation des phytostimulants (les
préparations naturelles favorisant un bon développement des plantes) est un
vrai problème. Car en effet, l'homologation d'un
produit phytopharmaceutique de synthèse est un processus lent, complexe
et très coûteux (un dossier
d'homologation fait 5000 pages !)
Il est absolument impossible et hors de propos de
demander d'appliquer aux phytostimulants les mêmes règles et procédures.
D'autant qu'il n'y a pas de brevet ni d'exclusivité de commercialisation dans
ce type de produit. Quel petit producteur de purin ou d'autres phytostimulants
prendrait financièrement en charge cette homologation en sachant que la vente
ne pourra pas le rembourser ?
Le gouvernement en a d'ailleurs bien conscience. Le Ministère de l'économie, des finances et de l'industrie et le
Ministère de l'agriculture et de la pêche sont conscients de la nécessité de
trouver des solutions permettant d'homologuer les produits traditionnels de
protection des plantes.
Bref face à ces menaces legislatives pour une agriculture raisonnée, saine et
proche de la nature, un collectif
s'est crée, Ortie et Cie, qui demande un STATUT
particulier pour les phytostimulants et des règles d'homologation moins lourdes
et plus réalistes.
La loi sur l'eau pourrait être un début mais...
Depuis, j'attends de voir l'évolution de cette affaire en veillant les actus à ce sujet.Et le 21 novembre on a appris de source
parlementaire que la commission des Affaires économiques de l'Assemblée
nationale a adopté un amendement au projet de loi sur l'eau
visant à permettre
l'usage de "préparations naturelles issues de fabrication artisanales", telle
que le purin d'ortie, sans autorisation préalable de mise sur le marché.
(Or donc... dans le même pays, deux lois se contrediront peut-être). Ce
projet de loi sera examiné en séance plénière le 30
novembre (demain donc).
Ortie et compagnie saute sur la balle et demande aux citoyens de marquer le
coup
"Nous mettons en garde l’opinion et les médias sur le fait qu’aujourd’hui rien n’est acquis de manière définitive sur ce sujet et qu’une campagne de presse, même ministérielle, ne peut être assimilée à un acquis législatif ! En effet, nous ne pouvons oublier, que lors du vote de la LOA à l’assemblée nationale le 05 janvier 2006, deux amendements favorables à la mise en place de procédures simplifiées et adaptées pour les produits naturels autorisés en agriculture (Amdt n° 455 et 864, en complément de l'art. L. 253-4 du code rural) proposés par le député Antoine Hertz, ont été retirés en dernière lecture sur pression du gouvernement !
Par un courrier envoyé à tous les députés, le collectif Ortie et compagnie demande une vigilance toute particulière lors du vote final de cette loi sur l’eau, afin qu’un tel scénario ne se reproduise pas. Si cet amendement venait à ne pas figurer en l’état dans le texte de loi définitif, la responsabilité du gouvernement et des parlementaires serait entière et lourde de conséquences. Cette situation marquerait définitivement le peu de cas qui est fait des alternatives respectueuses de l’environnement et de l’opinion des citoyens.
Le collectif rappelle par ailleurs que cet amendement ne règle que partiellement le problème, puisqu'il ne prévoit aucun aménagement de la loi actuelle pour les produits naturels non artisanaux, ni pour les produits industriels non toxiques utilisés sur les cultures, ni pour les phytosanitaires d'origine végétale et qu'il conviendra de s'attaquer aussi à ces problèmes.
Donc si vous vous sentez concernés, vous avez quelques heures pour envoyer cette lettre à vos députés. Il existe aussi une pétition pour la suite.
ET comptez sur moi pour rester vigilante sur le sujet
A lire sur le blog (commentaires compris)
- Eau bouillante, vinaigre et purins interdits au jardin !?
- Pétition pour le droit à communiquer et développer des methodes naturelles de protection des cultures
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Commentaires
quand j'ai eu connaissance de cette 'loi' ça m'a fait hurler à la mort !
J'ai signé la pétition avec copie aux sénateurs de la Seine maritime et à mon député.
De plus je travaille dans le secteur public et je fait utiliser des produits fabriqués par mes petites mimines pour soigner les plantes de l'accueil. Ma direction est d'accord. Nous sommes déjà en résistance au sein même des institutions.
Faut pas mollir !!!
Merci pour ce message, Raffa.
La pétition dont tu parles est celle qui a fait suite au ram dam de septembre disponible là Pétition pour le droit à communiquer et développer des methodes naturelles de protection des cultures
CE N'EST ABSOLUMENT PAS LA MEME PETITION.
La réponse que tu as reçue (qui a aussi été postée sur les deux précédents articles et que j'ai reçu en grand nombre par mail de la part de tous mes lecteurs, c'est pour ça que je l'ai supprimé de ton message) est celle mot pour mot du ministère suite au chamboulement de l'affaire pétiot. Je l'ai clairement dit ici.
Devant le ram dam, l'état s'est empressé, de manière assez maladroite et parfois contradictoire d'ailleurs, de rectifier le tir : le particulier n'est pas concerné tant que c'est POUR UNE UTILISATION PERSONNELLE.
ET j'ai aussi dit que cette réponse ne répondait pas à tout les questions en ecrivant en gras ce qui posait encore problème.
Enfin cela ne concerne PAS LA MEME LOI. Ici cela concerne la loi de l'eau qui va être voté demain. La noiuvelle lettre à envoyer aux députés est pour demander de faire attention que la clause visant à permettre l'usage de 'préparations naturelles issues de fabrication artisanales', telle que le purin d'ortie, sans autorisation préalable de mise sur le marché. y soit bien incluse.
Par ailleurs mon article ici insiste sur le fait qu'il faut trouver un statut et des procédures pour les phytostiumulants (comme le purin d'ortie) et c'est l'objet de la pétition pour la suite. (qui ne concerne donc pas la loi pour l'eau mais la suite de la lutt pour la reconaissance de ces produits).
bref c'est la suite du dossier et tu me parles de la 'lutte' précédente.
J'ai signé la pétition il y a quelques semaines déjà et après contact avec l'un des députés de mon département, celui-ci m'a répondu ceci :
[MODERE PAR RAFFA VOIR PLUS BAS]
Par ailleurs, le ministère de l'agriculture m'a confirmé les mêmes infos par courrier.
Je crois donc que la fin du purin d'ortie n'est vraiment pas pour maintenant
Eléanna
Je vais signé la nouvelle pétition de ce pas
Suis vraiment désolée d'avoir lu en diagonale, ça m'apprendra!!
Eléanna
J’en rajoute une couche concernant vos députés. Comme le mien, ils réagiront peut être à vos pétitions. Suite à plusieurs, concernant l’écologie (OGM, et Reach en particulier ), il a fini par me répondre. Passé la pommade et les blabla il m’a bien sur dit qu’il était lui aussi concerné par ces problèmes (quoique favorable aux OGM…), mais m’a avoué :
« pour ce qui est du programme REACH, croyez bien que je vais examiner avec la plus grande attention ce projet de loi, malheureusement, pour l'instant, je n'ai pas d'information... »
Et puis pour Reach et vos députés, vous pouvez toujours faire comme eux :
Prendre conscience d’une partie du problème http://www.greenpeace.org/france/vigitox/toxic-sperm
Puis agir http://www.youtube.com/watch?v=XY6H_C3qrYY&mode=related&search=
http://www.youtube.com/watch?v=lGDNFJSaJxY&mode=related&search=
.. j’attends la suite.
Merci de ses précisions en tout cas.
Bonjour,
J'ai eu il y a une semaine une précision qui m'a semblé intéressante.
J'ai eu un contact avec le président local de l'association CIELE (Centre d'information sur l'énergie et l'environnement) et voilà ce qui en est ressortie :
- Il n'est en effet pas possible d’utiliser à titre professionnel le purin d'ortie comme produit phytosanitaire, mais il est possible de l’utiliser comme produit de prévention.
- Il n'est pas possible de vendre le produit directement au client, mais il est possible de le facturer dans le total de la prestation (dans le cas d'un jardinier, ne pas mettre sur la facture purin d'ortie, mais produit naturel de prévention).
- Il n'est pas recommandé d'expliquer au client comment faire pour fabriquer soit même le purin d'ortie, mais il est possible de lui donner les adresses où il pourra avoir ces informations (Le site de Raffa par exemple).
Il est vrai qu’il serait plus évident de pouvoir trouver son purin d’ortie dans la boutique du coin de la rue, mais là encore la situation va peut être se débloquer.
L’homologation du produit (qui coûte la bagatelle de 25000€) n’est pas nécessaire sur les produits préventifs. Il est fort possible que nous retrouvions bientôt donc ce produit labellisé ainsi.
J'ai d'ailleurs fait une expérience amusante malgrès moi un jour chez des amis. On devait chacun amené un plat. j'avais amené de la salade bio fraiche du jour. Qqn d'autres en avait aussi amené et je me charge de les préparer. je les lave séparément dans un bac de l'évier chacune. Dans l'eau de ma salade bio : qqs bébêtes tentant tant bien que mal de ne pas se noyer... Dans l'eau de la salade du supermarché... de la mousse et la salade a un touché gras
salut, je suis pas sûre d'être dans le sujet mais bon : je suis enceinte de 6 mois et depuis 6 mois chaque fois que je mange de la salade c'est bordel à l'intérieur, sauf 2 fois, une salade du jardin dans le genre 'élevée au purin', et une salade de pissenlits cueuillis dans la coline... est-ce un hasard ? y a-t-il des pesticides spéciaux dans les salades agricoles ? mon état me rend-il plus sensibles aux produits non-naturels ? voilà toutes ces question me semblent intéressantes... et aussi je me demandais si un jour il ne serait pas interdit de ramasser le pissenlit, thym et autres herbes dans nos colines, des fois que la pisse de sanglier soit décrétée plus dangeureuse que nos bons pesticides homologués...
http://www.etiennepinte.com/
aujourd'hui 14 déc il y a du nouveau :
voir ceci : http://www.assemblee-nationale.fr/12/pdf/amendements/3303/330300216.pdf
et l'intervention de Mr Yves Cochet ...
'M. Yves Cochet - J’interviendrai sur un plan général. Dans un monde devenu terrain de jeu des bétonneurs et des pollueurs, c'est d'un mauvais œil que le BTP ou la chimie voient s'élaborer des règles. Pour s’y opposer, ils utilisent coup de force, lobbying et intimidation.
Le coup de force c'est de placer les pouvoirs publics devant le fait accompli, hier en construisant le pont de l'île de Ré malgré l'avis du tribunal administratif, aujourd'hui en introduisant des OGM dans nos assiettes et dans les cultures. Le lobbying s’exerce auprès des cabinets ministériels et des parlementaires comme on l’a vu pour la loi littoral, la loi montagne, la loi sur l'eau. L'intimidation est une méthode plus récente : c'est ce qui vient d'arriver à Monsieur Eric Petiot, paysagiste de l'Ain, spécialiste dans le traitement biologique des arbres, co-auteur d'un ouvrage intitulé Purin d'ortie et compagnie. L'affaire est si grossière qu'elle a mobilisé non seulement les écologistes, mais aussi les citoyens de bon sens, éditeurs de revue botanique et chroniqueurs de radio ou de télé qui font la promotion de techniques douces et économes comme les décoctions d'ortie.
La loi oblige à obtenir une autorisation de mise sur le marché pour les produits phytosanitaires. C'est une bonne chose pour notre santé et pour l'environnement. Par exemple, la liste effarante de substances chimiques trouvées dans le sang des députés européens à l’initiative du WWF, la montée des cancers, le scandale à venir des « interrupteurs hormonaux » substances pesticides responsables de malformations de l'appareil sexuel montrent que nous avons encore fort à faire. Évidemment, cette obligation n'a pas plu à l'agrochimie.
La loi d'orientation agricole du 5 janvier 2006 interdit « toute publicité commerciale et toute recommandation pour les produits phytopharmaceutiques contenant une ou plusieurs substances actives destinées au traitement des végétaux, dès lors que ces produits ne bénéficient pas d'une autorisation de mise sur le marché ou d'une autorisation de distribution pour expérimentation », avec effet le 1er juillet 2006.
C’est ainsi que dans l’Ain, les services de la répression des fraudes et de la protection des végétaux sont allés jusqu'au bout du paradoxe avec un zèle inquiétant pour les libertés. Le rempart législatif souhaité par les promoteurs de la santé environnementale pour juguler la toxicité de l'agrochimie se retourne contre ceux-là mêmes qui utilisent et transmettent des techniques respectueuses des sols, des plantes et de ceux qui les consomment. La ficelle est grosse : l'historique cogestion du ministère de l'agriculture et des nantis de l'agrochimie se fait l'auteur peu reluisant d'une intimidation et d'une vengeance peu glorieuse.
Le plus grave est sans doute l'interdiction de recommandation, qui n'est ni plus ni moins qu'une censure exercée sur la liberté d'expression, en pleine contradiction avec les droits de l’être humain. C'est aussi un vrai problème de société, car le coût de la validation « officielle » d’une recette est hors de portée pour un amateur professionnel isolé. Le schéma est le même que pour une autre loi passée inaperçue sur les obtentions végétales, qui, sous couvert de protéger les droits des sélectionneurs, rend illégale la vente des semences obtenues chez soi qui ne seraient pas inscrites dans le très officiel «catalogue national des variétés» dont le ticket d'entrée est particulièrement coûteux.
Le libéralisme chante la libre entreprise, mais il construit pas à pas des monopoles en privant les citoyens de la liberté élémentaire du droit de faire autrement.
(.....)M. le Rapporteur – L’utilisation d’un pesticide, même d’origine végétale, ne peut être autorisée que si celui-ci respecte la réglementation européenne et si la préparation commerciale a fait l’objet d’une homologation au niveau national. Adopter l’amendement 64 reviendrait à autoriser la mise sur le marché de produits naturels tels que la ciguë ou la nicotine. La procédure d’autorisation de mise sur le marché est d’ailleurs coûteuse. Il faut donc se référer à la directive européenne de 1998 sur les biocides, qui permet d’échapper à l’autorisation de mise sur le marché. Je proposerai donc un amendement 216, deuxième rectification, qui tient compte de la directive et permettra de régler définitivement cette question qui a fait couler beaucoup trop d’encre.
(...)M. le Rapporteur – Mon amendement 216, deuxième rectification, est euro-compatible. Il dit que « ces dispositions ne s’appliquent pas aux préparations naturelles peu préoccupantes, qui relèvent d’une procédure simplifiée, fixée, ainsi que la définition de ces préparations, par décret. »'