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Aller directement à la pétition : Zapper le
blabla
Aujourd'hui, en France, ce n'est un secret pour personnes, la crise du
logement est plus que critique. Les prix des terrains, des maisons et des
loyers sont devenus inaccessibles pour beaucoup. Les prêts se font sur des 30
voire 50 ans (autrement dit il faudra travailler plus, pour rembourser plus).
C'est très vrai dans les grandes villes, ça l'est tout autant dans les
campagnes. Les jeunes, en particulier les agriculteurs, ne peuvent plus
s'installer : les terrains constructibles sont hors de prix, les autres suivent
de près. Les campagnes se vident de leurs habitants. Les populations aisées des
grandes villes, les touristes étrangers, s'approprient
de plus en plus les montagnes, les régions boisées, les campagnes réputées
calmes et agréables... l'État a des projets ambitieux de développement
économique lié au tourisme, des projets de parcs de vacances se montent
etc.

(c)
Les
Cabanes.com
"
Nous construisons une maison en pierre, sans permis (qui peut aujourd’hui
acheter un terrain constructible en Cévennes à 20 ans ?), c’est petit, mais
suffisant, et imprégné de toutes ces pierres que nous avons aimées... quand
viendra-t-on nous déloger nous aussi ??? pour faire plus de place sans doute à
des personnes qui ne vivront là qu’une semaine par an ?"
Fialka, Cévénol
(commentaire laissé sur le site de la Picharlie)
Conséquence directe, en pleine crise du logement, la France détient le
record des résidences secondaires (3 millions)... inoccupées pendant 88% du
temps. En parallèle, une demande de logement social sur 3 est satisfaite et une
population toujours croissante de travailleurs urbains a pour priorité
quotidienne de se trouver un coin décent où dormir le soir même. Une plus
grande encore vit dans des conditions de logement épouvantables ou avec un
surendettement très lourd.
En réponse à cet urgent et fondamental problème, ... les expulsions de
locataires précaires ou de squatteurs se multiplient (elles ont augmentées de
45% de 2000 à 2006), les forces de polices sont de plus en plus appelées en
renfort, parfois les pelleteuses et les bulldozers sont de la partie. Ce fut le
cas cet été à la
Picharlie, haut lieu de la résistance, inhabité depuis 70 ans. Ce hameau
historique fut littéralement rasé pour en faire partir ses habitants qui le
reconstruisaient illégalement depuis 5 ans. Cette destruction et la démesure
des moyens employés a provoqué un profond émoi dans la région, que l'on soit
pour ou contre les squatteurs.
Un projet de loi proposait même récemment de revenir
à l'interdiction de vagabondage, autrement dit l'interdiction de dormir
dans la rue sous peine d'amende, prison et confiscation des matelas et autres
tentes...
Un autre habitat est-il possible ?
Lorsque l'on ajoute à ces difficultés de logement, le coût et la qualité de
l'alimentation, l'urgence écologique, l'impression de ne pouvoir agir ni
financièrement, ni politiquement et la perte de confiance dans le
mirage miracle de la croissance et de la consommation à corps
perdu... certains prennent des initiatives et cherchent à inventer de nouveaux
modes de vie, à retrouver du sens dans cette course en avant.
Des jeunes isolés ou en couples, des familles, urbains ou du coin,
réinvestissent les campagnes plus ou moins désertées, achètent s'ils le
peuvent, rénovent écologiquement des ruines,
auto-éco-construisent des logements. Ils ont la plupart du temps un potager
(bio), des animaux et sont en grande partie auto-suffisants. Ils s'intègrent au
tissu social de la région et travaillent souvent à temps partiel. Ils vivent
HEUREUX et avec dignité de la simplicité volontaire avec peu de besoins
matériels (autrement dit sans télé et playstation).
Oui mais... ces logements alternatifs ne sont pas toujours, voire jamais,
aux normes urbanistiques et sont souvent confondus avec la cabanisation
sauvage, faite n'importe comment. Utilisant des solutions énergétiques
alternatives, des toilettes sèches, la phytoépuration des eaux grises,
récupérant l'eau de pluie, etc. ils ne sont raccordés ni à l'eau, ni à
l'électricité, ni à rien, et n'en ont pas besoin. Ces logement sont parfois
prévus pour être facilement démontables, voire mobiles, ils ne possèdent alors
pas de fondations et ne sont donc pas des constructions à proprement parler :
ce sont les cabanes, yourtes, maisons en paille, roulottes, grottes,...
En conséquence, pour y vivre il faut des autorisations spéciales difficiles
à obtenir (j'ai essayé, puis renoncé, à comprendre le code de l'urbanisme
français et autre POS ou PLU). C'est apparemment un vrai parcours du combattant
dès que l'on souhaite vivre autrement qu'entre 4 murs homologués. Enfin cela
dépend des régions et des maires.
Je sais que certains d'entre vous ont ce genre de projet en tête,
renseignez-vous le plus possible afin d'éviter ce qui arrive
actuellement à plusieurs couples/isolés/familles : l'expulsion ! Si certains
veulent témoigner de leur réussite ou échec en la matière, cela intéressera
beaucoup de personnes !
Soutien à des familles autosuffisantes menacées d'expulsion
Or donc, le 15 février 2008 doivent êtres expulsées de leurs propres
terrains (non constructibles) plusieurs familles ayant choisi ce mode
de vie. Elles devraient être relogées en logement social. Cet avenir ne leur
convient pas et elles ont besoin de soutien pour appuyer leur projet de
vie.
Notre mode de vie est basé sur le respect d'autrui et de l'environnement.
Nous avons choisi de ne pas surconsommer et de limiter au maximum notre
participation à la pollution de la planète. Nous sommes actuellement bien
logés, heureux, et parfaitement intégrés dans notre commune.
Nous revendiquons notre droit de choisir de vivre comme nous le souhaitons,
sur des terrains nous appartenant, dans le respect d’autrui et de
l’environnement. La seule solution que nous avons trouvé à ce jour est de
déposer une demande de dérogation à titre expérimental pour une durée de 5 ans.
Nous allons présenter des dossiers avant le 15 février expliquant notre mode de
vie, notre respect de critères écologiques et citoyens, et joindre nos
pétitions et courriers de soutien récoltés depuis début décembre.
Le regroupement de tous ces dossiers pourrait déboucher sur une
demande de projet de loi...
Personnellement, je suis contre la cabanisation sauvage, qui peut être
extrêmement préjudiciable à l'environnement et dangereuse, mais je suis pour
que des habitats et modes de vie alternatifs et écologiques se développent, en
accord avec les lois, voire même avec des subsides de l'état. Si, comme moi,
vous désirez apporter votre soutien à ces familles et montrer, par là même, que
vous pensez que des personnes qui font ce choix de vie doivent pouvoir le faire
et la loi être adaptée en fonction. Vous pouvez
>>> signer AVANT LE 12 FÉVRIER la pétition en ligne
<<<
Et/ou leur envoyer un message de soutien à
unptitboutdplaneteAThotmail.fr
(ne tenez pas compte des dates, ils devaient auparavant être expulsés pour
Noël mais ont obtenu un délai). En mars, il y aura également le procès d’Éric,
convoqué au tribunal correctionnel de Mende pour construction illégale d’un
«habitat familial de type yourte».
Pour finir, une réflexion de l'association des HAbitants de Logements
Ephémères ou Mobiles. On peut être d'accord ou pas, c'est un point de vue
intéressant qui se défend.
Dans l’incapacité, à court ou à moyen terme, de proposer du travail à tous
ses citoyens, ou même de les loger, notre société se doit de, au minimum,
permettre à ceux qui choisissent ou qui acceptent des formes alternatives de
survie d’aller de l’avant sans leur mettre des bâtons dans les roues et ce
d’autant plus quand il s’agit de démarches respectueuses de l’environnement
tant humain qu’écologique. [...] La légitimité de l’état repose sur un
donnant-donnant équitable. C’est sur cette réciprocité que se construit la
nécessaire confiance qui fait que les citoyens acceptent de porter le poids de
l’état en contrepartie d’une certaine sécurité. Le logement fait partie de
cette sécurité. Il est irrecevable qu’un état, au niveau de développement et de
richesse où se trouve la France, ne veuille ou ne puisse remplir ce contrat. Il
est inacceptable que devant cet état de fait, il aille plus loin en entravant
des initiatives spontanées qui tendent à apporter des éléments de réponse
immédiatement applicables.
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