Raffa ::: Le Grand Ménage :::

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31/01/2008

Triste nouvelle pour la biodiversité et la sécurité alimentaire

J'hésite entre profonde colère et lassitude abyssale. Voilà en effet une bien triste nouvelle concernant la saga Kokopelli-Baumaux.

Pour rappel, l'Association Kokopelli a pour but :

  • de remettre en valeur, dans les pays Européens, une collection planétaire d'anciennes variétés pour les potagers et jardins, et de la rendre de nouveau accessible aux jardiniers.
  • d'oeuvrer dans les Pays du Sud à la mise en valeur de techniques d'agriculture durable par le don de semences traditionnelles ainsi qu'à la mise en place de réseaux paysans de production de semences et de centres de ressources génétiques.

Fin 2005, la société Graine Baumaux, bien connue des jardiniers, a porté plainte contre cette association d'utilité publique pour concurrence déloyale.

Pour ceux qui ont raté cette épique saga, lisez :

Les verdicts sont tombés...

Kokopelli: biodiversité, la fin des illusions

L’Association Kokopelli est lourdement condamnée :

  • 12.000 € pour le grainetier Baumaux
  • 23.000 € pour l’état et la fédération des industriels de la semence (FNPSPF).

Il faut être réaliste : les semences que défend l’association Kokopelli, étant maintenues dans l’illégalité par une volonté politique, nous ne pouvions pas gagner ces procès.

Malgré les directives européennes, les avis de l’ONU, du Sénat, de scientifiques, d’agronomes affirmant l’urgence de sauvegarder la biodiversité végétale alimentaire, l’état français refuse de libérer l’accès aux semences anciennes pour tout un chacun.

C’est ce qui permet aujourd’hui aux magistrats d’infliger ces lourdes peines à l’association Kokopelli.

Dans le cas du procès de la SAS Baumaux pour concurrence déloyale, M. Baumaux verra donc son bénéfice de 800.000 € augmenté de 10.000 € et recevra 2.000 € pour ses frais.

L’état français recevra 17.500 € au motif que KOKOPELLI vend des semences illégales, 5.000 € seront consacrés aux frais et à l’information du bon peuple sur les pratiques dangereuses de l’association KOKOPELLI. Les semences qui ont nourri nos grands-parents et qui servent à nous nourrir aujourd’hui par le jeu des croisements, sont donc devenues illégales et dangereuses.

Nous avons eu droit au Grenelle de l’environnement : il faut sauver la biodiversité ! alors pourquoi condamner une association qui sauvegarde avec ses adhérents et ses sympathisants, plus de 2500 variétés en risque de disparition ? Pourquoi condamner ces semences dont la FAO reconnaît qu’elles sont une des solutions pour assurer la souveraineté alimentaire, face aux dérèglements climatiques et à l’augmentation de la population mondiale ? Pourquoi les mêmes variétés, selon qu’elles sont vendues par KOKOPELLI ou d’autres opérateurs entraînent condamnation ou mansuétude ? Pourquoi les grandes surfaces vendent des fruits et légumes issus des variétés interdites à KOKOPELLI, en toute impunité (en tout cas à notre connaissance).

Les condamnations infligées à KOKOPELLI ne sont donc pas à chercher dans la nature des semences que protège l’association, mais dans ses actions.

L’association propose aux jardiniers, aux paysans, d’être autonomes et responsables, face au vivant. Dans notre société du tout marchandise, c’est intolérable. Le plus grand grief (sous jacent) fait aux semences anciennes ou de pays, est d’être reproductibles et qui plus est adaptables à de très nombreuses conditions de cultures, sans le soutien de l’agro chimie. Voilà la faute de KOKOPELLI : conserver le levain des savoirs populaires, agronomiques et génétiques. A l’heure où l’on veut nous faire croire que le tout hybride, OGM, chimique, énergie fossile, sont les seules possibilités d’assurer notre alimentation, propager l’autonomie semencière par l’exemple est devenu répréhensible. Ce qu’il faut retenir de ces condamnations, c’est la volonté affichée d ‘éradiquer les alternatives techniques et semencières autonomes.

Depuis 15 ans, KOKOPELLI protège la diversité de nos jardins, de nos champs, de nos assiettes, tout en essayant de faire évoluer le cadre juridique vers une reconnaissance de la valeur agronomique et culturelle des variétés reproductibles : L’ETAT FRANÇAIS NOUS A FAIT ECHOUER. Aujourd’hui, la disparition potentielle de KOKOPELLI ouvre un boulevard à l’uniformisation culturelle et productiviste agricole. La disparition de la « vraie » biodiversité basée sur la variabilité génétique d’une multitude de variétés locales ne sera jamais, et de très loin, compensée par la multiplicité de quelques variétés clonées.

Il est intéressant de noter la similitude des actions et de la répression envers les faucheurs volontaires, les amis de l’ortie, les défenseurs de l’herboristerie et KOKOPELLI : chacun cherche à sa façon, à protéger et promouvoir la vie et la continuité des savoirs. Pour notre gouvernement, tout cela est devenu répréhensible ! Face à ses contradictions, entre ses déclarations enflammées du Grenelle de l’Environnement et les condamnations qu’il obtient contre les défenseurs de la biodiversité, gageons que l’état français mettra un point d’honneur à prendre en réelle considération le devenir des générations futures.

L’association KOKOPELLI a toujours proposé la résistance fertile non violente et le dialogue, peut-être étions-nous trop en avance ? Mais maintenant, sauver la biodiversité est d’une extrême urgence. Si l’agriculture productiviste que protège le gouvernement se trompe, vous trompe, nous trompe, quelle stratégie de repli aurons-nous ? Si nos élus ont contribué à éradiquer notre patrimoine semencier alimentaire ?

La solution est dans votre camp, mesdames et messieurs nos gouvernants. Une fois, vous avez pu revendiquer « responsables, mais pas coupables ». Devant la faim du peuple, cet argument ne tient pas.

N’obscurcissez pas l’avenir, il l’est déjà suffisamment.

Mais peut-être faut-il lancer un appel : aux semences, citoyens !

Raoul Jacquin

Association Kokopelli

http://www.kokopelli.asso.fr/

Ceux qui avaient décidé de boycotter Baumaux suite à cette affaire, peuvent continuer. Continuez surtout à reproduire et diffuser vos graines, qu'elles soient ou non au catalogue, donnez-les, échangez-les, à vos voisins, à vos amis, investissez les forums de jardinage, swappez des graines. Ce patrimoine est à NOUS, ou plutôt nous en sommes les dépositaires. Ne nous laissons pas déposséder de notre droit à (re)produire gratuitement notre nourriture, nos légumes, nos engrais verts, nos fleurs, à conserver les milliers de variétés que l'agro-industrie continue de faire disparaître de nos paysages... Sauvons la biodiversité, les abeilles, notre survie. Merci Kokopelli.

PÉTITION POUR SOUTENIR KOKOPELLI
http://www.cyberacteurs.org/actions/action.php?id=194

Vous pouvez aussi, si ce n'est encore fait, signer la pétition "libérons les semences"

Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent agir et qui refusent d'intervenir. Albert Einstein

Sur le blog

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Déni de responsabilité : Les articles de ce blog résultent en général de la compilation d'informations en provenance de plusieurs sources et d'expériences personnelles. Dans la mesure du possible, ils tentent de compiler une documentation exhaustive dont les sources sont citées. Toute personne mettant en application ces renseignements le fait à ses propres risques. Raffa's blog n'assume aucune responsabilité des dommages susceptibles de résulter de l'usage de ces renseignements. En particulier toute décision concernant un traitement médical devrait toujours se prendre en consultation avec un professionnel de la santé qualifié.

21/04/2006

Saga Kokopelli-Baumeaux, 1ère victoire

Ce texte n'est pas de moi, je ne fais que relayer l'information

Alors que l'Etat Français, au mépris du consensus populaire, légalise la dissémination des chimères génétiques sur le territoire de France et ratifie, en catimini, la nouvelle version 1991 du traité de l'UPOV (qui interdit à tout jamais aux paysans de semer le grain récolté); alors que des militants faucheurs de chimères génétiques se voient bloquer leur compte bancaire et condamner à payer des amendes de centaines de milliers d'euros,

l'Association Kokopelli a gagné le premier des deux procès qui lui étaient intentés.

Le 14 mars 2006, le Tribunal d'Instance d'Alès a relaxé Dominique Guillet (président de l'Association Kokopelli), a débouté le GNIS et la FNPSP ( Fédération Nationale des Professionnels de Semences Potagères et Florales) de l'ensemble de leurs demandes et a laissé les dépens à la charge de l'Etat.

Le GNIS et la FNPSP avaient porté plainte contre l'Association Kokopelli pour commercialisation de variétés de semences non inscrites sur le catalogue national. Rappelons que le GNIS (Groupement National Interprofessionnel des Semences) est un organisme hybride ( à la fois officiel et interprofessionnel), sous tutelle du Ministère de l'Agriculture et dont la création remonte au gouvernement du Maréchal Pétain en 1941.

Le Tribunal d'Instance d'Alès a souligné que "il existe bien tant au niveau communautaire qu'au niveau national le cadre légal susceptible de permettre l'inscription de variétés de  semences anciennes sur un catalogue officiel", que " l'incrimination générale des variétés de semences anciennes commercialisées par l'Association Kokopelli, au motif de leur non-inscription sur le catalogue officiel ou le registre annexe, est incompatible avec les objectifs du droit communautaire de créer une liste de variétés de conservation" et "qu'enfin, rien ne permet de soutenir, en l'absence justement de détermination précise des conditions de leur inscription au catalogue, que les semences de Kokopelli ne seraient pas éligibles à cette procédure".

Nous nous réjouissons de cette première victoire. Puisse t-elle nous encourager à continuer notre combat conte le terrorisme alimentaire orchestré depuis des dizaines d'années par les multinationales biocidaires avec la complicité de nombreux Etats: ces fabricants de poisons détruisent la Planète, imposent leurs chimères génétiques et leurs clones végétaux dégénérescents tout en confisquant le Vivant.

Soulignons de nouveau que le GNIS (sous tutelle du Ministère de l'Agriculture) attaque l'Association Kokopelli pour distribution de variétés anciennes de potagères alors que la France claironne haut et fort son engagement à lutter conte l'érosion génétique et qu'elle a signé en juin 2004 le Traité de Rome portant sur la protection de la biodiversité alimentaire.

La réalité est, en fait, que cinq multinationales contrôlent 75 % du marché des semences potagères sur la planète: elles dictent leurs lois et ont pris en otages les peuples et les nations. Monsanto est le numéro 1 de ces cinq corporations.

Le second procès, intenté contre l'Association Kokopelli par la société Graines Baumaux de Nancy n'a pas encore été appelé à l'audience.

Dominique Guillet

Association Kokopelli

http://www.kokopelli.asso.fr/

Lire aussi

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05/03/2006

Communiqué de l'Association Kokopelli relatif aux attaques de la société Graines Baumaux.

Désolée pour la longueur pour une fois ce n'est pas moi , je ne fais que relayer l'information.

 



Suite de l'affaire Kokopelli/Baumaux dont je vous ai parlé dans l'article  Menace sur la biodiversité potagère

En préambule, nous souhaitons affirmer qu'il n'est pas question que nous sombrions dans une guerre de communiqués. Nous rappelons que c'est la société Baumaux qui nous a attaqués en justice ainsi que dans son catalogue, et ainsi que dans divers communiqués envoyés par courrier électronique. Ces derniers communiqués, d'ailleurs, ne brillent pas par leur courtoisie et témoignent d'un certain acharnement à notre égard.

L'Association Kokopelli n'a jamais prétendu à la perfection: nos objectifs sont la libération de la semence, de l'humus et de l'homme. Nous faisons ce que nous pouvons avec très peu de moyens financiers alors que des sommes colossales d'argent public sont gâchées en recherches bio-technologiques, créations de chimères génétiques et création de variétés soit-disant modernes qui puissent résister aux agressions de la chimie lourde qui détruit nos sols inexorablement et tout autant la santé humaine.

Tout d'abord précisons que les attaques de Philippe Baumaux, en date de décembre 2005, sont lancées quelques mois après la publication de la cinquième édition de l'ouvrage de Dominique Guillet "Semences de Kokopelli" dans lequel (page 17) celui-ci tire un coup de chapeau aux pionniers de la biodiversité potagère que furent Sylvia Schmidt (Biau Germe), Philippe Desbrosses (Sainte-Marthe) et Philippe Baumaux (graines Baumaux). En ce qui concerne ce dernier pionnier, ce coup de chapeau nous a valu des décharges d'artillerie lourde!!

En effet, on ne peut oublier, qu'une dizaine d'années en arrière, Mr. Baumaux était lui même confronté à un certain nombre de tracasseries administratives (et il l'évoquait amplement sur une exposition telle que celle du château de St Jean de Beauregard dans l'Essonne) au regard des très nombreuses variétés potagères illégales présentées dans son catalogue. Illégales s'entend en relation avec le cadre législatif mis en place par un certain nombre de structures impulsées par le Maréchal Pétain en 1941.

Quelle est donc la contrepartie obtenue par Monsieur Baumaux pour un tel changement d’attitude ?

De la Désobéissance Grainetière Civile

Mr. Baumaux, par la suite, a résolument cautionné une procédure d'inscription des variétés dans une liste dite "pour amateurs". Quelle ne fut donc pas notre stupéfaction de découvrir dans la dernière édition de son catalogue de semences une pléthore de variétés potagères ne figurant dans aucun des catalogues nationaux de la Communauté Européenne. [...] l'Association Kokopelli se réjouit de la présence de telles variétés dans la gamme de notre confrère et ne peut que remercier Philippe Baumaux de participer à nos dynamiques de désobéissance civile semencière.

Catalogue officiel pour variétés amateurs.

Suite à un récent courrier expédié par la société Baumaux en réponse aux innombrables protestations émises par les jardiniers, nous souhaitons apporter les précisions suivantes:

  • l'inscription des variétés dans la liste amateurs est résolument payante et, à l'époque, de 1450 FF par variété (aujourd’hui 242.90 euros). Si Mr. Baumaux n'a pas à eu à débourser un franc pour l'inscription de variétés anciennes, ce n'est pas grâce à l'émouvante générosité du GNIS et de la FNPSP mais bien plutôt grâce au travail d'information, de communiqués de Dominique Guillet et à la fermeture de Terre de Semences. Ces communiqués, à l'époque, ont alerté l'opinion publique, la presse a relayé les informations, ce qui a généré un certain embarras au sein de certaines structures. Depuis lors, d'ailleurs, le GNIS s'est doté d'un site web miroitant de protection de biodiversité ... et de double-langage!
  • nous avons "pris le maquis" suite à notre refus de payer et surtout de cautionner les divers points du décret de décembre 1997: impossibilité de vendre aux maraîchers (et à ceux-ci de vendre les produits issus de semences de populations), DHS (Distinction, Homogénéité, Stabilité) avec un formulaire UPOV en 22 points (ne pouvant être rempli que par une structure spécialisée et générant des frais conséquents : 1500 euros par variété), etc... Pour plus d'informations, consulter l'article de Dominique Guillet: "Le catalogue national, une nuisance agricole de plus?"
  • suite à l'argument ressassé de protection des consommateurs, afin de protéger "l'authenticité", nous ne pouvons que répéter notre question: la nature du consommateur Français est-elle telle qu'il faille le protéger contre des dangers (de fraude, de falsification, de fausse dénomination) qui ne peuvent pas assaillir les consommateurs dans d'autres pays, tels que les USA et le Canada.
Précisions de nouveau qu'il existe dans ces deux pays, au jour d'aujourd'hui, 274 sociétés semencières, donc 274 catalogues de semences qui proposent 8494 variétés non-hybrides (de pollinisation ouverte). Ces 8494 variétés sont évidemment non-inscrites puisqu'il n'existe pas de catalogue national en Amérique du nord!

Dans la rubrique "chaudron qui traite la marmite de cul-noir"

  • Mr. Baumaux reproche à Kokopelli de distribuer des variétés de tomates avec des dénominations simplistes : "Rose du Japon" et "Large Pink Bulgarian", par exemple. Dans la propre gamme de Mr. Baumaux, nous trouvons les variétés de tomates "Russe", "Noire de Crimée", "Yellow Giant Belgium", "Purple Russian", etc, etc... Sans commentaires.
  • Mr. Baumaux reproche à Kokopelli de distribuer des variétés de tomates de création récente. Il est clair dans notre ouvrage que les variétés Green Zebra et Green Grape ont été créées par Tom Wagner de Tater Mater Seeds en Californie en 1985. Notre propos est bien sûr de sauvegarder des anciennes variétés mais surtout de promouvoir une liberté totale face à la mafia qui détruit cette planète. Cela veut dire que nous avons adopté résolument un certain nombre de variétés récentes de pollinisation ouverte. D'ailleurs, en passant, les variétés Green Zebra et Green Grape (Raisin Vert), inscrites en janvier 2000 dans la liste amateurs, ne satisfaisaient pas aux règles du décret de décembre 1997 car elles avaient moins de 15 années d'âge! Soit dit, encore en passant, la variété (géniale) Green Zebra fut proposée par un catalogue pour maraîchers d'une filiale de Limagrain au mépris total de ce même décret qui stipule que ces variétés sont interdites à la vente aux professionnels!
  • Selon Mr. Baumaux, la moitié de nos tomates seraient très courantes aux USA (et donc pas en danger d'extinction) et l'autre moitié seraient des variétés inconnues de Russie. Les collections de tomates anciennes auraient-elles participé à la réconciliation des deux blocs?
Faut-il aller faire son marché aux USA pour trouver des variétés savoureuses, tout en contribuant au développement des pays tiers, en payant la taxe sur les transports, chère à Mr Chirac ? [...] Sur 11 variétés de tomates vertes, seules 3 variétés sont largement distribuées aux USA et au Canada. Les autres sont quasiment inconnues.

De toutes façons, le propos de Kokopelli n'est pas l'exclusivité.

Du mélange des genres.

Mr. Baumaux implore les grâces divines afin que nous ne mélangions pas les combats des potagères avec les plantes dites de grande culture. Tout cela est hautement risible.

Pourquoi donc? C'est la même bande de multinationales biocidaires qui est en train de prendre le contrôle de toutes les semences sur la planète. Aujourd'hui, ce sont 5 multinationales qui contrôlent 75 % des semences potagères. Monsanto, de par son rachat de Séminis, en février 2005, est devenu le n°1 de la semence mondiale. Séminis, à elle seule, contrôle 40 % des semences potagères en Amérique du nord et 20 % des semences potagères de la planète!!

C'est bien le même Monsanto qui est en train de vouloir inonder l'Europe de ses maïs génétiquement modifiés et de ruiner toutes les agricultures traditionnelles des pays les plus pauvres.

Au moment où nous écrivons ces lignes, nous parviennent des messages d'alerte quant aux nouvelles lois que le gouvernement Français est en train de faire voter relativement à la semence et qui vont priver les paysans du peu de liberté semencière qu'il leur restait et quant aux nouvelles législations mises en place relatives aux chimères génétiques alors que 80 % du peuple de France n'en veut strictement pas.

Mr. Baumaux fait dans l'aphorisme et pense qu'il n'y a pas de libertés sans contraintes. De quelles libertés parle-t-on? De la liberté de la mafia des multinationales qui détruisent impunément la planète de leurs agro-toxiques?

Mr. Baumaux affirme qu'un amateur peut produire ses semences et les offrir gracieusement (et pourtant MR. Wohrer du GNIS nous avait affirmé le contraire). Soyons positifs, admettons-le, mais pour combien de temps encore? Pourquoi interdit-on alors aux paysans de le faire?

Mr. Baumaux affirme qu'un amateur a accès aux ressources génétiques. Des mots. Vu la prolixité plumitive de Mr Baumaux, nous aimerions avoir le texte écrit de cette  mansuétude.

Campagne Semences sans Frontières et Adoption.

Nous tenons à préciser que le peu de subventions que nous avons obtenues de fondations n'ont pas été attribuées par des gens stupides éblouis par quelques variétés de piments. Ces subventions sont en priorité dévolues à l'établissement de dynamiques de résistance semencière fertile dans les pays dits du Tiers-Monde. Pour Kokopelli, la liberté de mettre en place des pratiques réellement durables d'agro-écologie est tout aussi importante que la protection de la biodiversité. Une protection de la biodiversité alimentaire ne peut se concevoir avec une humanité enchaînée. Kokopelli, rappelons-le, a mis en place trois dynamiques dans le Tiers-Monde:
  • don de semences: nous distribuons des semences bios littéralement sur toute la planète.
  • organisation d'ateliers et de séminaires de production de semences pour autonomiser les paysans (tant en France, d'ailleurs, qu’à l’étranger).
  • création de centres de productions de semences et de réseaux paysans semenciers pour libérer les paysans du joug de la mafia des multinationales.
Quant à notre vision utopiste de confier à des adhérents la protection de telle ou variété potagère, elle est pour nous une façon de préparer un futur pour le jour qui verra l'agriculture hautement toxique s'effondrer définitivement. Pendant des milliers d'années, les semences ont été produites sans ingénieurs agronomes, sans techniciens agricoles, sans banque agricole, etc.... Le vocabulaire préférentiel de Mr Baumaux (qui lui permet de remettre en question nos utopies), "pure", "homogène", "standard", "critères" fait appel à un paradigme mortifère, figé et donc non évolutif que nous récusons formellement. Quant à sa vision du salut agricole par les hybrides F1, nous convions nos amis à lire l'article de Jean-Pierre Berlan, directeur de recherches à l'INRA, pour plus d'informations sur cette mythologie moderne que sont ces hybrides F1.

Précisions sur la gamme de Kokopelli

* Mr Baumaux, (dont la quasi totalité des semences proviennent de l'agriculture toxique, ne l'oublions pas) nous reproche d'acheter quelques variétés de semences bios à Suba e Unico en Italie parce que cette société vend aussi des semences non-bios.
  1. Ces semences sont certifiées bios.
  2. Nous pourrions acheter les mêmes variétés de semences ( carotte de Nantes, betterave ronde de Détroit ) à un catalogue Italien qui ne vend que des semences bios et biodynamiques. Cependant, ce même catalogue les achètent lui-même à Suba e Unico et nous les vend en faisant une marge bénéficiaire. Nous préférons les acheter directement à moindre prix.
  3. Sur notre gamme de 1500 variétés, ce ne sont qu'une vingtaine de variétés que nous achetons chez Suba e Ubico en Italie. Ce sont des variétés très communes. Nous pourrions demander à nos petits producteurs de les cultiver. Pourquoi ne le faisons-nous pas? La raison en est-très simple: le nombre de nos producteurs est tellement limité que nous préférons demander à un producteur Kokopelli de nous cultiver des semences de carotte violette plutôt que des semences de carotte nantaise. Un producteur ne peut cultiver qu'une variété de carotte ou qu'une variété de radis ou qu'une variété de navet ou qu'une variété de chicorée amère pour éliminer totalement les risques de croisements inter-variétaux naturels.
Rappelons que Kokopelli est une petite association sans but lucratif et nous n'avons pas la force financière d'une société Baumaux avec l'envoi de ses 400 000 catalogues. Nous faisons de notre mieux et nous pratiquons une transparence totale. Sur tous les sachets de Kokopelli, nos clients peuvent trouver le nom du producteur, la date d'ensachage et la date de production des semences. Ce dernier point est important à signaler car cette pratique n'est pas commune. Tous les sachets du commerce conventionnel ne portent que la date de l'ensachage, ce qui ne présume en rien de l'année de production. Nous avons opté pour une traçabilité totale et avons une entière confiance en la compétence critique de nos adhérents ou de nos clients.

* Mr Baumaux nous donne des leçons de vertu quant à certaines variétés qui seraient des "obtentions". Les grands mots sont lâchés. Et Mr Baumaux de citer des variétés de choux, d'oignons, etc.
  1. Certaines des variétés citées sont des semences provenant de l'Allemagne et de l'agriculture bio-dynamique. Il est fort possible que les semenciers bio-dynamiques Allemands soient en contrat avec des petites maisons semencières rachetées par des grands groupes. Nous n'avons pas les moyens de pousser nos enquêtes aussi loin.
  2. La variété d'oignon Sturon, mentionnée avec fracas comme étant en relation avec la société Syngenta, est considérée du domaine public par l'édition 2004 du catalogue du GNIS.
* Nous souhaitons affirmer avec force que la grande majorité de nos semences (qui sont toutes bios) sont produites par des petits paysans qui travaillent avec Kokopelli en France, avec Kokopelli en Angleterre, avec Essembio en France, avec Sativa en Suisse et Allemagne, avec ArcoIris en Italie. Nous avons même des variétés produites par de petits paysans que nous connaissons personnellement aux USA.

* Nous souhaitons aussi attirer l'attention sur le concept d'obtention. Ces "obtentions" ne sont pas tombées du ciel. Elles sont issues de variétés traditionnelles. Elles sont parfois conçues pour résister aux assauts de la chimie moderne, de l'agriculture toxique. On ne peut que répéter que les résistances (supposées) de ces "obtentions" modernes sont liées à une augmentation vertigineuse des pathologies végétales et que la courbe d'augmentation de ces pathologies est parallèle à la courbe d'augmentation de produits agro-toxiques durant les 50 dernières années. Ce n'est pas une coïncidence. Plus l'agriculture toxique inonde les champs de poisons et plus des pathologies végétales nouvelles se manifestent et plus il faut "créer" de "nouvelles variétés résistantes". C'est un cercle vicieux. Tout le monde y perd, (les paysans, la planète, la santé humaine) sauf les multinationales de la chimie et les grainetiers qui s'engraissent.

* Si tant est qu'il faille créer des "obtentions" végétales, peut-être cela devrait-il être une des tâches de l'agronomie d'état? En fait, la recherche publique dépense beaucoup d'argent à cela et quand le travail est presque fini, il est confié aux grands groupes semenciers "sérieux" (CF. L'article sus-cité de Jean-Pierre Berlan, directeur de recherches INRA, ainsi que l'ouvrage de Dominique Guillet). C'est la définition que nous avons donnée de la "Recherche Publique": c'est la recherche financée par la France d'en-bas pour accroître les profits de la France d'en-haut. Selon Mr. Berlan: "La recherche publique s'inscrit dans une division du travail scientifique. On lui confie les travaux de ce qui n'est pas directement rentable afin de laisser à la recherche privée les étapes finales conduisant au marché et au profit."

* Précisons qu'une grande partie des obtentions modernes ne sont que du vent ou plutôt du marché. Nous mettons quiconque au défi de prouver la distinction des 400 variétés hybrides F1 de tomates du catalogue national Français (2004) dont 301 variétés ont moins de 10 années d'âge (pour plus de précisions, se reporter à la page 603 de "Semences de Kokopelli"). Selon Henri Laterrot et Jacqueline Philouze, auteurs du chapitre sur les tomates dans l'ouvrage Histoire des Légumes (Editions INRA): "Le turn-over variétal est très rapide, la concurrence entre établissements de sélection, très dure". En clair, un marché de loups dont les fondements ne sont pas l'agronomie mais le marketing.

Kokopelli en justice.

Nous ne souhaitons pas alourdir ce communiqué avec nos commentaires relatifs à l'attaque de Philippe Baumaux, dans son catalogue (défonceurs de portes ouvertes, collectionneurs d'antiquités aztèques, etc,). Et ce pour la même raison que nous ne répondrons plus aux calomnies proférées par Mr. Baumaux sur le net. Nous les laisserons rebondir.

Nous allons, cependant, apporter des précisions quant aux attendus de l'assignation en justice de décembre 2005. D'ailleurs, de très nombreux adhérents et amis de Kokopelli ont fait de ces attendus des analyses très circonstanciées dont nous ne pouvons que nous inspirer.

  • Selon ces attendus, la société Baumaux "a sauvé de la désuétude de nombreuses graines anciennes". De la désuétude?
  • Selon ces attendus, la société Baumaux "s'est toujours conformée aux diverses obligations légales et réglementaires". Rappelons tout simplement que la société Baumaux a inscrit ses premières variétés de désuétude en janvier 2000. Pendant combien de nombreuses années, ces variétés ont-elles été présentées dans le catalogue Baumaux en dehors de toute réglementation? Ce qui est d'ailleurs, de notre point de vue, tout à l'honneur de Philippe Baumaux!! Mais qu'il ne nous reproche pas ce que lui-même a fait pendant si longtemps.
  • Selon ces attendus, la société Baumaux "a à de nombreuses reprises fait inscrire au catalogue officiel moyennant finance de nombreuses graines et plantes". Dans un de ces derniers communiqués, pourtant, Mr. Baumaux affirme que l'inscription a été gratuite.
  • Selon ces attendus, "les professionnels français des semences ont préservé un grand nombre de variétés potagères, une richesse environnementale et culturelle unique." Il suffit de se reporter à la cinquième édition de "Semences de Kokopelli" pour prendre conscience que c'est un mensonge. Selon les experts de la FAO, nous avons perdu 98 % des anciennes variétés potagères en un siècle en Europe. En fonction des tendances actuelles, il ne restera que des hybrides F1 dans le catalogue officiel Français dans une vingtaine d'années.
  • Selon ces attendus, l'association Kokopelli s'enrichit et fait de la concurrence déloyale à Baumaux avec des variétés dont "la demande par la clientèle professionnelle ou amateur est inexistante". Bravo Kokopelli! Non seulement nous sommes des défenseurs de la biodiversité, mais en plus nous excellons à commercialiser des semences à des jardiniers inexistants. Nous pourrions peut-être proposer notre candidature pour un nouveau prix Nobel, celui du jardinage métaphysique: de l'art de semer des semences non-référencées dans un jardin non-existant et d'en récolter quand même des légumes.
  • Selon ces attendus, l'association Kokopelli propose des produits "éventuellement dangereux" et des "plantes susceptibles de se développer sur un continent qui n'est pas le leur". Comment ces variétés qui ont nourri nos prédécesseurs, et sont les pré-bases des variétés actuelles, peuvent-elles être toxiques ? Mr. Baumaux confond: ce ne sont pas les variétés traditionnelles de tomates qui sont dangereuses, mais bien les chimères génétiques et tous les produits archi-toxiques et générateurs de cancers qui ont été utilisés par une agriculture qui se veut maintenant raisonnée (et encore polluante) mais qui a été irraisonnée pendant des dizaines d'années avec la haute bénédiction de la science agronomique moderne.
    De plus, que dire alors de toutes les variétés florales et ornementales exogènes, (herbe de la pampa…) et tous les pesticides dont le catalogue Baumaux est truffé?
    Si on retire de nos assiettes toutes les espèces alimentaires qui ne sont pas originaires de notre continent, il ne va pas nous rester grand chose, juste des glands et des sangliers! (Nous avons failli nous prendre pour des irréductibles Gaulois face à l'Empire des Monstersanto et autres multinationales biocidaires. ). Avec quelques plantes, quand même, en plus, pour le dessert: du seigle, de l'arroche, de la betterave mais pas assez diversifiées pour avoir permis ce fleuron de la culture Française qu'est notre cuisine traditionnelle.
  • Selon ces attendus, "ces variétés n’en sont pas pour autant menacées de disparition mais précieusement conservées dans des centres de ressources génétiques. Qu’elles peuvent se révéler essentielles dans les années à venir en matière d’alimentation, de santé et servir à l’obtention de nouvelles variétés avec des qualités bien spécifiques". La référence à la conservation précieuse dans des centres de ressources génétiques frise la science-fiction et pourrait peut-être constituer l'objet d'un film "L'Odyssée de l'Espèce". De toutes façons, il est de notoriété publique que les variétés conservées in frigo et in vitro dépérissent génétiquement, et deviennent inadaptées à des utilisations in situ. Quant à leurs qualités futures en matière d'alimentation, parle-t-on de ces mêmes variétés de Kokopelli considérées, selon les mêmes attendus, dangereuses pour le consommateur?
  • Selon ces attendus, "en se conformant a la réglementation en vigueur, la Société Graines BAUMAUX dispose nécessairement d un choix plus limite a proposer a ces clients". Parlons-nous encore de cette même clientèle non-existante?
  • Selon ces attendus, "cette manœuvre est destinée à accroître en apparence au moins, la variété des graines mise à la disposition du consommateur mais surtout le chiffre d’affaires de l’Association KOKOPELLI". Non seulement, proposons-nous des semences à des consommateurs inexistants mais en plus nous n'augmentons l'étendue de notre gamme, qu'en apparence. Mr. Baumaux veut-il dire que nos variétés sont inexistantes?
  • Quant à notre chiffre d'affaires, il est très modeste et notre comptabilité est effectuée par un cabinet d'experts-comptables, sis dans le Gard. Ce chiffre a été de 579 335 euros (hors TVA) pour l'année 2004  dont 40 % à peu près sont générés par la vente de l'ouvrage de Dominique Guillet, les adhésions et quelques soutiens de fondations pour nos actions Tiers-Monde. Nous rassurons nos amis et adhérents: à ce jour, aucune multinationale de la semence n'a tenté une OPA sur Kokopelli.
( Par souci de respect de la biodiversité culturelle, nous avons repris les attendus avec l'intégralité des fautes d'orthographe).

En conclusion

Il nous semble important de mettre en valeur que les systèmes logiques, les paradigmes, les fondements de Baumaux et de Kokopelli sont très dissemblables.

Mr. Baumaux, dans une page internet du GNIS, s'exprime comme suit: "Les variétés anciennes se vendent quand elles sont vraiment spécifiques, car elles sont souvent devenues obsolètes. Entre une variété de population ancienne et une variété hybride moderne, les amateurs préfèrent à 80 % la variété hybride, dont le résultat est meilleur et plus homogène. On peut juste regretter que cette homogénéité oblige à récolter tous les produits en même temps. Il n'y a pas d'étalement de la maturité."

Kokopelli est persuadé que les variétés anciennes ne sont absolument pas obsolètes. Ce sont les pratiques de l'agriculture moderne et occidentale qui sont obsolètes: elles conduisent la planète à sa perte.

De plus, si les variétés hybrides n'ont pas d'étalement de la maturité, c'est qu'elles ont été manipulées pour permettre à l'agriculture productiviste de récolter tout, en une seule fois. Ce qui est exactement le contraire de ce que demande un jardinier.

Nous nous interrogeons, de plus, sur le concept d'homogénéité. Existe-t-il une échelle permettant de mesurer l'homogénéité? Comment alors, Mr. Baumaux peut-il parler de variétés anciennes de population (distribuées dans son catalogue) qui ne seraient pas vraiment homogènes alors qu'il est stipulé, dans les attendus, qu'une variété doit être "bien homogène" afin de pouvoir être commercialisée dans l'Union Européenne. Une variété peut-elle être non homogène, un peu homogène, moyennement homogène, beaucoup homogène, très homogène, ( homogène à la folie ?) etc ? Peut-être le concept d'homogénéité n'est-il qu'un concept fallacieux (ou au mieux impondérable) comme beaucoup de concepts de l'agronomie moderne. Nous considérons que cette agronomie moderne est une des plus grandes mythologies du siècle passé. Peut-être est-elle homogène mais, en tout cas, de gênes à l'homo (soit disant sapiens), elle a beaucoup généré!

Mr. Baumaux, dans son catalogue, fait un encadré qu'il intitule "contre-publicité" (page 195 en rouge) dans lequel il explique à ses clients que s'il dénigre les variétés anciennes qu'il propose (dans son propre catalogue), c'est pour convaincre ceux-ci qu'elles sont obsolètes et qu'il vaut mieux acheter des variétés modernes. Voici le texte de cet encadré dans le catalogue Baumaux: "certaines variétés s’en tirent plutôt mal dans notre description. La raison en est la suivante : la description négative doit vous aider à remplacer des variétés dépassées, mais dont le nom a encore un écho, par des meilleures qui vous conduiront au succès".

Nous proposons de décerner à Mr. Baumaux la palme de l'abnégation militante. Il est bien courageux de vendre des variétés anciennes tout en étant pertinemment convaincu qu'elles ne valent pas grand chose et qu'en bref, on ferait mieux de les reléguer à la "désuétude" dont elles sont issues.

Quant à l'Association Kokopelli, elle forme (en 640 pages) les jardiniers, en expliquant de A à Z comment faire ses propres semences. Nous avons donc la volonté constructive d’aider les gens à accéder à l’autonomie. Monsieur Baumaux ne peut absolument pas revendiquer un tel fait, puisqu’il revendique haut et fort son statut de grainetier et donc de négociant d’hybrides, loin d’une quelconque convivialité de la semence, puisque ses revenus sont directement liés à la dépendance semencière de ses clients et qu’il est lui-même inféodé au bon vouloir de ses fournisseurs.

Par ailleurs, que dire des graines bio vendues dans le catalogue Baumaux, vu l’apologie que Mr Baumaux fait des hybrides et des variétés issues de manipulations de la génétique (tomate F1 Long Life page 238, haricot vert Easy Pick page 190, laitue Salanova, TM, page 205, etc…). La dichotomie de sa démarche et de son raisonnement  tient-elle  d’un mercantilisme exacerbé (produit d’appel), ou  d’une allumette bio cachant la forêt hybride… ?

L'équipe de Kokopelli remercie tous ses amis et adhérents pour l'énorme campagne de soutien, de solidarité et de communication mise en place depuis le début de cette attaque contre les fondements constructifs de notre dynamique de résistance semencière.

Ensemble, libérons les Semences et l'Humus et préservons des oasis de Semences de Vie pour le jour qui verra le Titanic agricole sombrer dans l'océan de ses vanités.

 "Rien n'est plus puissant qu'une idée, si l'heure est venue de la dévoiler" (Victor Hugo)

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19/01/2006

Menace sur la biodiversité des plantes potagères

Le 9 décembre 2005, l'Association Kokopelli a été assignée à comparaître auprès du Tribunal de Grande Instance de Nancy par la société Graines Baumaux. Cette société demande 50 000 € de dommages et intérêts à Kokopelli pour concurence déloyale.

Vous en avez peut-être entendu parler ? Ce sujet provoque un tollé sur tous les forums écolo ou de jardinage avec les mêmes réactions partout.

Pour ceux qui ne la connaissent pas l' Association Kokopelli a pour finalité :

  • de remettre en valeur, dans les pays Européens, une collection planétaire d'anciennes variétés pour les potagers et jardins, et de la rendre de nouveau accessible aux jardiniers. A ce jour, ce sont 2000 variétés ou espèces qui sont distribuées par l'association, dont 550 variétés de tomates, 300 variétés de piments doux et forts, 130 variétés de laitues, 150 variétés de courges, 50 variétés d'aubergines, etc.
  • d'oeuvrer dans le Tiers-Monde à la mise en valeur de techniques d'agriculture durable par le don de semences traditionnelles ainsi qu'à la mise en place de réseaux paysans de production de semences et de centres de ressources génétiques.

Elle a été créée, durant le printemps 1999, pour reprendre le flambeau de Terre de Semences qui oeuvrait, depuis 1994, à la protection de la biodiversité et à la production et distribution de semences issues de l'agriculture biologique et biodynamique. Terre de Semences avait elle aussi subi de nombreuses pressions.


(c) Kokopelli

On se demande bien pourquoi ? Une association de ce type devrait être reconnue d'intérêt public et financée par l'Etat ! Mais alors... pourquoi ? Pour vous expliquer un peu l'univers kafkaien des graines et semences, voici quelques  citations du journaliste Fabien Gruhier (voir aussi : Le catalogue national : une nuisance agricole de plus).

En France toute variété végétale non inscrite au catalogue officiel du GNIS (Groupement national interprofessionnel des Semences) est formellement interdite d’emploi. On n’a pas le droit d’en commercialiser les semences, ni encore moins les produits. Aucun maraîcher ne peut légalement proposer à la vente - même sur un tout petit marché artisanal, même s’il les a cultivés lui-même dans son jardin - des fruits ou légumes appartenant à ces variétés, bien de chez nous mais absentes de ce fameux catalogue officiel. Lequel catalogue se débarrasse chaque année d’espèces multiséculaires, pour faire place aux fameuses obtentions sélectionnées, et brevetées, des multinationales de la graine juteuse.

Aujourd’hui, au lieu de milliers ou même de centaines, les variétés « légales » ne se comptent plus, pour chaque espèce de fruit, légume ou fleur, que par petites dizaines, seules lucratives, et donc seules homologuées. Le catalogue officiel des plantes autorisées ne comporte plus qu’un petit 2% de variétés du domaine public.

Le 1er janvier 1998, un arrêté ministériel fut publié au « Journal officiel » en France, pour autoriser, par dérogation, la diffusion de « variétés anciennes pour jardiniers amateurs ». Mais à quelles conditions ! Il faut d’abord prouver que la variété a plus de vingt ans d’âge - chose le plus souvent impossible dans la mesure où la plupart de ces plantes, cultivées depuis des siècles mais strictement locales, sont « sans papiers » : elles ne bénéficient d’aucun pedigree écrit. Il faut encore que la variété, candidate à cette tolérance, soit constamment cultivée, afin de permettre à tout moment les inspections officielles. Enfin, il faut payer pour chacune d’entre elles un droit d’enregistrement de 1 450 francs. On imagine l’addition, puisqu’il s’agit de protéger des dizaines de milliers de cultivars... 

Pour Dominique Guillet de Kokopelli, c’est niet ! « Pas question de payer (1 450 francs par variété ! Et avec quel argent ?) pour la sauvegarde d’une biodiversité qui est d’intérêt public, et qui devrait donc au contraire être subventionnée. » Pas question non plus d’avaliser cette limitation aux seuls jardiniers amateurs - ce qui reviendrait à priver le public de fruits et légumes très goûteux.

Par ailleurs, la directive européenne de 1998 (98/95/CE) permet d'assouplir les critères d'inscription au catalogue national pour les variétés adaptées à des habitats spécifiques et menacées d'érosion génétique et pour les variétés de semences et plants adaptés à l'agriculture biologique. Cette directive européenne n'a pas encore été traduite en droit Français.

Depuis, les semenciers qui promeuvent la diversité des semences ont subi des pressions et des tracasseries administratives pendant des années et il semblerait maintenant que l'offensive passe la vitesse supérieure et tente de faire des exemples, voire une jurisprudence.

Depuis 2004, les agents de la Répression des Fraudes intensifient leur pression. En novembre 2005,  une petite coopérative (Biotope) a été condammée à payer une forte amende pour la vente de plantes sauvages condimentaires ou médicinales (pétition)!!!! Et ne parlons pas, en novembre toujours, des attaques de Monsanto vis à vis de la confédération paysanne.

Et en décembre 2005, la société Baumaux dépose plainte contre Kokopelli.

Morceaux choisis de la plainte de Baumeaux...

Sorry pour les fautes, elles sont d'origine.


"Droits de l'homme"
C'est contraire à la liberté du commerce

Qu'en effet, il n'est pas difficile de se démarquer de la concurrence en faisant valoir l'exclusivite de la vente de certains produits lorsque ceux ci sont interdits à la commercialisation,
Que les clients ne peuvent trouver ces semis et plants impropres a la commercialisation que par le biais de la marque KOKOPELLI,
Que l'excuse selon laquelle cette association vient defendre un patrimoine de graines oublie n'est en rien fondee,
Qu'en effet meme si d'anciennes varietes potageres ne sont plus proposees a la vente car la demande par la clientele professionnelle ou amateur est inexistant, ces varietes n'en sont pas pour autant menacees de disparition mais precieusement conservees dans des centres de ressources genetiques.
Qu il y a lieu, eu egard a l importance des plantes ainsi commercialise de voir cette association condamnee a verser a la somme de 50 000 euros en reparation du prejudice subi par la Societe GRAINES BAUMAUX.
Que compte tenu de la recurrence des faits et de la mauvaise foi qui s en suit, elle sera condamnee sous astreinte de 100 euros par jour de retard, a compter de la signification du jugement, a retirer toute publicite ou catalogue sur support papier ou sur Internet, pour des produits dont la vente n est pas autorisee par la legislation française et Europeenne,
Qu il y a lieu de voir condamner l association KOKOPELLI a ses frais, a la publication du jugement a intervenir dans un journal d annonce legal national.
Qu il y a lieu de voir condamner l Association KOKOPELLI au payement d une somme de 2000 euros au titre de l'article du N.C.P.C

Sur son catalogue, cette société fait aussi preuve d'une hypocrisie et d'une méconnaissance crasse des dangers qui pèsent sur la biodiversité des semences. Sans parler de leur manque de respect envers Kokopelli, non cité mais facilement reconnaissable.

Que faire ?

Il est inadmissible de poursuivre Kokopelli tant que les lois ne permettent pas de faire le travail d'utilité publique qu’elle réalise dans des conditions juridiques adaptées. C’est l’industrie semencière qui s’est rendue coupable de concurrence déloyale et de tromperie du consommateur, en prétendant que seules ses variétés seraient bonnes à cultiver. Ce sont les lois sur les semences qu'il faut changer afin que les paysans et les jardiniers puissent ressemer le grain récolté, conserver, échanger et sélectionner euxmêmes les semences qui leur permettent de rester indépendants des pesticides, des hybrides stériles et des OGM. 
Réseau semences paysannes.

De très nombreux clients de Baumaux, qui sont souvent les mêmes que ceux de Kokopelli d'ailleurs, ont réagi très vivement, et avec raison, en écrivant à la société et en demandant la suppression de leurs données du fichier client de Baumaux. contact@graines-baumaux.fr. Vous pouvez faire de même (au moins exprimer votre opinion) avec copie à dominique@kokopelli.asso.fr et aussi signer la pétition "libérons les semences" de Kokopelliet  et la pétition pour sauver les semences paysanes.

Nous convions tous les jardiniers à semer encore plus de semences interdites, à les donner, à les échanger. Nous les convions à produire de jeunes plants de variétés interdites afin de les distribuer dans leur entourage. Nous les convions à produire de la semence non certifiée pour le don aux pays les plus pauvres. Nous convions les jardiniers les plus audacieux à disséminer des semences de tomates, de courges, de laitues interdites dans les terrains vagues, le long des voies de chemin de fer, le long des talus, dans les friches... Résistons fertilement sinon, dans quelques années, il n’y aura plus de semences libres mais seulement des organismes génétiquement modifiés et des hybrides F1. Résistons fertilement sinon, dans une dizaine d’années, le jardinage familial sera interdit pour cause d’homogénéisation : il sera devenu une activité à haut risque bactérien et sociologique.
Dominique Guillet - Association Kokopelli

PS. Je ne connais pas la situation en Belgique. Semaille, chez qui j'achète mes graines, est-elle aussi menacée ?

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Déni de responsabilité : Les articles de ce blog résultent en général de la compilation d'informations en provenance de plusieurs sources et d'expériences personnelles. Dans la mesure du possible, ils tentent de compiler une documentation exhaustive dont les sources sont citées. Toute personne mettant en application ces renseignements le fait à ses propres risques. Raffa's blog n'assume aucune responsabilité des dommages susceptibles de résulter de l'usage de ces renseignemens. En particulier toute décision concernant un traitement médical devrait toujours se prendre en consultation avec un professionnel de la santé qualifié.