« Il nous reste jusqu’au premier janvier 2009 pour envisager toutes les actions et formes de recours. Et si c’est possible, nous irons devant la cour de Justice. » (Nature et Progrès BE)

  • Appel pour un collectif de résistance aux normes industrielles (pour tous les acteurs bio qui se sentent menacés par le réglement européen)
  • La Confédération paysanne dénonce cette stratégie du fait accompli et œuvrera au rejet de l’application pratique de cette mesure.
  • Alain Juppé a promis de "regarder si au niveau du règlement d'application (...) on ne peut pas faire en sorte que nous puissions en France continuer à produire des produits bio sans OGM".  "Tout le monde se met à ces cultures OGM au motif que c'est le progrès et c'est la productivité. Peut-être que la qualité pourrait être la carte française. C'est une  dimension qu'il faut intégrer dans nos réflexions", a-t-il dit. (Source le 16/06)
D'autres actus récentes à la fin de l'article


Vous souvenez vous du petit encart noir "Sauvons la Bio (ni ogm ni pesticides)" présent sur mon blog pendant plusieurs semaine dernièrement?

Il vous demandait de signer une pétition contre le projet de règlement européen pour l’Agriculture Biologique. Cette pétition a recueilli près de 62 000 signatures en peu de temps ce qui est tout de même pas mal (même si je me dis que c'est moins que mes visiteurs mensuels... ).

Le parlement européen (composés de représentants élus démocratiquement, les seuls à Bruxelles) s'était également prononcé contre ce projet et pour une interdiction pure et dure des OGM et des pesticides dans les aliments bio. applaus.gif

Mais l'Europe démocratique en a décidé autrement lundi et mardi dernier.

Sachez donc qu'en 2009

  • les produits bio, comme les autres, pourront contenir 0,9% d'OGM (accidentel) sans devoir le déclarer sur l'étiquette et pourront toujours être qualifié de bio !
    --> On considère donc la contammination comme inéluctable, donc la culture d'ogm va se développer et on ne cherchera pas vraiment à garantir une non contamination environnementale. C'est une certitude. smilie
    --> La majorité des consommateurs européens sont contre les OGM et ne veulent pas en manger, même seulement 0,9%. En tout cas les consommateurs bio veulent savoir ce qu'ils mangent.
    --> Greenpeace se bat depuis pas mal de temps pour que toute présence d'OGM (à partir de 0.1%, seuil de détection) soit étiqueté. C'est également ce qu'avait proposé le parlement européen  pour les produits bio. Mais l'intérêt des consommateurs n'est pas prioritaire. On l'avait déjà compris...
  • les agriculteurs bio pourront utiliser, par dérogation, des pesticides s'ils ne trouvent pas de traitements bio alternatifs (attention cependant, je n'ai pas encore eu confirmation de cela, mais c'était prévu dans la texte d'origine [NEW: confirmé par la rtbf, RENEW d'autres sources disent le contraire ?]). Ils pourront également être contaminés jusqu'à un certain seuil par des pesticides, comme pour les ogm.
    --> Donc l'agriculture bio n'en sera plus. Tout simplement.  
    --> Il n'y aura en tout cas aucune garantie pour le consommateur. Personnellement, l'absence d'utilisation de pesticides est la raison principale qui me fait consommer bio (c'est bien ne pas épandre dans l'environnement des pesticides qui m'importe, pas ma santé même si c'est un plus)
    --> comme pour les OGM, cela prouve que l'Europe n'a pas vraiment l'intention de lutter contre l'usage des pesticides
    --> Le hold up de l'agriculture biologique en faveur de l'agriculture raisonnée ne fait que commencer
  • Un produit transformé pourra utiliser le mot "biologique" dans la liste des ingrédient  (pas le label attention !) s'il contient 5% d'ingrédients bio
    --> Vive le yahourt au sirop de glucose/fructose, aux arômes artificiels et à l'unique fraise bio  
  • Logo
  • le logo "agriculture biologique" européen sera obligatoire et les logos nationaux (AB), devront s'y conformer, seront facultatifs et nécessairement accompagnés du logo européen. Ceux d'initiatives privées (Nature et Progrès, Demeter), souvent beaucoup plus restrictifs, pourront a priori perdurer pour l'instant
    --> (mais pourquoi pas interdits un jour ?)
    --> Quand les logo nationaux, devenus inutiles, disparaîtront, il sera encore plus difficile de distinguer le bio local du bio polonais ou allemand (c'est aussi le but d'ailleurs je pense). Ceci dit, le réglement imposera désormais de mentionner le lieu de culture ce qui est un plus.
    --> En France, certains parlent déjà de créer un nouveau label (privé cette fois) avec les exigences actuelles d'AB. La jungle des labels continue !
    --> les produits aux labels plus respectueux (et donc plus chers) seront en concurence avec les produits "bio".
    --> Je ne sais pas ce qu'il en est de Biogarantie (label belge). Il fait office de label national  donc il pourrait peut-être devoir s'y conformer. Mais il est également d'initiative privée donc il pourrait rester ce qu'il est ??? smilie

La boucle est bouclée, la récupération quasi totale.

Courage aux vrais agriculteurs biologiques (ce n'est pas non plus pour les protéger eux que ce réglement a été fait) qui vont perdre la confiance des consommateurs. Il vous faudra trouver des astuces pour nous garantir que vos produits sont vraiment bio, comme nous, consommateurs avertis, l'entendons.

Bonne nouvelle tout de même pour nous les belges, la Belgique est restée inflexible applaus.gif et fait partie des "contre" comme l'Italie (premier producteur bio en Europe), la Grèce et la Hongrie. Le ministre wallon de l'agriculture et de l'environnement promet également de rester inflexible sur les OGM sur le sol Wallon... (enfin le gouvernement  en place n'y est plus pour longtemps, nous avons aussi eu notre vague bleue, et les bleus sont pro-ogm à suivre donc...)

Quant à la France, elle était pour, bien évidememnt, et ce n'est pas du tout une surprise (comme je l'avais signalé en son temps le nouveau président n'est pas contre les ogm et est pro-agricuture raisonnée). Le nouveau gouvernement français, qui s’était engagé à ne pas prendre de décisions contraires aux requêtes des associations écolos d’ici les Grenelle de l’Environnement, a montré sa manière de tenir ses promesses.

Vive le "bio" de supermarché... et vive l'europe des lobbies!

 

En savoir plus

Actus après le 13/06
  • Pour Corinne Lepage : "il s'agit d'une victoire du lobby agro semencier qui voudrait que ce seuil d'obligation d'information ne devienne un droit à contaminer supprimant ainsi tout droit à ne pas être contaminé et tout recours pour être indemnisé. Le droit des consommateurs de choisir une alimentation sans OGM devrait être considéré comme un droit inaliénable que ce soit d'ailleurs pour un produit bio ou non." (Source)
  • Cette acceptation européenne d’une contamination de la bio peut s’interpréter essentiellement de 2 manières différentes : 1) la volonté de favoriser une agriculture intensive, en cassant l’image saine des produits bio ; 2) permettre à la bio de continuer à exister, dans un contexte européen qui s’ouvre progressivement aux OGM. (Source)
  • L'Union Européenne "prend le risque de déstabiliser totalement les agriculteurs qui ont fait l'effort de se lancer dans l'agriculture biologique et, en trompant le consommateur, de diminuer encore la confiance des populations vis à vis des instances européennes" (Source)
  • Jusqu’à présent, les agriculteurs bios français faisaient figure de bons élèves avec un niveau de qualité des produits assez élevé. Or, ce nouveau label impose un cahier des charges moins strict et plus laxiste et abaisse par conséquent le niveau d’exigence dans la qualité des produits. C’est le cas, par exemple au niveau de l’utilisation de certaines substances pour les élevages. Ce label bio européen est un nivellement par le bas. (Source)
  • «Aujourd’hui la nécessité de penser différemment à l’avenir de notre planète est évidente et l’Europe devrait donc jouer un rôle de guide de manière constructive et créative. Nous avons le capital humain pour réaliser cette merveilleuse révolution, et c’est l’idéal poursuivi par les citoyens européens. Des choix comme celui fait aujourd’hui par le Conseil Européen vont exactement dans la direction opposée ». (Source)
  • Belgique (je retire ce que j'ai dit sur la vague bleue) : « Nous avons conservé, en vain, notre position de décembre, argumente Sabine Laruelle (MR), ministre fédérale de l’Agriculture. Si on avait eu une minorité de blocage, on aurait pu amender le règlement. Cette décision n’est pas une bonne chose parce qu’elle ne permettra pas à l’agriculture biologique de pouvoir se distinguer face à ces pollutions accidentelles tolérées dans l’agriculture conventionnelle. » Ministre wallon de l’Agriculture, Benoît Lutgen (CDH) est encore plus sévère : « Je me suis battu contre ce projet fou, réagit-il. J’avais rencontré les Polonais, qui ont fait mine de bouger, puis ils ont fait marche arrière. Je suis déçu. C’est un combat important pour les consommateurs et c’est une erreur économique, puisque l’effet pervers, c’est qu’on va importer du bio light avec des contraintes moins élevées. Cela mettra à mal nos producteurs dans un secteur en pleine croissance en Wallonie. » (Source)
  • D'un point de vue juridique, la répréssion des fraudes a fixé en France un seuil de détection de 0,01% permetatant la revendication d'un produit 100% sans OGM. Cette garantie constitue un droit reconnu constitutionnellement, celui de contribuer à la réparation de tout dommage causé à l'environnement. De même, les députés ont obtenus que la Commission propose avant le 1er janvier 2008 une directive prévoyant des mesures de précaution pour éviter la contamination de la chaîne agro-alimentaire par des OGM, avec des règles en matière de responsabilité et l'application du principe pollueur-payeur. L'instauration par les ministres de l'agriculture d'un plafond autorisé de contamination entrerait donc en parfaite contradiction avec toutes les mesures déjà mises en place ou en cours de l'être. (Source)
  • Ces mesures n'auront pas de conséquences en Suisse, qui les applique déjà. (Source)

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