Solidarité, entraide, coopération ?
Par Raffa le 30/06/2007, 00:00 - Le choix ? - Lien permanent
Cerise vient d'écrire un magnifique témoignage décrivant la mise sur la touche des précurseurs bio de la si belle région provençale. Un seul constat à cette lecture, le "petit" bio local est tout bêtement en voie de disparition.
Et son vibrant appel résonne aussi en moi : Il ne faut pas laisser l'âme du bio disparaître... mais par où commencer ? Quelle formule trouver ? "En fait, je m'en doute bien un peu de cette formule, mais comme elle serait forcément basée sur la solidarité, l'entraide, l'échange, la force du groupe, la coopération... je ne peux m'enpêcher de douter... " dit-elle. Amer constat...
C'est effectivement pas simple. Et cela va bien au delà du bio. Je ne peux m'empêcher d'espérer, quand je vois la mobilisation, le partage, l'entraide qui existent sur les forums/blogs/wiki... mais je ne peux m'empêcher de constater également que cet élan je ne le vois pas, ou peu, sur le terrain.
La solidarité virtuelle existe bel et bien et est très forte. Mais elle ne se concrétise pas dans la vraie vie. Ce que décrit Cerise en témoigne, et le constat est le même partout. Les SELs eux-mêmes fonctionnent difficilement, quand ils fonctionnent. Pourtant, que l'on change tous, individuellement, petit à petit, en fonction de ses moyens, ses convictions, ses envies n'est pas suffisant c'est évident. Il faut aller plus loin.
Et si je veux vraiment être honnête... je suis encore loin, très très très loin de m'impliquer autant dans mon quartier, ma ville, ma région... que je ne le fais sur le net. Cela fait 3 ans que je vis ici, je ne connais pas la plupart de mes voisins... en tout cas moins que de nombreuses personnes que je n'ai jamais vu et que je ne verrais sans doute jamais.
Il m'arrive de découvrir que certaines connaissances sont écolos et veulent que les choses changent... parceque je leur dis, pour une raison X ou Y, que je fais un blog sous le nom de Raffa et qu'ils me répondent "
Raffaaaaaa !!! Pas possiiiiiiiiiible ? Le Grand Ménage c'est toi ????" Via le net, j'ai touché, sans le savoir, des gens que je fréquente et qui ont, ce que je ne savais pas non plus, les mêmes idées que moi !
Cela me travaille
.
Je me souviens de ce témoignage, lu il y a pas si longtemps sur Bellacio. Il y était question de sortir de l'argent roi, mais là n'est pas la question. C'était le concept "quartier solidaire" qui m'avait frappé.
Dans notre quartier anciennement "défavorisé" nous ne faisons plus fonctionner la grande consommation depuis trois ans : jardins et poulaillers à plusieurs, gardes d’enfants plannifiées (celui qui ne bosse pas cette demi-journée), aide aux devoirs en rassemblant les jeunes d’un même niveau . On sait chez qui est entreposé tel outil, le service à fondue, la tondeuse, bref les choses qui ne servent pas tous les jours et qu’il est inutile de multiplier . On achète les vêtements à deux ou trois euros LE KILO aux deux grandes braderies d’Emmaüs (hiver et été) et , grâce à une simple machine à coudre, nos ados jouent aux stylistes le weekend pour les transformer, avec pour dernière nouveauté, leur propre marque rigolote. Rien que des modèles exclusifs ! Ah j’oubliais , on partage les ordinateurs , même l’abonnement et la wifi à travers les cloisons . Les Asiatiques de notre rue ont un circuit pour acheter le riz pour presque rien en sacs de 25 kilos et nous nous le partageons ensuite. C’est le système D et tellement plus sympa. (Pastourelle sur Bellacio)
En le lisant je m'étais dit : je ne vois pas comment, un peu timide et relativement solitaire comme je suis, dans un quartier pas vraiment défavorisé, je pourrais essayer de mettre ça en place chez moi... Je ne sais toujours pas. Pourtant, il y a une bonne ambiance, le quartier est très village.
Au vu de tout le travail que j'ai fourni sur internet depuis plus de 3 ans et de ma philosophie de vie, n'est-ce pas un non sens ? Je cherche des bonnes idées et des témoignages de réussites. Comment faites-vous pour tisser un lien social, solidaire et coopératif dans un rayon de 10 km ?
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Commentaires
Peut-être que tu as ceux qui sont plus doués pour le contact, et ceux qui sont plus doués pour l'écrit et la collecte/rediffusion pédagogique des idées. Ce serait sans doute ton cas.
C'est un peu le mien aussi : je ne me lie pas avec les gens les plus proches géographiquement, par contre je fais du prosélytisme : ça fait 4 personnes en 15 jours à qui je donne ton blog parce que je voyais qu'ils accrochaient bien à certains trucs dans nos discussions (les produits d'entretien polluants...). Je me dis et j'espère que ça compense mon associabilité.
Pour répondre à Ma oui je connais 2 sites ou les gens laissent des annonces pour donner ce dont ils n'ont plus besoin :
http://donnons.org/
http://recupe.imingo.net/
Si on peut changer ses habitudes 'matérielles', on ne peut pas changer la mentalité de son voisin...
C'est normal de se sentir impuissante, ou de ne pas avoir la force de s'engager dans un mouvement pour faire bouger les gens... c'est extrèmement couteux en énergie, en temps...
Cela suppose se faire confiance, accepter les défauts des autres....
Je ne me cherche pas d'excuse, mais je crois simplement que ce n'est pas donner à tout le monde.... et qu'il n'y a pas à se sentir coupable de ne pas être parfait sur ce point là.
peut-être aussi que ce n'est pas encore le moment... peut-être que tu aurais besoin d'être deux ou trois...
Manu, je ne parles pas de cela ici. Je pense effectivement que la politique a un grand rôle à jouer mais là n'est pas la question aujourd'hui. Ce n'est pas la politique qui va seule restaurer les liens sociaux, solidaires et coopératifs entre voisins dans les quartiers et villages qui étaient pourtant la norme avant. ET c'est là le sujet de mon article.
Ceci dit il est évident que l'agencement de l'espace public, la supression des services publics de proximités, les mégagigagrande surfaces, les délocalisations d'entreprises qui obligent à travailler loin de chez soi (et donc partir tôt, rentrer tard, ne pas participer à la vie de son lieu d'habitation), le culte de l'automobile etc. jouent un rôle certains dans ce problème (y compris et surtoput dans l'individualisme). Il faut repenser la ville et le campagnes et l'écologie politique réfléchit bcp à ce genre de chose. On avait eu un débat très intéressant (en partant de la voiture) l'année dernière là http://raffa.grandmenage.info/post/2006/01/17/Pour_en_finir_avec_la_soci%C3%A9t%C3%A9_de_l_automobile#anchorComment
ainsi que le débat Ô combien épique mais passionnant de celui qui s'intitule Rouler tue.
D'ailleurs il parraît que la 'vie' est vraiment différente dans les écoquartier type Fribourg... Ca aussi c'est du ressort du politique.
Loussaille oui je veux bien (tu as mon mail ?)
Jardin collectif c'est vrai !!! j'en ai déjà entendu parler, c'est uen super chouette idée
Merci Joëlle :D
Et sinon pour ma timidité elle est toute relative mais je suis timide (en fait extrêmememnt froide et distante) avec les gens que je connais pas et j'ai bcp de mal à m'exprimer devant plein de gens. ET je suis autant solitaire que non solitaire. j'aime les 2 en fait. Je suis plutôt solitaire en ce moment
Sinon La fête des voisins oui on a. ENfion ça ne s'appelle pas comme ça mais un week-end de juin par an il y a plein d'activités dans notre quartier (dont pétanque, barbecul, brocante etc.) mais y'a pas tant de gens que ça qui y vont et pour tout dire ....
J'ai l'impression en fait que quand on ni chiens à sortir, ni enfants à aller chercher à l'école, c'est pas tjs évidents de parler avec ces voisins.
Un jardin collectif en bio, voila qui permet de créer des liens. Voici un exemple réussi depuis bientôt 20 ans en banlieue lyonnais, qui ne demande qu'à accompagner des initiatives similaires
http://www.cotejardins.org/
François
comme des laveries en bas des immeubles, des jardins collectifs, des salles de jeux pour ados et papy sans alcool...bref comme des bars mais ouverts à tous
On ne changera rien sans aborder cette dernière, n\\\'en déplaise à notre ami nicolas hulot pour qui l\\\'écologie semble traverser les partis et ne relever que des responsabiltés individuelles.
Bien entendu la prise de conscience individuelle est un préalable important à la construction du politique mais la consom\\\'action ne provoquera pas la révolution qu\\\'il va nous falloir mettre en oeuvre pour nous en sortir sans trop de casse (si tant est que l\\\'on s\\\'en sorte).
Pour une véritable écologie politique, notre participation active à sa construction est plus que nécessaire.
Pensons et agissons dés aujourd\\\'hui.
Quelques pistes ici : ecorev.org
ou encore ici : http://perso.orange.fr/marxiens/
à++
manu.
Quand je vois comment j'ai dû mal à aller vers les autres dans la vraie vie, et de m'exprimer oralement, alors que par écrit j'ai tjs fait des dissertations virulentes au cours de français (souvenirs souvenirs), que j'adore donner mon aivs et refaire le monde sur internet, que j'ia aussi un blog (mais le sujet n'est pas l'écologie) et qu'en fait aucun de mes proches ne le sait ... que je déborde d'idées mais que je n'arrive pas à mettre en place soit par manque d'audace, soit pcq je ne trouve pas l'écho de réponse en face... Je comprends parfaitement que je ne dois pas être la seule timide isolée qui se lâche sur le net !
Et le plus drôle, c'est que cette réflexion que tu nous livres, Raffa, elle me suit depuis un petit temps (je vais finir par croire qu'il y a un courant télépathique entre nous!) et que moi non plus je ne saurais pas comment m'y prendre...
Tout le monde est tellement pressé... tout le monde part tôt et rentre tard, fais ses courses et se divertit un peu le we... et puis la semaine recommence ! on ne connaît plus ses voisins, on voit peu sa famille... (mais on surfe beaucoup sur le net... et parfois pdt dans les heures de boulot MDR heu... comment vous étiez-là, chef ? ... )
...
J'ai bien essayé de proposer à des cousins de s'associer pour faire des achats groupés ou du co-voiturage, mais si tout le monde me dit 'whéééé excellente idée' ça tombe quand même à l'eau lorsqu'il faut passer à l'action ...
J'ai aussi constaté que dans la famille, tout le monde à un appareil à fondue, une machine à faire des glaces ou encore d'autres gadgets qui ne servent q'une fois l'an et on pourrait se contenter d'un seul achat que l'on pourrait se partager... mais cela n'est possible que si les mentalité évolue. Dans un quartier ou une famille où l'argent manque un peu, c'est plus simple car l'interet économique est présent... dans nos familles de classe moyennes où on vit non pas richement mais 'bien' ; le confort et la société de consommation veut qu'on ait tout, et surtout de l'inutile ... Triste constat !
J'aimerais aussi voir chaque quartier fonctionner par SEL, avec des potagers communs, des système D... il faut dire que si tout le monde fait ça partout, ça va court-circuiter le système de grande distribution et remettre en question justement la société de consommation, finalement on pourrait, vraiment, si la volonté commune y était, tout changer, et avoir un poid conséquent, vraiment conséquent, vous imaginez que chaque villages/quartiers agisse comme celui décrit dans cette note ... ? ça me laisse rêveuse.
J'y réfléchis aussi beaucoup. Il y aurait tant de choses à faire, mais c'est vrai, on ne sait pas par où commencer, il faut de la volonté, de l'argent pour démarrer, un projet et des gens qui le soutiennent ...
Si il y avait des fillières dans ma régions j'aurais déjà pu les tester et inviter mes amis à faire de même; mais ici chez moi, niveau panniers bio, Sel, circuits alternatifs, ... tout est à commencer ! et commencer, par où ?
Je continue à prosélyter auprès de mes proches, mais souvent ils ne m'écoutent même pas. Par contre ils remarquent mes actes et me posent des questions parfois. pourquoi, comment ? Tout n'est donc pas perdus mais il faut du temps... Je vois que finalement on est beaucoup dans le cas, j'attends donc avec impatience les réponses qu'on te fera Raffa, car j'ai bien besoin de savoir aussi comment faire... comment commencer ...
Mais ne crois pas que ton blog soit inutile pour autant. il a amené nombre d'internautes timides comme moi à découvrir l'écologie, et à changer leur mode de consommation. Internet a cela de facinant qu'il rassemblent les gens qui n'auraient pas pu se rencontrer autrement. ton blog est de plus en plus connu, et ceux qui le lisent d'abbord avec distance, finissent par prendre part en agissant eux-même à leur petit niveau personnel d'abbord, et ensuite, ont envie de faire 'plus'
Alors si chaque lecteur de ton blog est pê un pion isolé, mais si chaque pion tisse une toile ça peut marcher
Tu peux pê profiter des personnes de ton entourages dont tu as découvert qu'ils lisaient ton blog pour entreprendre quelques choses, encemble ?
ha Dommage que tu sois pas dans le même coin de Belgique que moi
Bon courage !
Pour ma place, ce genre de chose est difficilement imaginable (une maison qui donne en face de ma fenêtre à fait construire un mur entre mon bâtiment et sa maison (ainsi que le tout petit quartier de cinq maisons qui l'entoure) parce que le garage en dessous de chez moi faisait trop de bruit et que ça l'énervait que les gens passent par là pour aller faire leurs courses...résultat, ils sont obligés de faire un détour d'environ 850m, ce qui va forcément faire prendre à mes voisins leur voiture pour aller faire leurs courses alors qu'auparavant ils en avaient pour environ 3 minutes à pied) dans ces conditions il est difficile de se dire qu'on pourrait partager....
Ce que je fais (et je pense que beaucoup de personnes qui te lisent font de même) je parle autour de moi, montre ma manière de vivre, fait réflechir les gens...amène des idées nouvelles et parle parle et parle....
Je crois qu'en fait, actuellement il est difficilement possible de faire autrement en tout cas en France, avec la manière de penser et de vivre des français....il y a sûrement des exceptions (le troglobal, lieu troglodytique où j'ai fêté mes 24 ans en témoigne...ils vivent en se partageant les 'restes' des marchés...cuisinent ensemble, font la fête ensemble, creusent des nouvelles grottes pour les nouveaux arrivant etc....) mais je n'en ai pas connu beaucoup plus....
comme d'habitude, je pense qu'il faut continuer à en parler autour de soi, et peut-être ça viendra petit à petit....enfin bon...
bisou à toi raffa,
The heartsless witch !
Raffa, il y a longtemps que je vous lis avec bcp de plaisir...je n'aurais jamais pensé que vous étiez timide et solitaire...
Connaissez-vous la fête des voisins ? c'est un très bon moyen de lier des liens avec son entourage... comme nous le faisons là ou je vis...Nous avons fait hier une autre réunion juste avant les vacances,
j'ignore si nous en refaisons une autre fin septembre, comme l'an denrier, mais elle remporte moins de succès..
c'est une idée parmi d'autres...
oh la la Raffa que de compliments tu me fais rougir, un comble avec mon pseudo !! j'étais comme toi quand j'ai créé la coop mais j'y ai cru très fort et cette force a quand même tenu l'édifice 13 ans. des affiches avaient suffit à attirer des personnes intéressées, après chacun a donné ce qu'il a pu, c'est la durée qui nous a perdus car les gens se lassent, ils ne sont pas forcément sur la même énergie de départ, on veut surtout recevoir, donner on a tendance à laisser faire les autres... et puis il y a ceux qui partent à fond, se donnent sans compter et puis une vétille un jour les fond tout lâcher pour aller voir ailleurs, ça arrive aussi quand le navire est en difficultés, ça ! je crois toujours que c'est possible, mais depuis mon expérience ( certes décalée, si c'était à refaire dans le contexte actuel ça serait différent ) j'ai quand même un à-priori sur les SELS, les 'amaps', les assocs locales d'écolos etc. c'est dommage mais ça me préserve aussi de me réembarquer dans de grands projets, je me cantonne à 'coopérer' juste avec quelques amis, c'est tout et je trouve que ça se passe très bien
bises
cerise
Quelques réflexions ... mais pas de vraie solution ... évidemment :
Pour s\\\'entraider, il faut se faire confiance. Et pour se faire confiance, il faut du temps. Quand les gens changeaient moins souvent de lieu de résidence, ils se connaissaient mieux, sur une ou deux générations. Il y avait aussi des règles (j\\\'en parlais aun sein d’un SEL, avec un ami ancien agriculteur). Cela facilitait ces échanges. Mais il ne faut pas idéaliser non plus, il y avait aussi des rancunes, tenaces comme la confiance ...
Que faire aujourd\\\'hui ?
Pour échanger, il faut partager les mêmes valeurs (honnêteté, empathie, ...). Il faut aussi être suffisamment différent : par définition, je n\\\'ai rien à échanger avec quelqu\\\'un qui serait identique à moi. Je prends l\\\'exemple des gardes d\\\'enfants : cela peut marcher entre familles qui ont des temps de travail différents, ou bien entre une famille avec de enfants et une personne, ou couple, sans enfants.
J\\\'habite depuis 8 ans dans ma commune. Au début, j\\\'ai galéré pour trouver des dépannages pour les gardes d\\\'enfants. Maintenant, j\\\'ai une petit réseau d\\\'amis ou de connaissances, et je sais que je peux trouver un petit coup de main si besoin. C\\\'est très informel, cela se fait naturellement : as-tu une visseuse ? Zut, ma perceuse est en panne ! Tiens, je n’ai plus d’oeufs pour faire mes crêpes ...
Au cours des diverses manifestations locales (oui, l’école est un lieu de rencontre important), je repère ceux qui ont vraisemblablement les mêmes centres d’intérêt que moi (tiens, quelqu’un qui récupère le papier alu à la fin de la fête de l’école et parle de la faire recycler ??? ça m’intéresse bigrement !).
Je suis arrivée, ainsi, à trouver quelqu’un pour covoiturer, connaissance de connaissance qui travaille tout près de mon bureau. Nous faisons petit à petit connaissance, pour de vrai.
Je repère aussi, dans le voisinage, ceux qui sont aimables mais centrés sur eux-mêmes. A qui on peut demander un petit service, mais mieux vaut ne pas abuser ...
Peut-être faut-il aussi, pour être enclin à l’entraide, avoir eu soi-même des difficultés, maladie, isolement de la famille, difficultés financières ... Je crains malheureusement que l’aisance matérielle (qui n’est pas universelle, mais généralisée) n’ait fait oublié certaines réalités à la majorité.
Pour la coopération je pense qu'il faut déjà viser la famille et les amis,rester dans de simples et petites structures,
Déjà au plan personnel il y a tant à faire,ne serait-ce que faire le marché plus régulièrement ,acheter dans les magasins de quartier,faire travailler le cordonnier etc.
Merci alors en tout cas d'etre au centre de tous ces échanges!
au plaisir de vous lire Isabelle
http://groups.yahoo.com/group/freecycleparis/
Je crois bien que c'est sur le blog de Raffa que j'en ai entendu parler..
Désolée Raffa, j'aurais bien voulu te donner un exemple réussi de lien social, solidaire et coopératif ... mais mon expérience me fait craindre qu'ils ne soient rares, ou alors très récents, donc sujets à échec plus ou moins cuisant . Je fais un petit article sur ce sujet dans mon blog, pour essayer de rebondir et provoquer d'autres réactions...
Néanmoins, je trouve toujours ton blog très bien fait et très utile et cet article permettra peut être à encore plus de personnes de s'impliquer dans ce genre de démarche, c'est tout ce que je souhaite pour l'avenir de mes enfants, petits enfants et au-delà ...
J'habite dans une grande ville depuis peu et ne connais quasiment personne. J'aimerais beaucoup développer un système d'entraide dans mon quartier constitué de retraités et de couples qui partent tôt le matin et rentrent tard le soir. Sur les conseils d'une amie, je me suis inscrite sur ce site http://www.peuplade.fr/home/ .
Pour l'instant, je n'ai toujours pas osé contacter les personnes vivant dans mon secteur (elles non plus d'ailleurs ne m'ont pas contactée).
Bref, difficile de faire le pas ...
Ce que tu dis m'interpelle énormément, car comme toi, je partage sur Internet (et dans ma bande de copains) mais j'ai du mal avec mes voisins... Ils sont peut-être aussi venus s'installer en ville pour avoir la paix; la solidarité entraîne parfois aussi (dans la tête de certains) du jugement par rapport à certains comportements, et on peut avoir envie d'être non-jugé... Nous avons perdu la confiance dans les rapports humains! Mes parents font partie d'un SEL,(à la campagne) et eux aussi sont un peu déçus du manque de dynamisme, et finalement de l'étroitesse de certains échanges (mais au moins il y en a). Réseauter, c'est essentiel pour s'en tirer dans notre vie, surtout si on cherche à mutualiser les machines, les moyens de transport, les surplus de récolte, les bouquins, journaux, revues etc. (comme chez Pastourelle) Mais l'organiser, c'est toujours l'affaire de quelques dynamiques (comme Cerise), et parfois on s'essoufle, si la relève n'est pas là... N'empêche, le faire, même à un petit niveau, est important... je pense que ça doit rester de l'initiative individuelle (après tout, il y en a qui n'aiment ni prêter, ni partager...)
Ce qu'il faudrait peut-être pour créer les premiers contacts (une idée comme ça), ce serait une sorte de signe distinctif, autocollant, petit drapeau de couleur, ou autre, pour annoncer 'je cherche des personnes avec qui créer un réseau d'échanges'. Un signe de reconnaissance qui permettrait de se reconnaître entre volontaires-pour-l'aventure-solidarité, sans avoir à aller faire du porte à porte.
là
mais nous ne le savons pas...
peut-être l'idée serait de monter une passerelle du virtuel vers le réel... genre une carte où les gens s'ajouterait et qui se rendrait compte qu'ils sont dans le même quartier...
tu pourrais peut être de renseigner auprès d'eux.
a+ et bonne continuation
En france, bloquée par cette impossibilité évidente là où je vie, j'ai parfois rêvé de partir de la ville avec mes amis et ma famille et de créer mon petit village écologique... Qui sait? un jour peut-être...
Mon rêve: un village écolo en afrique! Histoire de lier les deux et d'aider la population locale.
Bises à toi Raffa
C'est vrai qu'il est frustrant de voir que l'on arrive 'facilement' à être militant sur le web et qu'il est difficle de le faire au quotidien avec ses voisins et/ou ses proches mais en même temps, sur le web, les gens qui consultent ton site sont dans la même démarche que toi.
Que pouvons-nous demander de plus à nos voisins, amis et familles.
Quand à fabriquer des outils informatiques pour améliorer cela, j'avoue être assez septique ... déjà réapprendre à nous parler et ne pas avoir 'peur' de l'autre.
Commencer par éteindre les tv serait à mon point de vue, un 1er grand pas en avant.
phil
'oui on voudrait bien mais on peut pas ou on sait pas comment'
Sur Eco-bio-info (http://www.eco-bio.info/forum/upload/), depuis le temps que tu t'y balades, n'as-tu jamais créé de liens avec des personnes de ton coin? On voit les localisations des personnes qui l'indiquent dans leurs profils, et aussi ceux qui se sont ajoutés sur la carte / mappemonde, tout en bas... cela peut aider à créer des liens 'hors du net', non? C'est juste une question. Moi non plus, je ne l'ai pas fait et je suis pourtant inscrite depuis plus de 2 ans.
J'ai très envie de participer à la marche de la décroissance depuis que je sais qu'elle existe... mais je n'ai pas encore eu l'occasion. En Belgique, il y'a la Démarche de l'Après-croissance!! J'ai très envie d'y aller, rencontrer des gens, (qu'ils soient de tout près de chez moi ou non... mais certainement qu'il y en aura qui seront presque mes voisins!) ce sera super!! (http://www.demarche.org/) Qui d'autre sera là?
après c\\\'est vrai qu\\\'on peut aller vers les autres soit sur un thème comme l\\\'écologie ou autre, ou sans rien pour connaître les gens, faire un bout de chemin et après peut-être parler de ses thèmes de prédilection. Nouvelle dans une petite ville de province il y a quelques années, j\\\'ai commencé par m\\\'investir dans l\\\'association des parents d\\\'élèves de l\\\'école de mon fils. On a préparé la kermesse, animé une petite bibliothèque... aujourd\\\'hui, nous sommes une bande de parents qui s\\\'entraident, trouvent des solutions pour les autres. je garde des enfants quend c\\\'est possible, je rends des petits services, on me donne les infos que je cherche... unpetit bonjour au marchand de journeaux, une implication danas une structure locale peut vite créer un réseau . M^me si tous ne sont pas des Amis de coeur, des âme soeurs , c\\\'est une chaîne.
quand à mon dada qui fait que je suis ici, il faut y aller avec prudence. quand j\\\'ai annoncé très fièrement que je faisais mon pain, mes yaourts, que j\\\'utilisais des noix de lavage... on m\\\'a souri gentiement, parce que je suis gentille, mais bon, j\\\'ai bien vu que je passais pour une fofolle. Mais avec le temps, j\\\'en ai rencontré qui y étaient sensibles, qu testaient et qui ouais!! l y passaient à l\\\'écologie ( certains par le levier économique, mais bon le résultat est là) J\\\'ai m^me découvert que mes meilleurs amis (un couple) avait le même projet de maison passive que moi! personne n\\\'osait en parler et là quelle après midi on a passé dans la technique quand on s\\\'est aperçu que plus personne ne rigolait des toilettes sèches, des panneaux photovoltaïques...
Bon c\\\'est pas gagné pour tout le monde, alors je me fais une raison, persuadée d\\\'être dans le vrai et je les laisse ricaner quand je bricole mes tites lingettes ou que j\\\'élabore des produits bizarres mais efficaces et sans danger.
Alors bon courage à tous on n\\\'est pas des bêtes curieuses et faut y aller même si les autres ne nous comprennent pas, que ce soit dans l\\\'écologie ou dans la solidarité (mais c\\\'est lié)
Je travaille dans un centre social et il est vrai qu'il est difficile de mobiliser tout le monde pour des rencontres.
Néanmoins, Il existe des lieux comme les centres sociaux dans à peu près tous les quartiers et dont les objectifs principaux sont justement la rencontre des habitants autour d'activités ou de discussions.
Renseignez vous auprès des centres sociaux de votre région, il y a souvent des café détente, des locaux, des activités partagées, qui permettent de rencontrer ses voisins et des acteurs sur le quartier qui pourront vous informer sur les initiatives écolo qui se font, un réseau social, écolo qu'on ignore bien souvent, ou qui pourront créer un atelier au centre social autour de l'écologie que vous pourrez animer.
Personnellement, j'ai créé des liens avec mes voisins, surtout ma voisine du 3e. On se parle dans le couloir, on se tient au courant de nos actualités, on se donne des conseils, je lui ai dit où déposer ses poubelles de recyclage, lui ai fait découvrir les algues, le restau écolo de la ville, etc. et elle m'a aidé à faire cv et lettre de motivation car elle est psychologue du travail dans une boite nationale. Bref on s'entend très bien.
J'ai commencé à faire connaissance avec la commerçante du bas et des commerçants autour. C'est une volonté personnelle de prendre des nouvelles de chacun, de s'informer sur les lieux de vacances, les soucis divers, les invitations, etc.
Même si c'est moins que je l'aimerai, c'est une volonté individuelle d'aller vers l'autre.
A jackihi ,
Il est vrai qu'il est dur de 'confronter' ses idées écolo à celles de 'gens ordinaires'...
J'entends pas là, ceux qui veulent être en paix, sans se poser de questions, même si elles sont essentielles. J'approche la cinquantaine, ça veut donc dire qu'il y a un certain temps que je concurrence Don Quichotte
Mais à force de toujours tomber au même endroit, la goutte d'eau finit pas faire un trou dans la roche. Aussi bien du côté des collègues que des voisins, on me regarde un peu moins comme une bête curieuse, on finit par se demander si je n'aurais pas un petit peu raison. Il faut dire que les médias m'aident un tantinet!Une collègue m'a dit, il y a quelques semaines : tu sais, tu as raison dans tout ce que tu dis, mais ça fait tellement peur, et tu le dis d'une façon tellement 'forte', qu'on préfère se dire que tu es pessimiste ou un oiseau rare... Mais maintenant, je suis d'accord avec toi, j'ai réfléchi.
Ca fait des lustres que je ne tenais plus de discours vert en face d'elle, vu sa réaction de départ. Le fait que des mois plus tard, elle vienne me dire ça, je me dis que rien n'est perdu.
Si on n'a pas de combat commun à mener avec des gens, ou de projet de création commun, et bien, c'est très dur de pouvoir parler sereinement avec ses voisins. J'affiche mes opinions sur ma fenêtre : ils savent à quoi s'en tenir
Une voisine m'a dit aussi il y a peu que j'avais raison sur toute la ligne (je parle d'écologie, bien sûr)...
L'opinion des gens change, on ne peut plus nier le réchauffement climatique, si on est un tant soit peu observateur!
C'est en militant que je rencontre le plus de gens proches de chez moi avec qui je partage des opinions semblables. Pour l'instant, nous militons contre l'implantation d'un circuit motos près de nos maisons ( http://www.uncircuitnonmerci.be/ )
Je peux vous dire qu'il est assez amusant de voir qu'on connaît plein de gens en commun! Le monde est petit
Et bon sang, quelle ambiance, et quel travail de fond, c'est génial!
Un autre moyen pour moi de rencontrer des gens un peu plus proches de chez moi est de sortir ma harpe celtique, ou de chanter avec d'autres....pour sauver le bois du caillou qui bique, par exemple : http://www.natagora.be/index.php?option=com_content&task=view&id=743
En bref, défendre une cause demande de l'énergie et est assez fatigant quand on le fait face à d'autres personnes qui n'ont pas forcément les mêmes opinions : j'ai parfois claqué la porte d'associations dont j'étais membre car je ne pouvais plus supporter....
Courage, tou(te)s, les petits ruisseaux font les grandes rivières
Syl
moi aussi elle est éteinte depuis bientôt 4 ans et c'est clair qu'on est souvent regardés comme des extras-terrestres mais nous sommes des preuves vivantes qu'on en survit.
En plus, grâce à gmtv on est même à la pointe de l'info !
Personnellement l'associatif et le militantisme j'ai déjà donné, et pdt de nbses années... Je n'en veux plus. Non que cela m'ait réellement déplu, en tout cas au niveau 'militant de base'. Mais dès qu'on passe au niveau supérieur c'est le début de la galère. Galère à cause de l'administratif, de la recherche de fond, de la com' et SURTOUT, ce qui me les a fait quitter les unes après les autres, la politisation. On se rend aussi pas mal compte que les 'bénévoles de base' ne sont que les petites mains d'une machine qui a une finalité qui n'est pas forcément celle que l'on pensait.
J'ai par exemple aussi mis en place des choses quand je vivais dans une cité universitaire de 150 étudiants. En particulier le tri des poubelles. Nous étions 2 à vouloir le mettre en place. Nous avons obtenu l'accord de la direction, à condition de nous occuper de tout (le personnel ne devait par exemple pas devoir s'occuper de ses poubelles) Nous avons réussi à rassembler une petite équipe pour avoir une personne 'responsable' à chaque étage (bien donner les indications de tri, quoi va où, vérifier que le tri était bien fait, descendre les poubelles les jours des ramassages...) Au final, cela a été relativement bien suivi, mais le nombre de fois où nous devions revider les poubelles et refaire le tri..., sonner le toscin pour trouver un ou deux tondus pour descendre les poubelles ... (se dire responsable n'est pas la même chose que de le faire en pratique). bref sur la fin nous nous occupions quasiment de tous les étages, seules.
Je cherche quelque chose de bcp moins formel et de beaucoup plus localisé. Déjà sans voiture cela limite le rayon d'action
Avec Lap, cela fait pls fois qu'on se dit qu'on devrait au moins aller au réunion tardive du commité de quartier, j'ai perso plein de chose à leur proposer... Mais voilà on l'a tjs pas fait. La semaine dernière j'ai rencontré pour la première fois (!!!!) mon voisin de 2 maisons plus loin, on a papoté sur le pas de la porte, il me disait que le comité de quartier n'était pas si ouvert que je l'aurais voulu et que les propositions n'étaient pas tjs suivies... A vérifier par moi même bien sûr... mais je suis déjà refroidie. Ceci dit j'ai un très bon souvenir du comité des étudiants au sein duquel nous organisions toute la vie de la cité étudiante (vidéo, soirée à thème etc etc etc) et où j'ai été (lap aussi
De même, mon magasin bio est une coopérative, j'ai tjs pas pris mes parts... pourquoi ? Je me le demande mais je crois que c'est encore à cause de cela, les conseil d'administration les discussions à n'en plus finir, et la politique (la gérante est membre actif du parti écolo).
Je cherche vraiment à tisser un lien social solidaire sans structure, sans obligations, sans militantisme, sans que ce soit une ou deux personne qui portent tout à bout de bras. Utopie ?
« Tout le monde est tellement pressé... tout le monde part tôt et rentre tard, fais ses courses et se divertit un peu le we... et puis la semaine recommence ! on ne connaît plus ses voisins, on voit peu sa famille... »
C’était un peu moi avant d’avoir mes enfants, avant de prendre mon congé parental avant de prendre le temps de les éléver, de m’éveiller à la réalité du monde dans lequel ils sont en train de grandir, de me prendre une grande claque (moi qui pensait être plutôt écolo…) avant de découvrir Raffa, et finalement avant de m’engager dans diverses association.
Tu vieux du lien social, tu l’as ici, immatériel et pourtant tellement sincère, profond et important.
Tu veux du concret dans ton quartier, cherche une asso sur un thème qui t’es cher, rends toi à la mairie propose tes idées, des pistes.
Comme disent Lia, Sylvaine et Syl, le tissu social est là, pas partout présent, des asso existent déjà, crée par des gens qui, eux, ont la fibre sociale.
J’ai découvert une asso de ma ville par le biais d’un opération de ‘nettoyons la nature’ (pour ce qu’il en reste ici…), non pas que j’avais hyper envie de ramasser les crasses des autres, mais je me suis dit que c’était l’occasion de rencontrer des gens bien et ça n’a pas loupé.
Les asso sont déjà créés, elle n’attendent plus que des gens comme nous : motivés mais ‘timides’ pour faire des actions, qui amèneront à leur tour d’autres gens à s’intéresser aux sujets qui nous sont chers, à s’engager eux aussi. C’est long, ça prend et ça prendra encore du temps, mais il faut y aller !
Pour résumer mon parcours, de rien du tout (plutôt sauvage et associable, même si j’ai un chien à sortir), en 3 ans : je suis devenu militante à Greenpeace (entre autre tenir les stands et aller à la rencontre d’inconnus dans la rue pour leur expliquer les OGM et leur demander une signature pour un moratoire n’était même pas imaginable il y a 3 ans…), membre d’une association municipale sur le thème de l’environnement et de la solidarité (avec pleins de projets dont un de jardin collectif sur les toits…), partie prenante d’une AMAP depuis sa création et… je vais même à la fête des voisins ! A mon petit niveau c’est une révolution, pour ma famille aussi et pour notre plus grand bien.
Parfois c’est dur, ça fatigue, on n’est pas toujours d’accord avec tout le monde, mais ça fait son petit bonhomme de chemin quand même. Il suffit d’une personne de temps en temps qu’on a réussi à toucher dans sa famille ou sur le terrain, d’une actualité particulière pour nous rebooster.
En fait pour se lancer vers les autres et sur le terrain, il suffit de se mettre un bon coup de pied aux fesses la première fois. Je ne sait pas comment te le dire Raffa, mais mon coup de pied ça a été mes enfants et toi.
Tu fais déjà à toi seule le travail de plusieurs asso à la fois et avec quel succès !
« c'est une volonté individuelle d'aller vers l'autre. » Lia
« La question de la timidité et le caractère solitaire sont personnels, à toi de te situer par rapport à ça. De le surmonter au besoin » Lap
Pas mieux que ces deux là, je suis certaine que le jour où tu l’aura vraiment décidée, où ça deviendra une nécessité pour toi, ça va bouger dans ton coin, et ailleurs !